La
mélodie des bonheurs ?
Y-a-t-il un homme disposé à réveiller
son âme assoupie ?
Qui voudrait délivrer en lui son désir de bonheur asphyxié par
les distractions ? Qui n’aurait pas peur d’un bonheur puissant
comme une plénitude de vie réelle, concrète, aventureuse
peut-être… ? Mieux que la sonnerie stridente d’un réveille-matin,
mieux que nos cris d’alarme contre la tristesse ambiante ou les structures
aliénantes, le chant de la joie relève l’homme d’entre
les morts.
Que cet homme tende l’oreille
de son cœur et qu’il entende une mélopée
surgie de loin, débutante en un murmure, bruissement d’ailes
d’un papillon de nuit, puis mélodie qui se grave en
lui, note après note selon le rythme étrange des palpitations
d’un ‘air’ saturé de couleurs, rythme qui
libère la vie sans l’éloigner du monde, qui exalte
l’âme sans envoûter l’esprit.
Qu’il accueille avec l’âme élargie,
le chant des Béatitudes, des huit bonheurs entendus jadis
sur une montagne radieuse, pliée en pentes souples sur un
lac bordé d’humanité fatiguée. Un seul
le chantait pour le reste des hommes. Mais, depuis ce jour, ce refrain
de la joie met à l’unisson des multitudes.
Qu’il écoute celui qui a soif d’avoir soif. Pour entrer à son
heure, dans la ronde du bonheur.