CONGRES DES CHANOINES REGULIERS
DE SAINT-AUGUSTIN Introduction par le Père Abbé Maurice BITZ,
Le Conseil Primatial a confié à la Congrégation
de Saint-Victor l’organisation de ce Congrès 2004. L’Abbaye
de Champagne, ne disposant pas de locaux suffisants pour accueillir un
tel rassemblement, s’est tournée vers le Foyer de Charité
de Chateauneuf-de-Galaure qui nous a accueillis avec beaucoup d’amitié
et nous disons au Père Bernard Michon ainsi qu’aux membres
du Foyer qui nous permettent de vivre ces journées dans les meilleures
conditions notre profonde gratitude et notre joie d’être proches
de Marthe.
Quel est le sens d’un tel choix ? Regardons-le
par rapport à la situation de notre monde. Nous nous inscrivons
dans une époque de découvertes admirables, impensables pour
la génération qui nous a précédés.
Le vocabulaire pour l’exprimer, les mots pour le dire sont : conquêtes,
réussites, efficacité, concurrence. Le Pape Paul VI disait/
« L’homme moderne avance à pas de géant, mais
le géant est aveugle. Il ne sait pas très bien où
il va. L’activité est devenue une fin en elle-même…mais
en réalité elle ne sait pas sa raison d’être.
Elle crée une civilisation, mais ensuite elle se conteste elle-même,
inquiète et furieuse, elle voudrait tout bouleverser et se détruire
elle-même. » Qu’est-ce qui pourrait donner un coup d’aile,
une perspective de joyeuse espérance ? Faut-il simplement plus
de réunions, de programmes, d’organisation ? Nous nous sommes
peut-être trop enfermés dans des programmations et dans le
subjectivisme. Nous en sommes prisonniers. Comment sortir de ces cercles
? QUELLE REPONSE APPORTER ? Il ne suffit pas de déplorer et de dénoncer
les horreurs de notre monde. « LA BEAUTE SAUVERA LE MONDE ». Ces paroles
de Dostoïevsky connaissent un retentissement étonnant en notre
temps. Très fréquemment ce thème est évoqué. Ce chemin, l’Eglise est appelée à
le suivre, dans la lumière de son Epoux divin. Le Congrès est pour nous l’occasion de retrouver
des traces de ce thème dans notre Ordre. Nous sommes disciples
d’un maître épris de beauté, d’ordre,
de vérité. II/ La Beauté et l’Ordre Canonial Le thème de la beauté chez saint Augustin a été traité dans un article du Père Marcel Neusch, Prêtre Augustin de l’Assomption, paru dans « Itinéraires augustiniens ». Je ne veux pas anticiper, nous aurons l’honneur et la joie de l’écouter. Le Père Neusch est l’auteur fort apprécié d’ouvrages et d’articles nombreux sur Augustin. M. Poirel : Parce que la beauté occupe une place importante dans l’œuvre d’Hugues de Saint-Victor, on a demandé à M. Dominique Poirel de nous présenter la théologie canoniale de la beauté chez Hugues de Saint-Victor. Il nous dira : « au fond, contempler et produire le beau est au cœur de la doctrine théologique et spirituelle du maître de Saint-Victor ». Mlle Schilling : « Architecture canoniale et littérature normative : l’exemple de Vercelli. » Mme Brian : Notre Congrès se terminera par la visite d’Ars et la Messe présidée par Mgr Bagnard, évêque du diocèse de Belley et Ars. Une conférence nous y introduira. Madame Brian y évoquera la pastorale des chanoines réguliers de la Congrégation de France ou de Sainte-Geneviève au XVIIIe siècle. Le jeune Jean-Marie Vianney reçut pendant une dizaine d’années les leçons attentives et patientes d’un vieux curé, Charles Balley, qui avant la Révolution avait fait partie de la Congrégation de France, avait porté l’habit blanc des Génovéfains. Nous vivons ces journées à Châteauneuf-de-Galaure et nous voulons vous faire découvrir celle qui fut une petite source cachée de l’œuvre des Foyers de Charité : Marthe Robin. Sa vie vous sera présentée et vous pourrez visiter la ferme, la petite chambre où elle passa sa vie « toute cachée en Dieu dans le Christ ». Le Père Michon, responsable des Foyers dans le monde et directeur du Foyer de Châteauneuf-de-Galaure, nous parlera de la retraite fondamentale des Foyers de Charité. LITURGIE ET BEAUTE Dans le sens du renouveau. « Ce qui était visible dans le Christ est passé dans les mystères sacramentels de l’Eglise. » (S. Léon Sermon 74,2). L’Eglise dans sa liturgie ne fait rien d’autre que de prolonger, actualiser les gestes du Christ. « La révision des rites a recherché une noble simplicité et des signes facilement compréhensibles, mais la simplicité souhaitée ne doit pas dégénérer dans l’appauvrissement des signes ». (J.P. II 25° anniversaire de Sacrosanctum Concilium n°10). Comment, dans nos célébrations, permettre au Christ glorieux de nous rejoindre ? Le Christ ne se réserve pas sa Gloire de Premier-Né. La Gloire du Christ enveloppe toute l’Eglise. Notre vie chrétienne n’est pas une vie avec les morts. Elle est une vie de gloire avec le Christ ressuscité. « Les derniers temps sont arrivés pour nous. Le renouvellement du monde est irrévocablement acquis et, en toute réalité, anticipé dès maintenant » (Lumen Gentium, 48). Le Christ ressuscité inaugure une création nouvelle. L’art chrétien est appelé à
exprimer le renouvellement de la création. Les artistes ont tenté
de faire rayonner la Gloire du Christ. La beauté visible sortie
des mains des artistes est un rayonnement de la beauté intérieure
de l’Eglise. Il y a une alliance féconde entre l’Evangile
et l’art. L’art est alors comme une fenêtre ouverte
sur les merveilles de Dieu, sur sa présence. Tout cet aspect intéresse, bien sûr et au
plus haut point la vie canoniale. Il mériterait un Congrès. J’espère que ce programme ne sera pas trop
lourd.
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Intervenants |
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Mercredi 7 juillet 2000 Bonjour à vous tous ! Je me présente : Mme M TH Giraud j’habite Mauves un petit village de l'Ardèche au sud de Tournon sur Rhône; je fais partie du mouvement Fleurir en Liturgie depuis 1986 et suis animatrice dans le diocèse de Viviers depuis environ 10 ans. Le père Abbé de Champagne , dans le cadre de votre rencontre m'a demandé de vous parler de l'art de fleurir en liturgie ; je vais essayer de vous faire partager et peut-être vous faire découvrir ce que nous, les fleuristes de nos églises, vivons depuis plus de 20 ans Si tant de mains expertes s’activent, chaque fin de semaine pour fleurir nos églises à l'occasion de la messe dominicale, c’est que la composition florale en ces lieux est au service de la liturgie et va donc servir l'action liturgique ou le Christ est présent en particulier dans l'assemblée, dans le ministère, dans la parole et dans les sacrements. Notre mouvement a débuté modestement en 1980. Madame Geneviève Vacherot ( à été fascinée à Florence par le triptyque " l'Adoration des Bergers " ou dans ce tableau religieux du Moyen Age les fleurs avaient leurs places .Son intuition , sa méditation, ses recherches ont abouti à une certitude: si les fleurs ont leur place dans les tableaux religieux du Moyen Age, elles ont aussi , elles mêmes ,dans le sanctuaire leur juste place et peuvent participer à la célébration en une composition qui sera liturgique ; c'est a dire en accord avec les temps , les textes et les lieux . Elles précèdent et prolongent la Parole avec leur langage propre , leur silence, leur beauté, leur discrétion,leur recueillement. Dans l'abbaye cistercienne de Savoie, Notre Dame de Tamié, Frère Didier poursuivait le même cheminement, mais ses compositions,à l'époque étaient réservées à ses frères et aux retraitants du monastère. C'est ensuite qu'apparaît la nécessité de rapprocher l'art floral des instances diocésaines et nationales chargées de la liturgie et que commence à travers la France et la Belgique et plus spécialement chez nous en région Centre Est des stages de formation liturgique et technique l'un ne va pas sans l'autre. Dans sa lettre aux artistes Jean Paul 2 affirme que l'Église a besoin de l'art autant que l'art a besoin de la source inépuisable de l’Évangile. Comment notre mouvement ne se sentirait-il pas en osmose avec cette merveilleuse phrase et encouragé à poursuivre sa marche parfois laborieuse dans nos paroisses et dans nos communautés ? Fleurir, c'est ouvrir à la simple beauté,remarquer et faire voir, dans la nature et en chacun, ce qui germe,ce qui s'élance, ce qui s'épanouit, ce qui meurt, ce qui renaît dans la diversité. Fleurir, c'est accomplir une action, être "en service ", attirer l'attention pour désigner le Tout Autre, donner l'envie de Le rencontrer En liturgie, la composition florale aide à "entrer en liturgie", pourvu qu'elle donne sa juste note à sa juste place.
La composition florale n'est ni à coté des chants, ni à coté des textes proclamés, elle fait partie intégrante de la liturgie et concourt à favoriser la communion entre les membres de la communauté. L'art de fleurir en liturgie c'est recueillir le souffle de la création et le faire chanter le mieux possible "dans nos célébrations " en harmonie avec toutes les autres notes de la symphonie liturgique "Dieu nous parle à travers sa Création" Le contact des fleurs met en communion (en harmonie) avec la nature entière, ses cycles, ses saisons, ses parfums et trouve écho dans les messages de St François et St Bernard qui nous disent "avoir appris plus de choses dans les bois que dans les livres". Il faut savoir contempler les splendeurs de la nature, les fleurs ,les feuillages aussi, qui nous enseignent d'abord la gratuité ,la beauté, la simplicité ,la douceur ,l'éphémère et l'éternel ; comme nous ,elles naissent ,s'épanouissent ,meurent. Elles disent souvent ce que les mots ne peuvent exprimer; elles nous accompagnent dans notre vie de tous les jours, comme dans les moments exceptionnels. Une maman, une grand mère, une maîtresse d'école apprécient la valeur de la première fleur qu'offre un enfant et très souvent, c'est le modeste pissenlit ou coquelicot trouvé au bord du chemin lors d'une promenade et qu'il faut très vite mettre dans un verre d'eau pour le garder comme un bien précieux. Comment ne pas s'extasier au printemps lorsque éclate les bourgeons de nos arbres fruitiers et que cerisiers, pêchers ,abricotiers nous font cadeau d'une palette de couleurs, et, qui plus est nous laissent présager qu'après les fleurs viendront les fruits. "J'accueille avec émerveillement la beauté de la création, et je me réjouis de pouvoir la magnifier par des compositions florales" nous dit Fr Didier de l'abbaye de Tamié. Cette réflexion induit tout un comportement Le respect de la nature- Pour cela, on utilisera les éléments choisis tels qu'on les a trouvés dans la nature, dans le sens où ils ont poussé; des fleurs placées dans un bouquet la tête en bas ne disent plus les merveilles de Dieu Le respect du rythme des saisons dont les compositions seront l'offrande. La simplicité évangélique qui permet de laisser chacun en contemplation de l'invisible à travers le visible.
D'une certaine façon, en les coupant, comme furent coupés l'épi et la grappe pour le pain et le vin, nous les sacrifions pour le Seigneur. Les fleurs ne sont évidemment pas matière à eucharistie; mais elles rentrent dans le grand mouvement par lequel, en Jésus Christ, nous rendons grâce à Dieu L'art de fleurir en liturgie ce n'est pas faire "une décoration" ce n'est pas la copie d'une vitrine de fleuriste , il doit se démarquer de cela par son naturel, sa simplicité, son absence de sophistication, il doit respecter la beauté de la nature tout simplement; il faut éduquer à un autre regard et aller parfois à l'encontre du goût habituel de l'assemblée qui aime l'abondance et puise ses références dans les boutiques des fleuristes "il faut en liturgie savoir dire le plus avec le moins. Attention ! Donc danger; Bouquet sophistiqué : où est le naturel? Bouquet "vedette "où est sa juste place ? Pas de démonstration florale ; pas de concours Une expression personnelle, ne peut en aucun cas, être le résultat d'une copie, que cette copie vienne d'un enseignement ou de diverses propositions de revues! (Inspirons nous pourquoi pas ? mais ne copions pas) il en résulterait le même bouquet dans toutes nos églises et si nos Prêtres qui vont célébrer d'églises en églises retrouvent les même compositions partout, ils aurons une bien piètre idée de notre esprit de Création. Il ne faut pas faire dire quelque chose à un bouquet, il faut le laisser parler au coeur de chacun selon sa sensibilité propre et même accepter avec humilité qu'il ne parle pas à tout le monde, chacun doit y trouver sa propre réflexion Que fleurir dans nos églises La composition florale tiendra compte de l'architecture, du mobilier; elle se fera selon le temps liturgique, la fête célébrée,"en ayant toujours comme axe prioritaire la présence du Christ dans la liturgie et les divers lieux qui, la manifestent L’accueil pour l'entrée de l'église, L’ambon pour la parole, Le choeur, l'autel pour l'Eucharistie, La croix, le lieu de la Sainte Réserve etc. mais on se rappellera
qu'un lieu n'est pas isolable; un ambon, un autel, une croix ne sont jamais
seuls : ils font partie d'un espace; en fleurissant un lieu précis,
c'est tout l'espace que l'on fleurit. L'autel : c'est le lieu le plus souvent fleuri. Où doit se situer la composition florale ? De façon habituelle sur le coté, à droite ou à gauche selon la configuration des lieux, jamais devant, pour plusieurs raisons: le célébrant devrait, normalement, aborder l'autel par l’avant (il serait alors gêné par les fleurs) Par ailleurs, si l'autel comporte de belles sculptures ou un bas relief, ceux ci n'ont pas à être cachés, l’autel doit être présent avec tout son volume! Surtout ne jamais mettre un bouquet sous l’autel (et l'on en voit) Ce n'est pas un accessoire servant à boucher les trous. Quand on accueille les invités, on fleurit la table dessus; Il peut y avoir un intérêt à faire un petit bouquet sur l'autel en général coté opposé à la grande composition ( à moins qu'elle gène la présence d'un micro ;) elle sera toujours en harmonie avec celle ci (même fleurs, même feuillage, même couleurs;) Parfois il pourra suffire dans la période où il y a peu de fleurs-,il évoquera alors la discrétion ,la simplicité la joie; mais attention! il devra toujours être petit et orienté vers le centre de l'autel .II est important de tenir compte de la dimension de l'autel et des différentes sensibilités des prêtre à ce sujet .(jamais de pots de fleurs sur l'autel) L'ambon: II pourra être fleuri chaque fois qu'il sera plus particulièrement question de la Parole. La composition peut se trouver soit devant, soit sur le coté : là aussi il faut tenir compte du mobilier. Le fleurissement doit être identique en feuillages, fleurs, couleurs et contenants dans l'espace ou se déroule la célébration pour que l'Autel ; table du Sacrifice soit en harmonie avec l'Ambon table de la Parole La Croix . Certaines églises on une croix dans le choeur. Celle ci peut être fleuri durant le Carême ou la semaine sainte, à l'occasion de la fête de la Croix glorieuse ou à l'occasion d'un texte ou il est question de la croix---- On veillera cependant à ne pas y suspendre les bouquets parce que "çà se voit mieux". N'oublions pas que la composition florale doit être enracinée!donc partir du sol. Le cierge pascal: Symbole du Christ ressuscité, il est présent dans le choeur de Pâques à la Pentecôte. L'exubérance du printemps le mettra en valeur et renforcera le symbolisme de la lumière et de la vie plus forte que la mort. Le fleurissement ne se fera pas à, partir du cierge mais, comme pour la croix, il partira du sol pour lui donner une dimension d'enracinement et de jaillissement; hors du, Temps Pascal, il est déposé prés du baptistère et pourra être fleuri à l'occasion des baptêmes et des funérailles.
L'intérêt d'un bouquet à l'entrée de l'église est très grand: ce n'est pas le bouquet liturgique à proprement parler, mais il accueille ceux qui entrent; il dit que la maison est habitée, qu'on y est attendu; il éveille au coeur quelque chose de vivant, mieux encore, quelqu'un : il est là il m'attend. Le Baptistère Fleurir le baptistère n'est pas toujours aisé à cause de l'espace souvent réduit,et lorsque tout le monde tourne autour de lui les fleurs peuvent devenir gênantes. Pourtant des fleurs prés de la cuve baptismale,ou prés du cierge pascal qui est alors mis en valeur, vont évoquer, avec la lumière, toute cette " vie qui fleurit" en celui qui reçoit ce sacrement. L'autel de la Vierge: Il ne doit pas faire concurrence avec l'autel de l'Eucharistie ce qui n'empêche pas de le fleurir discrètement et "plus pour le 15 Août ou autre fête la concernant" L’autel des saints La piété ne doit pas prendre place sur la Foi! Pas de concurrence! Si la sensibilité ou la ferveur de certaines personnes nous y obligent alors "un pot de petites fleurs, cyclamens, primevères, jacinthes etc." ou une petite composition florale, ceci pour marquer leurs présences auprès de ce saint patron qu'elles vénèrent tout particulièrement mais (surtout pas de fleurs en plastique)? On ne fleurira jamais le micro de l'animateur. Dans une célébration d'enfants si les panneaux ou tout autre matériel préparé en catéchèse doivent être visible, ils ne doivent pas cacher l'autel, celui ci n'est pas un panneau d'affichage, à la fin de la célébration ils doivent être enlevés totalement ou déposés dans un endroit où les enfants et leurs parents pourront les revoir? Pour nous fleuristes en liturgie (si nous voulons revendiquer ce titre et surtout le mériter) il faut nous plier à ces règles c'est à dire ne pas faire n'importe quoi, respecter la liturgie que l'on célèbre ce jour là (Avent, Noël, Carême, Paques, grande célébration, grand rassemblement de paroisses, Confirmation, Baptême, Funérailles, Mariage, dimanches ordinaires ne se fleurissent pas de la même façon. Etre fleuriste en liturgie est une responsabilité, un véritable engagement en église, toute personne qui accomplit ce service en quelque que lieu que ce soit doit avoir ces quelques repères : . S'émerveiller devant la nature, qui sait parfois être surprenante, et la respecter telle que Dieu nous l'offre en chaque saison. Avoir au coeur l'esprit des béatitudes: quitter le sophistiqué, le surchargé pour aller au naturel, à la simplicité. Le bouquet est médiateur, offrande de beauté où
chacun est libre de trouver son chemin vers Dieu. Inutile donc d'en donner
une interprétation. Le Christ lui même n'a pas expliqué
les paraboles- Fleurir en liturgie est aussi un travail d'équipe. Et constituer une équipe, une vraie est une tâche laborieuse jamais terminée qui demande oubli de soi, accueil de l'autre dans sa différence mais qui est aussi source de joie. Et si fleurir en liturgie parait parfois dérisoire aux yeux du monde, c'est peu t'être un signe que nous travaillons bien dans l'esprit du royaume ou les valeurs sont autres. La nature nous donne toute l'année des fleurs et des feuillages de toutes sortes ! ! ! Quel paradoxe alors de voir fleurir dans nos églises autant de fleurs artificielles, plutôt abondantes, d'une fraîcheur parfois douteuse, encombrant l'espace sacré et masquant parfois jusqu'au ridicule le célébrant là où "Fleurir en Liturgie" voudrait que la nature et le naturel prennent place pour chanter la gloire de Dieu ! Or la spécificité du fleurissement liturgique n'est t'il pas de laisser la parole à Dieu qui nous parle à travers sa création ? Notre démarche spirituelle ne veut pas de "décoration ou de démonstration florale" et décidément "NON"aucune fleur artificielle, si belle soit elle), ne pourra prétendre être au service de la Liturgie, elle n'a pas le souffle et ne peut donc pas entrer dans notre démarche spirituelle et d'offrande, car c'est à travers la nature que Dieu nous parle. Voici "pour terminer"les 15 mots clefs du fleurissement en liturgie: EMERVEILLEMENf***CHOIX****HARMONIE**** RECUEILLEMENT*** *RAYONNEMENT****MOUVEMENT** ENRACINEMENT"* *ASSOMPTION****EMBRASEMENT**** NAISSANCE ****ALLIANCE*** *TRINITE**** LUMIERE****TRANSPARENCE****NATUREL**** Pour conclure il nous faut: ACCUEILLIR; nous regardons, nous choisissons, nous harmonisons TRANSFIGURER nous recevons (cette nature que Dieu à créé) pour la lui donner transformé, par nos mains, dans le respect de la création OFFRIR: nous offrons la beauté au service de la rencontre de l'homme avec Dieu et si avec tout cela nous faisons jaillir un sens liturgique, alors nous avons gagné "Hélas ce n'est pas facile " car il nous faut beaucoup de FOI, de PATIENCE et d'HUMILITE " Nous deviendrons capables de voir partout les signes de la présence de Dieu et jusque dans un humble bouquet de quelques fleurs cueillies ou plutôt accueillies comme un don de Dieu et offertes en pure louange silencieuse ; prés de l'autel où se célèbre la mort et la résurrection de Jésus il devient signe du don merveilleux de notre vie reçue gratuitement pour être gratuitement offert : parfois une seule fleur suffit. MERCI SEIGNEUR |
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Dans ce congrès canonial sur la beauté, le choix d'Hugues
de Saint-Victor pourrait s'expliquer de plusieurs manières. Celle
qui vient la première à l'esprit est que ce chanoine régulier
du XIIe a beaucoup écrit sur elle, dans la nature, dans l'homme
et en Dieu lui-même ; c'est ce qui explique qu'après l'étude
pionnière d'Edgard de Bruyne , Mme Lenka Karfíková
ait récemment consacré une thèse volumineuse et savante
à ce sujet : Schönheit in der Theologie Hugos von Sankt Viktor
. Ensuite, de l'avis général, le maître de Saint-Victor
n'est pas seulement un des théologiens les plus féconds
de son temps, il en est aussi l'un des plus grands écrivains. Comme
Bernard de Clairvaux, mais avec son style propre, Hugues est à
coup sûr l'un des meilleurs praticiens de cette prose d'art rimée
et rythmée, qui atteint son apogée au XIIe s. Notre auteur
ne s'est donc pas contenté d'étudier la beauté, il
l'a également, à sa manière, cultivée.
A. LE DE TRIBUS DIEBUS Assurément, ce passage touche directement le lecteur d'aujourd'hui
car l'émotion qu'il exprime avec une incontestable fraîcheur
rejoint la sensibilité moderne. Nous nous retrouvons sans peine
dans cette joie esthétique face aux mille et une splendeurs de
la nature. Toutefois, le sens du beau est chez Hugues plus vaste que le
nôtre ; il déborde de beaucoup la satisfaction du spectateur,
assis devant le théâtre de l'univers. D'abord, en ce que
le plaisir du beau ne se limite pas à la vue. Ouïe, odorat,
goût et toucher, tous les sens sont pour Hugues des portes ouvertes
sur la beauté de la création : * Un autre aspect de la beauté visible selon Hugues, c'est qu'elle
est porteuse de sens. Lorsqu'il exprimait son enthousiasme devant la beauté
de la verdure au printemps, spontanément notre auteur voyait dans
le renouveau de la nature une image de la résurrection à
venir. De même, en contemplant le corps humain, sa silhouette générale,
ses quatre membres ainsi que les mains et les pieds qui les terminent,
il découvre en eux comme une ressemblance concrète de l'âme
humaine qui l'habite et le vivifie : * B. LES AUTRES OUVRAGES I. La beauté « formifique » de Dieu * Si la beauté des créatures a son principe dans la beauté
du créateur et que néanmoins aucune beauté sensible
n'est à elle seule comparable à la beauté divine,
la question se pose : quel lien y a-t-il de l'une à l'autre ? Si
le beau est invisible dans son essence première, comment pouvons-nous
en discerner la trace parmi les choses visibles ? En d'autres termes,
comment se fait-il qu'un beau spectacle nous émeuve ? Par quelles
voies la contemplation d'un objet agréable à la vue procure-t-il
en notre âme un sentiment de joie intérieure ? « ...les formes visibles sont des images de la beauté invisible, les bonnes odeurs sensibles des figures de l'illumination intellectuelle, les lumières matérielles une image de l'effusion de lumière immatérielle, les détours de l'enseignement sacré celle d'une plénitude de contemplation intellective, les ordres et les degrés d'ici-bas celle des propriétés harmonieuses des divines légions, la réception de la très sainte Eucharistie celle de la participation à Jésus, et ainsi de suite : tout ce qui a été transmis aux essences angéliques selon un mode supramondain, nous l'a été selon un mode symbolique . » Bref, entre les réalités sensibles et intelligibles il y a pour notre esprit une analogie. En dépit de leur différence ontologique, la beauté visible peut être image de la beauté invisible parce que l'une et l'autre ont été produites par Dieu. Provenant de la même source, elles ont entre elles comme un air de famille. Sur le fond d'une différence et d'une inégalité radicale, elles présentent entre elles une sorte de ressemblance et de proportion, qui est perceptible à esprit humain puisque lui-même est en contact avec le monde invisible aussi bien qu'avec le monde visible : par les sens corporels, il reçoit l'image des réalités matérielles ; par ses facultés spirituelles, il est en relation avec les réalités intelligibles. Dès lors, quand les sens corporels lui transmettent l'image d'un objet visible, il lui est facile de déterminer si cette image est ou non en affinité avec les réalités invisibles et si elle provoque en lui un sentiment de joie ou de rejet : « Car ce qui est dans l'esprit est invisible, comme l'esprit lui-même est invisible ; pourtant, lui qui est invisible, conçoit une joie, un amour et une émotion à partir des choses visibles. Et il en aime certaines, comme lui étant semblables, amies et apparentées, et il s'offre volontairement à elles et il exulte en elles ; à l'inverse il en dédaigne d'autres, les déteste, les fuit, s'éloigne d'elles par l'amour et l'affection et juge qu'elles lui sont étrangères, qu'elles ne lui conviennent pas et n'ont aucune ressemblance avec lui. Et de cette façon notre esprit apprend à partir de sa propre nature que le visible à une parenté et une ressemblance avec l'invisible . » Toute la théologie symbolique d'Hugues de Saint-Victor est rendu possible par ce pont entre le visible et l'invisible, dont lui-même examine le processus psychologique et quasi anatomique dans un autre ouvrage Sur l'unité de l'esprit et du corps. Deux sphères ontologiquement distinctes, celle du sensible et celle de l'intelligible, se touchent et s'ouvrent l'une à l'autre en l'homme, grâce à sa nature hybride, mi-corporelle, mi-spirituelle. Hors de l'esprit humain, la beauté sensible n'aurait aucun lieu pour être perçue comme telle. D'une certaine façon, cette place originale de l'homme, à la charnière des deux parties de la création, lui confère pour vocation originale de contempler la beauté de l'univers sensible et de s'en émerveiller en reconnaissant la parenté entre cette beauté sensible et le monde intelligible auquel il appartient par l'esprit. * II. Les chemins de l'amour et de la beauté « Dis-moi donc, je t'en supplie, ce dont parmi tout cela tu as fait ton unique objet, celui que seul tu voudrais étreindre, celui dont tu voudrais jouir toujours. J'en suis certain, tu es éprise de quelqu'une de ces beautés qui se voient, ou si déjà tu les dédaignes toutes, il en est une autre que tu leur préfères . » L'âme répond en faisant part de son embarras : d'un côté, rien ne la satisfait tout à fait parmi ce qu'elle voit, de l'autre elle ne voit pas ce qui pourrait la combler vraiment. « Ainsi, jusqu'à présent, flottè-je incertaine en mes désirs : je ne puis être sans amour, et le véritable amour je ne le trouve pas . » Pour dépasser ce dilemme, un premier pas consiste pour l'âme à s'aimer elle-même, c'est-à-dire à reconnaître sa beauté propre : « Si tu estimes devoir aimer ces objets temporaires et visibles pour un certain charme en leur genre que tu observes en eux, pourquoi ne pas plutôt t'aimer toi-même, toi dont l'apparence l'emporte en charme et en beauté sur toutes les choses visibles ? Ah ! Si tu te regardais ! Ah ! Si tu voyais ton visage, comme tu reconnaîtrais combien tu étais blâmable, pour avoir estimé digne de ton amour quelque chose en dehors de toi ! (...) Avant tout, il faut se considérer soi-même et, après avoir reconnu sa propre dignité, pour ne pas avilir son amour, ne pas aimer plus bas que soi (...). Tu le sais, l'amour est un feu, et le feu cherche un aliment pour brûler. Mais prends garde : n'y jette pas ce qui produit plutôt de la fumée ou de la puanteur. Telle est la force de l'amour que tu es nécessairement telle que ce que tu aimes et que, par l'association même que produit l'affection, tu te transformes en quelque sorte en une ressemblance de ce à quoi tu te lies par le sentiment. Considère donc, mon âme, ta propre beauté ; et tu comprendras quelle beauté tu dois élire . » On retrouve dans les derniers mots cette loi de la vie spirituelle énoncée tout à l'heure : d'une certaine manière, l'amour me transforme en ce que j'aime. Dès lors, par respect envers moi-même, par égard pour ma propre beauté, je dois élire comme objet à aimer, ce qu'il y a de plus splendide et de plus aimable. Les choses visibles sont belles, mais elles valent moins que l'âme elle-même : si elle s'enfermait dans leur seul amour, l'âme oublierait sa dignité propre et se rabaisserait à leur niveau. L'antidote consiste à s'aimer soi-même et, par amour de soi bien compris, à aimer plus haut que soi-même, et si possible à aimer ce qu'il y a de plus sublime et de plus désirable, en d'autres termes à aimer Dieu. Aimer Dieu : oui, mais comment puisqu'il est invisible ? Qu'à cela ne tienne : « Tu as un fiancé, mais tu l'ignores. C'est le plus beau
de tous, mais tu n'as pas vu son visage. Lui, il t'a vue, car s'il ne
t'avait pas vue il ne t'aimerait pas. Il n'a pas voulu jusqu'ici se présenter
à toi en personne, mais il t'a envoyé des présents,
il t'a donné l'arrhe des fiançailles, un gage d'amour, une
marque de sa tendresse. Si tu pouvais le connaître, si tu voyais
son apparence, tu ne douterais plus de ta beauté. Tu saurais qu'un
fiancé si beau, si accompli, si gracieux, si unique, ne se serait
pas épris d'amour à ton aspect, si quelque charme singulier
et admirable entre tous ne l'attirait (...). Ce même monde visible, un instant mis de côté au profit de l'âme et de Dieu, est ainsi réintroduit, à l'intérieur des relations d'amour entre l'âme et Dieu, comme le signe et le garant de l'amour du fiancé divin envers sa bien-aimée, c'est-à-dire l'âme de chacun d'entre nous. Dès lors, le lecteur d'Hugues se voit convié à un choix : ou bien il n'aime que le monde visible, plus probablement une misérable petite partie de ce monde visible, ou bien il choisit tout : Dieu d'abord, puis, en plus de Dieu, le monde visible dans sa totalité pour manifester, si faiblement que ce soit, la surabondance infinie de l'amour divin : « Ah ! du moins, si tu aimes ces créatures, aime-les comme
des inférieures, aime-les comme des servantes, aime-les comme des
dons, comme l'arrhe du fiancé, comme les présents de l'ami,
comme les largesses du seigneur ; mais que ces affections ne t'enlèvent
pas cependant le souvenir de ce que tu lui dois. Aime ces créatures,
non pas au lieu de lui, ni elles avec lui, mais elles en vue de lui, et
lui par elles, et lui au-dessus d'elles . » « Tu ignores donc, mon âme, tu ignores à quel point
tu étais auparavant repoussante, souillée, défigurée,
malpropre, en haillons, abattue d'une hideuse laideur. Comment peux-tu
réclamer si vite d'être introduite dans la chambre nuptiale,
de la pudeur et de la chasteté, avant de te donner au moins quelques
soins et de t'appliquer à t'embellir pour recouvrer les charmes
d'autrefois ? (...) Flétrie comme tu l'es, il ne convient pas que
tu touches la pureté ; difforme, tu ne peux voir la beauté.
Prépare-toi, revêts une parure séante (...). Alors
seulement, tu ne rougiras plus de ta laideur d'autrefois, car tu n'auras
plus aucune difformité, aucun sujet de honte. Applique-toi d'abord
à cultiver ta beauté, à orner ton visage, à
composer ton maintien, à corriger tes habitudes, à te garder
sous la discipline, pour rendre enfin, après avoir amendé
tout cela, une digne fiancée à un tel fiancé . » * III. Harmonie du geste et harmonie de l'homme * C. UNE THEOLOGIE CANONIALE DE LA BEAUTE I. Conception commune de la beauté selon Hugues II. La beauté au cœur de l'œuvre d'Hugues de Saint-Victor III. Théologie canoniale de la beauté |