Vie des Communautés


L'ESCARBOUCLE N° 5

           Sommaire

          Éditorial
          Jubilé St-Victor
          Commentaire vercellien du Cantique des              Cantiques
          Chronique de Champagne
          Ordination Emmanuel Granger
          Journées Communautaires - Bourg-les-Valence
          Foyer Marial pour le Sacerdoce
          Chronique Chancelade et Saint Astier
          Chronique Montbron
          Chronique Soeurs
          Au Prieuré St-Augustin de Bourg-les-Valence
          Où sont-ils, qui sont-ils, que font-ils ? ...
         

 

 

Editorial

La communauté a vécu des jours d’intense joie avec les premiers vœux de deux frères rwandais, Albert et Gilbert, et avec l’ordination sacerdotale du père Emmanuel Granger.

Très nombreux vous avez manifesté votre amitié par votre présence et vos témoignages. Nous y sommes sensibles. Votre communion à nos joies nous encourage, elle nous stimule.

 

… AU MILIEU DES ÉPINES, …

 

Le beau soleil de ces journées ne peut faire oublier les souffrances de notre temps.

Au cours de l’été 2005, Benoît XVI a rencontré des prêtres du diocèse d’Aoste. Dans leurs échanges ont été évoquées les difficultés actuelles : le problème urgent des vocations au sacerdoce. Le manque de forces jeunes pèse sur le ministère de prêtres souvent âgés et fatigués.

Une ordination sacerdotale est devenue aujourd’hui quelque chose de rare. Nous traversons une grande pénurie. Les chrétiens en souffrent dans nos pays occidentaux. Les évêques se trouvent devant des situations très difficiles à gérer.

Bien sûr nous nous interrogeons. Nous cherchons des causes mais nous ne nous situons peut-être pas toujours au bon niveau. Nous nous arrêtons facilement à un niveau purement psychologique et sociologique. Certes le mode de vivre de notre société, les problèmes qui relèvent de l’éducation ne sont pas sans retentissement sur les vocations : peur de l’engagement, instabilité, phénomène de la fragilité très généralisé dans une société de consommation, rongée par le cancer de la subjectivité.

 

… APPELÉS A UNE VIVANTE ESPÉRANCE

 

Nous ne pouvons rester à ce niveau d’analyse. Il y a les promesses de Jésus lui-même. Elles nous interpellent au niveau de notre foi et de notre espérance. Jésus a promis d’être présent à son Eglise, de lui envoyer des pasteurs.

« Même si on note dans certaines régions une pénurie de prêtres, il ne faut jamais perdre la certitude que le Christ continue à susciter des hommes qui, comme les Apôtres, en abandonnant toute autre préoccupation, se consacrent totalement à la célébration des saints mystères, à la prédication de l’Evangile et au ministère pastoral » (Benoît XVI, Message pour la Journée mondiale de prière pour les vocations).

Oui, nous sommes touchés, blessés par la pénurie et par les départs.

Cela se passe aussi dans nos propres communautés. Nous en souffrons. Ces questions nous tourmentent profondément.

Nous avons parcouru ensemble un bout de chemin avec des frères. Ils s’en vont. Saint Augustin dans une lettre confie : « Tu comprendras quelle vive douleur je dois éprouver de l’absence et de la séparation de quelques-uns de ceux qui m’étaient unis par la plus grande et la plus douce amitié » (Lettre 84,1).

 

Mais quel est donc le sens de ces épreuves ?

A travers cette disette, le Seigneur veut nous conduire davantage au cœur du mystère de la vocation.

Revenons à quelque chose de plus profond, revenons à la Source pour que s’éveille à nouveau dans le cœur des chrétiens le désir de la vie qui vient du Christ.

 

Mgr Maurice Bitz,

Abbé général et abbé primat de la confédération

 

 

 

Jubilé St Victor 2008

Les 28 et 29 août dernier, au cours de notre dernier chapitre, est apparue l’idée de marquer le 900ème anniversaire de la fondation de S. Victor de Paris par une année jubilaire. Pourquoi un tel jubilé? Pour faire mémoire avec gratitude du passé, pour vivre avec passion le présent, pour nous ouvrir avec confiance à l’avenir. Nous aurons l’occasion de revenir sur cet évènement auquel nous souhaitons associer largement nos familiers, nos amis, nos familles, les communautés et les personnes qui sont confiés à notre ministère

 

 

Un commentaire vercellien du Cantique des cantiques :
Deiformis anime gemitus »
.

Edition critique par Jeanne Barbet. Traduction française par Francis Ruello. Turnhout, Brepols 2005 (Sous la règle de saint Augustin, collection dirigée par Patrice Sicard et Dominique Poirel, 10). 569 pages.

  

            Parmi les nombreux ouvrages qui composent la Bible, le Cantique des cantiques se signale par le nombre et la diversité des commentaires auxquels il a donné lieu. A l’époque des Pères de l’Église puis au Moyen Age, ce mince livret de huit chapitres n’a cessé d’être lu, relu et médité comme une sorte de drame spirituel exprimant, à travers le langage de l’amour profane entre un homme et une femme, les relations qui unissent l’Époux et l’Épouse par excellence, c'est-à-dire le Christ et l’Église, ou bien Dieu et l’âme, ou encore Dieu et la Vierge Marie, aucune de ces interprétations n’étant exclusive des autres grâce au libre jeu de l’exégèse spirituelle des Écritures.

                Moines noirs, cisterciens et victorins, chaque famille religieuse a tour à tour expliqué le Cantique des cantiques en « colorant » l’interprétation qu’elle en donne selon son idéal de vie religieuse. Vers l’époque ou Bernard de Clairvaux († 1153) préparait ses fameux Sermons sur le Cantique des cantiques, continués après sa mort par Gilbert de Hoylande († 1172) puis par Jean de Ford († 1214), Hugues de Saint-Victor († 1141) a plusieurs fois cité et commenté des passages de ce livret biblique, dans son Eulogium Sponsi et sponsae, commentaire de l’antienne « Ibo michi ad montem Myrrhae » (Cant. 4,6b-8) ; dans le De substantia dilectionis, réflexion sur la nature de l’amour inspirée de Cant. 2,4 ; dans le sermon Sur l’Assomption de la Bierge Marie (Cant. 4, 7 ; 4, 11 ; 2,11-12) . En outre, son Commentaire de la Hiérarchie céleste du Pseudo-Denys l’Aréopagite esquisse un rapprochement suggestif entre l’amour des Séraphines, ordre angélique le plus élevé selon Denys (leur nom signifie les « brûlants »), et l’amour « liquéfiant » dont parle l’Epoux du Cantique (Cant. 5,6).

                Ce rapprochement entre la Hiérarchie céleste et le Cantique des cantiques ne tarda pas à manifester sa fécondité. Thomas Gallus († 1246) , d’abord maître à Saint-Victor de Paris, puis envoyé en Italie pour prendre part à la fondation de l’abbaye de Vercelli, dont il devait devenir l’abbé, s’appuie sur cette correspondance pour fonder une doctrine vigoureuse, très influente chez les Franciscains et les Chartreux notamment. Selon lui, les neufs chœurs d’esprits célestes (anges, archanges et principautés, puissance, vertus et dominations, trônes, chérubins et séraphines) figurent les neufs degrés d’une ascension spirituelle par laquelle l’âme s’élève peu à peu dans la vie contemplative, à la mesure des dons divins qu’elle reçoit, jusqu’à se livrer totalement à l’union à Dieu à travers un élan d’amour qui surpasse toute connaissance : c’est « l’affection principale » ou « supra intellectuelle ».

                Excellent connaisseur de l’Aréopagite, Thomas Gallus est un auteur exigeant, chez qui la mystique, même nuptiale, s’enracine profondément dans la métaphysique dionysienne. Un de ses disciples vercelliens, dont le nom demeure inconnu, a repris à son compte certains des thèmes de l’abbé Thomas, de manière à les rendre plus largement accessibles. C’est l’auteur anonyme mais probablement vercellien du commentaire intitulé, à partir de ses premiers mots en latin : « Deiformis anime gemitus ». S’appuyant comme Thomas sur le principe d’une correspondance profonde entre la doctrine de Denys et celle du Cantique des cantiques, notre auteur inconnu transforme la poésie amoureuse de ce livre en un itinéraire spirituel, aimanté par le désir de contempler face à face l’Époux divin :

                « Par la voix de la tourterelle, on entend le soupir amoureux de l’âme déiforme qui (…) lance un si grand soupir d’amour qu’il sera parvenu aux oreilles du bien-aimé se promenant peut-être à la brise, après midi. Ayant entendu ce soupir, il a dit aux anges qui l’accompagnent : ‘La voix de la tourterelle est entendue sur notre terre » ; comme s’il disait : le clair écho du soupir amoureux de l’âme déiforme a retenti dans la région des choses divines. Ô voix de l’écho combien très harmonieux, qui, pénétrant les hauteurs des cieux, remplit toute la terre de la région des esprits célestes et frappe agréablement les oreilles du bien-aimé plus que doux, de telle sorte qu’oubliés les autres sons argentins délectables de cette voix très aimante, attentif, il pousse un cri et dise : «’La voix de la tourterelle [s’est fait entendre sur notre terre]’. » Commentaire ‘Deiformis anime gemitus’, II, 12, p. 209-211.

 

                Moins spéculative, la doctrine de ce commentaire est aussi plus sensible : on y découvre notamment les traits d’une dévotion au Christ crucifié aux accents franciscains. C’est là un autre trait par lequel notre texte se démarque des commentaires de Thomas Gallus. Ce dernier, pourtant, a probablement rencontré Antoine de Padoue, grâce à qui la doctrine victorine s’est largement répandue chez les auteurs franciscains, notamment chez Bonaventure. Il n’en est que plus intéressant de voir à travers le commentaire vercellien que les relations d’influence se sont exercées dans les deux sens entre les deux ordres, en particulier sur la dévotion aux plaies du Crucifié :

                « De fait, que comprenons-nous par l’aspersion du sang, sinon l’imagination très puissante du Crucifié ? que convient-il de comprendre par l’entrée dans le Saint des saints, sinon la très profonde et très secrète contemplation des choses divines ? Le très bienheureux Crucifié lui-même n’est entré que par le sang dans le Saint des saints, comme le dit le divin Paul, dont toute la glorification était la crucifixion bienheureuse du Christ. Que donc notre habitation durable, mieux, perpétuelle, soit dans les ’ouvertures de la pierre’, c'est-à-dire dans la considération pieuse des blessures des pieds et des mains du Crucifié, percé avec des clous de fer et des marteaux, mais aussi ‘dans la cavité du mur’, c’et à dire dans l’ouverture du côté profondément et cruellement creusée par la lance du soldat, car c’et en elles, que se trouve le feu de l’amour très ardent et le robuste char qui emporte vers les choses divines .» Commentaire ‘Deiformis anime gemitus’, II, 14a, p. 217-219.

 

                Publié une première fois en 1972 par Jeanne Barbet, dans la collection Publications de la Sorbonne, série « Documents », 21, le texte latin a été revu et remanié d’après les quatre manuscrits subsistants. Malheureusement décédé avant la parution de l’ouvrage, le P. Francis Ruello l’a accompagné de sa première traduction française. Enfin l’introduction consigne les progrès obtenus depuis trente-trois ans, notamment sur la question de l’auteur.

 

                Dominique Poirel, (IRHT, Paris)

 

Dans la collection Biblioteca Victorina est annoncé la sortie prochaine du « Mémorial de Jean de Thoulouse », Abbé de saint Victor au XVIIème siècle. Cet ouvrage sera la deuxième partie du journal de cet Abbé, dont la première partie a été publiée dans le n. 13 de cette collection.

Est aussi annoncée la parution, dans la collection « sous la règle de saint Augustin », de l’ouvrage de Gérard ZERBOLT de ZUTPHEN : « Les ascensions spirituelles ». Auteur de la première génération de la Devotio moderna il exerça une profonde influence sur ce mouvement spirituel.

 

 

 

 

Chronique de Champagne :

 

Anniversaire 30 ans abbatiat P. Maurice

 

In Illo Tempore. 

En ce temps-là, c’était le samedi 14 février 1976, était béni Père Abbé, le père Maurice BITZ, Prieur Général de la congrégation de Windesheim-St Victor. Par cette célébration, c’était aussi le prieuré Saint Pierre de Champagne qui était élevé au rang d’abbaye.

La cérémonie était présidée par Mgr Hermil, Evêque de Viviers, entouré de Mgr Louis Haller, Ancien Abbé de l’Abbaye de Saint  Maurice en Valais et de Mgr Lebrun, ancien Evêque d’Autun.

Au cours de la messe eut lieu la remise à l’élu des insignes de sa charge : l’anneau, la mitre et la croisse, cette dernière offerte par les Trappistes de Notre-Dame des Neiges.

Le lendemain, à Champagne, les Abbés de la Confédération des Chanoines réguliers de saint Augustin, huit nations étant représentées, tinrent leur conseil primatial.

Pour Champagne et sa jeune communauté ces journées des 14 et 15 février 1976 furent donc marquantes. 

C’était donc en ce temps-là…

Et le 14 février 2006, jour pour jour, on fêtait le trentième anniversaire de cette bénédiction abbatiale. La messe était présidée par le Père Abbé, concélébrée avec les nombreux prêtres présents. Dans son homélie le Père Maurice insistait sur le sens de la paternité familiale, rôle propre de l’Abbé dans notre tradition augustinienne et victorine. Il rappelait aussi le souvenir de l’influence profonde auprès de la communauté du Cardinal Journet, du Père Marie Dominique Philippe.

Après le repas pris en commun lecture était donnée du compte rendu de la Cérémonie du 14 février 1976, à l’intention de ceux qui y avaient participé et qui se trouvaient là, et de ceux plus nombreux encore qui n’avaient pu s’y trouver.

Maître Louis Boisssonnet

 

Le dimanche 15 janvier, la communauté a célébré l’anniversaire de la mort du P. Jacques Cachard, décédé il y a vingt ans. La messe dominicale était présidée par Mgr Henri Brincard, évêque du Puy, ancien condisciple du père Jacques, et en présence de sa famille venue de Lyon.

 

Début mars, le père Abbé, sœur Colette et sœur Marie-Geneviève se sont rendus à Basotu, pour visiter les communautés de Tanzanie. A son retour, le P. Abbé apprenait le décès de Mgr HERMIL, évêque émérite de Viviers, qui avait accueilli la communauté en son diocèse en 1968, et se rendait à la chapelle de l’évêché pour se recueillir et manifester la reconnaissance de la communauté.

 

Séjour des amis familiers.
A l’occasion de Pâques, la communauté a été heureuse de revoir, après une longue hospitalisation, Hans Kessler accompagné de son épouse Ursula et de leurs enfants Barbara et Daniel.

 

Avril : Anniversaires et jubilés :

2 avril : 50 ans de sœur Colette Marthouret.

5 avril : les PP. Régis de Jabrun et Bruno Fabre ont célébrés leurs vingt ans de sacerdoce.

11 avril : le P. Guy Rose fêtait ses 30 ans de sacerdoce.

 

 

29 avril : ordination sacerdotale du frère Emmanuel.

 

Comme pour l’ordination de Ludovic et de Sébastien, l’église de Champagne était trop petite pour accueillir familles et amis du futur prêtre autour des célébrants :Mgr François Blondel, évêque de Viviers, Mgr Henri Brincard, Dom Hugues, abbé de la Trappe de Notre Dame des Neiges, Dom Bruno, abbé général des chanoines du Latran, notre Père Abbé et de nombreux prêtres.
Il fallut donc encore une fois dresser une tente avec grand écran sur la place St Jean afin de permettre à tous les participants d’être protégés du soleil (ou de la pluie) et de pouvoir suivre le déroulement de la cérémonie.
En vertu de l’adage ‘ubi missa, ubi mensa’, un chapiteau avait été monté sur le terrain de sport de la communauté pour accueillir les quelques trois cents convives annoncés.
Bien que ce 29 avril fût placé sous le patronage de sainte Catherine de Sienne, c’est, comme le fit remarquer Mgr Blondel, « dans la lumière de Pâques » que se déroula cette célébration. Comme en août 2004, la communauté rend grâce pour ce don inestimable du sacerdoce conféré à ces jeunes frères, et se réjouit de voir grandir ainsi notre famille religieuse. Puisse le témoignage de nos jeunes confrères éveiller dans le cœur des jeunes le désir de consacrer eux aussi leur vie au Seigneur de la Vie.

 Cette grande joie, partagée par tous, en voici un écho, livré par un novice :  

 

« Les quelques jours qui précédaient l’ordination de frère Emmanuel, je me demandais : « comment conçoit-il cette nouvelle étape de sa vie religieuse ? »
J’ai voulu mais je n’ai pas osé lui poser la question me disant : c’est sûrement une expérience si profonde que je ne peux me permettre de transgresser l’intimité de sa délectation victorieuse de la grâce.
Tout s’est éclairé pour moi lors de la clôture de la messe d’ordination, quand le père Emmanuel dans son allocution, tenait le propos suivant aux jeunes présents dans l’assemblée ; quand il nous disait, quand il me disait : « Si tu entends à l’issue de cette cérémonie quelque chose qui ressemble à l’appel du Seigneur te disant : « veux-tu me suivre de plus près, » N’étouffe pas cette voix, prends le temps du discernement, va à ton rythme, parles-en avec un prêtre en qui tu as confiance… »
L’exhortation du nouveau père a suscitée en moi, le dernier arrivé dans cette communauté canoniale, la réflexion suivante : Emmanuel, à la suite de son cheminement sous le regard de Notre Seigneur a aujourd’hui répondu à l’ultime question qui engage au don total de soi : « Emmanuel, m’aimes-tu plus que cela » ? Novice, je rencontre Notre Seigneur à travers le visage de la communauté. On se parle ! j’essaie de discerner ce qu’Il attend de moi. Notre Seigneur veut-Il me voir marcher à sa suite dans cette forme de vie canoniale que j’expérimente ?
Si oui, Eh bien, peut-être qu’un jour, en regardant par-dessus les épaules de ce grand frère qu’est devenu le père Emmanuel, je pourrai à mon tour répondre, plein de confiance : Oui Seigneur, je t’aime plus que cela … Me voici. »                                          

 Un novice.

 

 

27/28 avril : Journées communautaires


L’ordination du P. Emmanuel avait été précédée de deux journées communautaires, rassemblant les confrères de l’abbaye et des prieurés. Elles furent marqués par la tenue d’un chapitre plénier le 28 avril, et la veille, d’une journée d’études sur le bienheureux Achard de St Victor, deuxième abbé de St Victor (1155-1161) dans la perspective du neuvième centenaire de la fondation de l’abbaye, en 1108 par Guillaume de Champeaux. Pour nous guider dans cette étude, le P. Abbé avait invité M. Dominique Poirel, « ingénieur attaché à l’institut de recherche en histoire des textes. »
Dans une première conférence, M. Poirel retraça un historique de la vie du bienheureux. Né au début du 12ème siècle, selon certains en Angleterre, selon d’autres en Normandie, il est élu le 13 avril 1155, deuxième abbé de St Victor, et en 1161 devient évêque d’Avranches. Il meurt en 1171, enseveli dans l’abbaye de la Lucerne, abbaye de chanoines prémontrés dont il fut le principal bienfaiteur, et dont il avait béni la première pierre en 1164.
La conférence de l’après-midi fut une étude détaillée du sermon sur les sept déserts, sermon donné le premier dimanche de carême par le bienheureux Achard à son chapitre, quand il était encore abbé de St Victor.
Cette journée communautaire s’acheva par la célébration des premiers vœux de nos frères Albert Zikamabahali et Gilbert Nkurayija. Le chant de communion en kinyarwanda disait notamment : « Ceux qui cherchent Dieu continuent ce chemin. » C’est ce que nous souhaitons à nos frères rwandais.

 

 

L’abbaye, une grande famille

 

Depuis le début de la vie de l’abbaye, la dimension familiale a été mise en valeur. C’est ainsi que divers temps forts de familles de confrères ont eu lieu à Champagne.
Ce 7 Mai 2006, ce furent les 80 ans de la mère du Père François.
Ce fut une grande surprise pour Madame WALCKENAER, qui a vu débarquer chez elle, à Lyon, sa fille et son gendre, venus de Versailles avec leurs deux plus jeunes enfants, suivis par son frère et sa sœur avec leurs conjoints.
Le lendemain, tout le monde s’est retrouvé pour la messe à Champagne, rejoints par ses autres enfants habitant Lyon, les plus jeunes de ses petits enfants et ses arrières petits enfants, soit une vingtaine de personnes.
À la fin du repas, qui regroupait aussi tous les amis du Père Emmanuel présents pour sa première messe, le Père Marc avait prévu un gâteau d’anniversaire.
Cette délicatesse a beaucoup touché la famille, heureuse de se retrouver dans cette atmosphère de fête et de paix.

 

 

Le Foyer Marial pour le Sacerdoce.

 

La Rubrique « Où sont-ils, que font-ils ? » a présenté en quelques mots le ministère du P. Pierre VEKEMANS dans le premier n° de l’Escarboucle. Méditons aujourd’hui brièvement le contenu des expressions « foyer marial » et « sacerdoce » dans le lien qui les unit.

 

Le foyer c’est notre demeure familiale. Or, la demeure, demeurer, est un thème propre à St Jean, présent de nombreuses fois dans son évangile et ses lettres, en particulier dans le discours et la prière de Jésus le soir du jeudi saint : « qu’ils soient un comme nous sommes un : moi en eux et toi en moi. » (Jn 17, 22-23) Que signifie que le Père est dans le Fils - ainsi son Fils est sa demeure, son foyer- sinon qu’Il se donne totalement, sans rien retenir. Si ce n’était pas le cas, si le Père retenait quelque chose sans le donner au Fils, s’il ne se donnait pas, lui-même, le Fils ne serait pas son égal, Il ne serait pas Dieu, il n’y aurait pas de Trinité. Comme le Fils est l’égal du Père, il sera lui aussi Don total, dans cet échange mystérieux, le Saint Esprit, l’Esprit d’amour, dont l’un des noms est « Don ». Lorsque le Fils se sera fait homme, il se donnera aussi en tant qu’homme et aussi totalement au Père, utilisant la cruauté des hommes qui le rejettent pour manifester sa fidélité au Père jusqu’au bout. Il se donne aussi totalement à nous. Benoît XVI souligne dans son enseignement sur l’Eucharistie, qu’en anticipant sa mort, son sacrifice, la veille de sa passion, dans le sacrifice eucharistique, la dernière Cène, Jésus manifeste qu’Il accepte notre violence, la crucifixion et les transforme en acte d’amour. Il veut se donner à nous totalement, comme le Père est en lui, il veut être en nous. (homélie de clôture des JMJ à Cologne.)

Nous sommes appelés à être la demeure, le Foyer de Jésus, par l’Eucharistie d’une manière toute spéciale, et par lui le Foyer de toute la trinité.
Foyer Marial … Demeure de la Trinité, à la manière de la Vierge Marie, particulièrement à partir de l’Annonciation. Le Verbe fait chair demeure en elle et elle lui donne cette chair, elle lui donne sa nature humaine. Elle se donne toute pour qu’il puisse se donner un jour Corps et Sang avec toute son humanité et sa divinité dans l’Eucharistie. Voilà cet échange, ce don sacré mutuel ce sacerdoce dont vivent tous les baptisés. Recevant le don plénier du Christ dans l’Eucharistie – Lui en nous – transformés en lui par la communion (St Augustin), nous serons, nous sommes avec lui, don au Père et don à l’humanité entière. Il veut se donner à l’humanité entière par sa communauté familiale construite dans l’Eucharistie, devenue Don avec lui : « que tous soient un … qu'eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jn 17,21)
 

Dans ce sacerdoce de Jésus, les ministres ordonnés sont appelés à rendre l’échange, le don mutuel possible, en consacrant le Corps et le Sang du Christ. 

La mission d’enseigner et de guider qui prépare et suit la construction  de la communauté familiale de Jésus Christ dans l’Eucharistie, dépasse bien sûr les forces humaines, elle est un don de Dieu à recevoir sans cesse. D’où l’appel de Jean Paul II à la fin de son homélie au jour du jubilé des prêtres en l’an 2000 : « Prie aussi pour nous, peuple chrétien, qui te presse autour de nous dans la joie et dans la foi », et Benoît XVI au moment de son élection : « je compte sur vos prières ». 

Le Foyer Marial veut ainsi soutenir les prêtres par la prière et l’offrande, la consécration de soi, la constitution autour d’eux d’une communauté familiale. 

Foyer Marial : 45 rue de Paris, 94340 JOINVILLE LE PONT
foyermarialjoinville@wanadoo.fr
Secrétariat : 01 48 89 87 90

 

 

Chronique Chancelade et Saint-Astier

 

L’été 2006 a été riche en évènements importants pour la communauté et les paroisses confiées au ministère des confrères :

 

La Réouverture de l’église de Saint Astier.

Le 30 juillet à Saint-Astier, réouverture de l’église paroissiale après trois années de travaux.
C’est avec ferveur que la communauté chrétienne de Saint-Astier a préparé cette inauguration, attendue, espérée, retardée... Elle voulait en faire un temps fort, spirituel, amical et convivial.

La veille de l’ouverture de l’église, plus de cent personnes accompagnèrent ainsi à travers les rues de Saint-Astier le Saint Sacrement, de la salle de l’Abbé-Lafaye vers l’église rénovée. Chaque « pèlerin », un flambeau à la main, récite le chapelet devant des touristes très étonnés. Puis nous entrons dans l’église sombre où, peu à peu, la lumière jaillit, laissant apparaître la beauté du lieu. Après un temps d’adoration, de chants et la bénédiction, nous clôturons par le « Salve Regina ». Veillée simple, chargée d’émotion, soulignant la volonté de la communauté chrétienne d’enraciner toute son action dans la prière et la contemplation.

Le dimanche 30 juillet une foule très nombreuse emplissait la vaste nef, trop petite pour l’occasion. Mgr Mouïsse, Évêque du diocèse de Périgueux, entouré du Père Abbé, du P. Marc, du P. Louis modérateur de la paroisse ainsi que des confrères et des prêtres du diocèse présida la célébration eucharistique. Immédiatement après ce fut l’inauguration de l’ édifice par les autorités civiles.
Les discours mirent en lumière la force de l’engagement de la municipalité de Saint-Astier qui, aidée par les collectivités locales et par l’État, a porté le souci de la réalisation de ces travaux. Un repas fraternel rassemblant une centaine de paroissiens prolongea cette matinée marquante pour les Astériens.

 

Les célébrations du 25ème anniversaire de la béatification d’Alain de Solminihac.

 

Le 19 et 20 août eurent lieu à Chancelade les célébrations
du 25 ème anniversaire de la béatification
d’Alain de Solminihac.

Journées denses, inaugurées par la brillante conférence que M. Patrick PETOT sur le bienheureux.
Elles furent marquées par les interventions de Mgr Mouïsse d’abord, qui lors des vêpres du samedi soir confia au Bienheureux le projet pastoral du diocèse de Périgueux, puis, lors de la messe dominicale, de Mgr Turini, Évêque de Cahors, qui sut mettre en lumière la figure spirituelle et pastorale de son prédécesseur.

Enfin le P. Abbé lors des vêpres du dimanche soir insista sur Alain le religieux, tout donné au Seigneur.

Outre les célébrations, ce furent, autour du théâtre
«Etty Hillesum, une vie bouleversée »
donnée par la compagnie de l’arc en ciel, autour de la musique et des conférences, un temps privilégié d’échanges et de rencontres,
marquées par l’amitié.

 

 

 

Chronique Montbron

 

Des camps cet été, autour de Montbron...

 

 « Mais range donc ces bouteilles ! » glapit l’un des confrères… Mais le camp dans les Pyrénées ne se prépare pas tout seul : les bouteilles de lait qui feront une ligne de bouées pour la baignade surveillée des moins de 12 ans, les commentaires variées sur la réglementation, les coups de fil compliqués avec la Caisse d’Allocations Familiales, les animateurs qui passent vérifier les malles ... le camp se rapproche !

 

                Comme chaque année, le Père Bernard et le frère Vincent emmènent une quarantaine de jeunes pour 12 jours. Une année en Vendée, l’autre à Gripp, dans les Pyrénées : vous savez, pas loin de l’endroit où on a lâché les ours ! Au moins, ce ne sera pas trop compliqué de fabriquer un imaginaire évocateur pour thème de jeux ou de veillées ! Mais n’en parlez  pas aux mamans inquiètes, ni aux papas chasseurs ...

 

 

L’association paroissiale « Amitié - Jeunesse - Avenir » a 25 ans. La communauté l’a ravivée, les anciens de Montbron en racontent les épopées, les familles aiment cette structure simple et entreprenante : Pèlerinage à Assise et Rome en avril 2005, encadrement des mineurs aux JMJ 2005, et à nouveau l’Italie en août prochain avec d’autres jeunes de Charente menés par le Père Jean-Claude et le frère Vincent.
Les équipes d’animateurs bénévoles très motivés sont mixées avec des animateurs d’aumônerie du diocèse, ou de la « Jeunesse Chrétienne Astérienne », l’association presque jumelle de Saint Astier qui n’avait pas de directeur cette année.

 

 

Le reste, vous vous en doutez un peu : c’est l’accompagnement des camps de scouts qui campent dans la région, ou les Scouts de France de La Rochefoucauld dont le Père Bernard est l’aumônier, qui partent beaucoup plus loin. Au prieuré, l’accueil des familles ou de certains groupes peuvent aussi mettre un peu d’animation. L’Esprit Saint souffle, les mois d’été sont aérés !

 

P.Bernard Jobert

 

 

 

Sortie commune avec les frères de Saint Jean.

 

La journée commençait avec un fin crachin. Il ne faisait pas chaud en ce lundi matin de mai. Rendez-vous était donné aux frères de St Jean à la merveilleuse église romane d’Aulnay en Saintonge pour y célébrer l’eucharistie.
Chaque année, nous nous retrouvons avec les « petits gris » de Cognac pour une journée amitié et détente.
 
. La messe dite et les photos faites, nous avons poussé un peu plus à l’ouest jusqu’à l’estuaire de la Charente : Rochefort. Après un repas convivial à base de poissons dégusté aux abords de la Corderie royale, nous avons exploré la moitié de la frégate l’Hermione, visite passionnante avec les explications de notre marin d’eau salée; je veux parler du père Bernard. Nous avons failli visiter l’autre côté qui se trouvait à l’intérieur du chantier pour découvrir la cale, mais la sagesse de notre prieur nous en découragea. Il paraît qu’il y avait quelque chose d’exceptionnel à voir, mais le montagnard que je suis aurait tendance à penser que le côté bâbord devrait ressembler à s’y méprendre au côté tribord. Mais je ne suis qu’un marin d’eau gelée, natif des bords de la mer de glace. On ne regrette en fait qu’une seule chose de cette visite : que notre vocabulaire maritime ne se soit pas étoffé.

On aurait bien apprécié quelques expressions du capitaine Haddock, du style : mille millions de mille milliards de mille sabords, tonnerre de Brest, bachibouzouk, pirate..., mais ça n’est pas venu. Le soleil, lui, était revenu, et c’est avec une belle lumière sur l’immense façade de la Corderie royale que nous nous sommes séparés, heureux d’avoir passé ensemble une si agréable journée.

P.Christian Snell

 

 

 

 

 

Chronique Soeurs

Entretien avec Sœur Colette Marthouret,
Supérieure générale de la Congrégation de Windesheim

 

 

Soeur Colette Marthouret est Chanoinesse de Saint-Victor, membre de la communauté d’Ypres en Belgique. Depuis 1995, elle réside à Champagne dans la communauté des Sœurs Oblates où elle contribue à la formation des Sœurs tanzaniennes. En Ardèche, elle n’est pas dépaysée puisque Champagne se situe à quelques kilomètres de son lieu de naissance : Serrières.

 

1.       Sœur Colette, en 1999 vous avez été élue Supérieure générale pour trois ans, par le chapitre de la Congrégation, Réélue en 2OO2, puis en 2005, vous avez reçu des Chanoinesses ce troisième mandat jusqu’en 2008. Belle preuve de confiance ! Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le travail d’une Supérieure générale pour la Congrégation de Windesheim. Quel est votre rôle ? Quelles sont vos fonctions ?

 Dans notre Congrégation, la Prieure générale a tout d’abord le rôle de représenter officiellement la Congrégation devant les autorités ecclésiastiques et les autorités civiles. Ensuite, et là, je veux vraiment partir de ma propre expérience, le rôle de la Prieure générale est d’accomplir le mandat qui lui a été donné par le Chapitre général pour le bien de la Congrégation. Elle n’accomplit pas ce mandat seule mais en collaboration avec les membres du Conseil général. Cela consiste à prendre ensemble des initiatives pour faire avancer telle ou telle décision prise en Chapitre général. Pour cela, le Conseil général qui est composé de six membres, se réunit environ trois fois par an, deux ou trois jours suivant la nécessité, dans une des communautés de la Congrégation. Nous invitons les Supérieures des différentes communautés à participer à l’une de ces réunions, pour fortifier la collaboration avec elles et suivre l’évolution des communautés. Beaucoup de travail se fait aussi en dehors des réunions grâce à Internet et au téléphone. Mon rôle consiste encore à faire une visite canonique des communautés. J’écoute chaque membre et fais un rapport à partir de ce que j’ai entendu, encourageant et stimulant la communauté, proposant aussi quelques pistes pour l’avenir.

 Dans notre Congrégation, la Prieure générale a tout d’abord le rôle de représenter officiellement la Congrégation devant les autorités ecclésiastiques et les autorités civiles. Ensuite, et là, je veux vraiment partir de ma propre expérience, le rôle de la Prieure générale est d’accomplir le mandat qui lui a été donné par le Chapitre général pour le bien de la Congrégation. Elle n’accomplit pas ce mandat seule mais en collaboration avec les membres du Conseil général. Cela consiste à prendre ensemble des initiatives pour faire avancer telle ou telle décision prise en Chapitre général. Pour cela, le Conseil général qui est composé de six membres, se réunit environ trois fois par an, deux ou trois jours suivant la nécessité, dans une des communautés de la Congrégation. Nous invitons les Supérieures des différentes communautés à participer à l’une de ces réunions, pour fortifier la collaboration avec elles et suivre l’évolution des communautés. Beaucoup de travail se fait aussi en dehors des réunions grâce à Internet et au téléphone. Mon rôle consiste encore à faire une visite canonique des communautés. J’écoute chaque membre et fais un rapport à partir de ce que j’ai entendu, encourageant et stimulant la communauté, proposant aussi quelques pistes pour l’avenir.

2 -   Pourriez-vous nous donner l’exemple d’une question qui s’est posée récemment à la Congrégation et que vous avez vue avancer ?

Lors du Chapitre général de 1999 il y avait des appels venus du Rwanda. Un évêque demandait à la Congrégation de venir s’y installer à nouveau et des jeunes Rwandaises désiraient la connaître et y entrer. Le Chapitre a donné comme mandat au Conseil général d’étudier la question. Pendant les trois ans qui ont suivi, le Conseil général a décidé d’envoyer des Sœurs sur place pour voir ce qu’il en était, et de se réunir régulièrement pour faire avancer le discernement. Les communautés ayant été consultées, la décision d’ouvrir une communauté au Rwanda a été prise. En 2001, les Sœurs s’installaient à Rwamagana.

3 -   Les Chanoinesses de Saint-Victor et celles de Windesheim ont une longue histoire. Leurs relations peuvent paraître complexes à ceux qui les regardent de l’extérieur. Pouvez-vous nous aider à mieux les connaître et ainsi à mieux saisir l’importance de votre service.

C’est en 1967 que les Chanoinesses de Saint-Victor ont décidé de se joindre à ce qui s’appelait alors la Fédération des Chanoinesses de Windesheim. Le 4 janvier 1971 cette Fédération est devenue Congrégation, avec son chapitre propre, chaque communauté conservant son autonomie. La Congrégation est formée par les monastères suivants : Notre-Dame-de-Soeterbeeck actuellement dans la ville de Nuland aux Pays-Bas, Notre-Dame de Nazareth à Bruges, (Belgique), Notre-Dame du Bon Conseil, à Sayers-Common en Grande Bretagne, Notre-Dame-de-La-Nouvelle-Plante à Ypres, (Belgique). A ces monastères se sont ajoutées trois communautés : les Sœurs Oblates de Champagne, les Sœurs Oblates de Bassotu en Tanzanie, la communauté de notre-Dame de la Paix à Rwamagana au Rwanda.

4 -   En Europe, beaucoup de communautés anciennes n’ont pas eu de Sœurs prononçant des vœux perpétuels depuis très longtemps. Qu’en est-il de la Congrégation ?

Dans la Congrégation, trois communautés n’ont plus de vocation depuis plus de vingt ans. Une en a eu récemment mais en très petit nombre. Les seules communautés encore bien fournies sont celles du Rwanda et de la Tanzanie.

5 -   Vous commencez un troisième mandat. Après six ans dans l’exercice de cette fonction avez-vous constaté une évolution des communautés ?

Je constate une unité toujours plus grande entre les communautés. Une plus grande ouverture les unes aux autres. C’est en grande partie le fruit du soutien que les communautés d’Europe apportent ensemble aux deux communautés d’Afrique. Ces communautés de mission ne sont pas l’affaire d’une communauté mais de l’ensemble, ce qui est nouveau chez nous, car jusqu’à maintenant, une filiale était en rapport uniquement avec un seul monastère.

Je constate aussi une grande maturité des communautés face à leur évolution vers un avenir qui n’est pourtant pas facile à cause du vieillissement des membres. Elles assument vraiment la situation, et construisent l’avenir ensemble. J’admire leur force extraordinaire d’espérance et de fidélité. C’est là que je vois vraiment l’Esprit Saint à l’œuvre dans notre Congrégation .

6 -   Est-ce l’on peut dire que dans ces conditions difficiles un courant de vie est venu par le fait de donner naissance à ces deux communautés africaines ?

Oui. Ce n’est plus la mission d’une seule communauté, c’est la mission de toutes. Par exemple, la petite communauté de Nuland très vieillissante, reste pleine de vie parce qu'elle soutient beaucoup par la prière, la communauté du Rwanda. C’est sa mission. Donner la vie devient source de vie.

7 -   Qu’est-ce que vous retiendrez de ces années de grandes responsabilités ? Pour vous-même, pour les Chanoinesses ?

Ce que je retiens de ces années, c’est l’importance de la collaboration, de l’écoute et surtout de la confiance. Je l’ai expérimenté au sein du Conseil général mais aussi dans les communautés. Pas une fois je ne me suis sentie seule dans les décisions à prendre, ou les démarches à faire. Je pouvais toujours faire appel à l’aide des unes ou des autres. Et puis, si les apparences ne nous montrent que vieillissement et mort, moi, j’ai l’expérience que c’est la vie qui l’emporte.

Nouvelles brèves des Sœurs :

A Londres Sœur Grâce a obtenu en février le diplôme d’enseignante « Montessori » pour les enfants de deux à cinq ans. Elle complète sa formation pendant un an encore pour les enfants ayant un handicap.

En Tanzanie Sœur Joséphina a terminé ses études d’infirmière en obtenant le diplôme. Durant cette année 2006 elle a suivie une spécialisation en obstétrique.

Sœur Eva a réussi l’examen qui lui permet d’enseigner à l’école primaire : Faisant son stage de première année à l’école de Bassotu elle a la joie de pouvoir vivre en communauté.

Notre adresse :
Communauté des Soeurs
Abbaye Saint-Pierre
07340 CHAMPAGNE
 

 

 

 

 

Au prieuré Saint-Augustin de Bourg-lès-Valence

 

Au milieu des diverses activités pastorales toujours nombreuses et prenantes pour les confrères,
voici deux témoignages de moments forts vécus avec la Paroisse,
sur l’œcuménisme très présent chez nous et
sur la charité en action concrète !

 

Œcuménisme : Chrétiens ensemble

C'était le dimanche 5 février 2006 à 10 h 30 à l'église St-Pierre de Bourg-lès-Valence, pleine... et entière ! Nous étions plus de 7 fois 7 fois 7 (343). Il faisait froid dehors, mais chaud à l'intérieur, et surtout dans les coeurs. Un rassemblement oecuménique aussi massif n'avait pas eu lieu à Bourg-lès-Valence depuis le 19 novembre 2000 au Théâtre Le Rhône.

Krikor KHAYIGUIAN, Pasteur de l'Église Évangélique Arménienne, a animé le temps de louange avec joie et profondeur. Les chants étaient accompagnés par plusieurs musiciens doués, appliqués, et au service de tous. Vincent CHRISTELER, Pasteur de l'Église Réformée de France, a commenté la Parole sortie des textes de St Marc et St Paul. Il a parlé de la nécessité d'unité pour l'essentiel, de liberté pour le reste, d'amour pour tout. Il a évoqué nos frères juifs, musulmans, et d'autres religions. Il nous a exhorté au service voulu qui transforme celui-ci en joie et non en charge, avec la différence entre liberté imposée et liberté choisie.

Hugues PAULZE d'IVOY, Curé de l'Église Catholique, a accueilli tous les chrétiens réunis. Il a accompagné les temps de prière universelle, du « Notre Père », de l'échange de la Paix, et fini par bénir tous et chacun.

Les enfants, très nombreux, s'étaient rassemblés un temps de leur côté, main dans la main, entourés des animateurs multipliés eux aussi.

La communion des participants s'est retrouvée dans une offrande tournée vers l'extérieur et les plus pauvres, destinée à aider l'Association bourcaine oecuménique d’entraide d’urgence « Partageons ».

Des représentants de la Ville s'étaient déplacés et ont participé à cette célébration si positive. Différentes personnes se sont investies pour alimenter le pot fraternel dans la Salle du Vote afin de prolonger cet immense instant de Paix. A suivre ...

Un participant

 

Soirée de carême à Bourg-lès-Valence

Ce 17 mars, nous sommes une cinquantaine de paroissiens réunis pour la traditionnelle soirée pain-pomme, sur le thème : « J’étais en prison et vous êtes venu jusqu’à moi ! » (Mt 25, 36).

                Le Père François-Xavier témoigne de l’amitié nouée avec des prisonniers par un simple échange de courrier. Il exerce ce discret ministère grâce à l’association « Le bon Larron », dont le but est de porter un témoignage de l’amour de Dieu à ces personnes isolées, dans un échange mutuel. Thérèse Bekmezian nous parle de l’humble travail d’écoute et de réconfort offert par l’association « Halte-Amitié » aux familles qui viennent fidèlement visiter leurs proches, détenus à la Maison d’Arrêt de Valence. Guillaume Recoing, diacre permanent, membre de l’équipe d’aumônerie de cette prison, nous introduit dans une cellule pour comprendre les terribles conditions de détention. Dans ce monde de misère, de souffrance, de haine parfois, tout ce que l’on peut offrir, c’est d’être simplement là, d’écouter, de donner une espérance, sans jamais juger. Dans ce dépouillement total se joue souvent une vraie rencontre de Dieu, une expérience spirituelle.

Un riche échange suit ces témoignages, puis nous écoutons l’évangile du jugement dernier avant de prier ensemble et de partager fraternellement le pain-pomme.

L’équipe de préparation

 

              Enfin, signalons un Jeudi saint émouvant, qui fêtait le jour même les 10 ans de sacerdoce (avec le Père Bernard Jobert) du Père Hugues (qui en avait aussi 40 ans de naissance le lendemain !) et ce même mois les 60 ans de sacerdoce du Père Amédée Faure, ancien curé de Saint-Marcel-lès-Valence retiré sur la Paroisse. Le tout dans l’attente et la préparation active de la Visite pastorale de Mgr Jean-Christophe Lagleize.

 

« Avance au large ! »

Visite pastorale de notre évêque

 

              La Visite pastorale de notre paroisse du 13 au 18 juin derniers fut vraiment pour tous une joie et un temps fort d’Église : joie pour les prêtres de vivre de manière très fraternelle quelques jours en compagnie de leur évêque et de partager plus directement avec lui la sollicitude pastorale, joie pour de nombreux paroissiens et pour tant de personnes si différentes, parfois éloignées de la vie de l’Église, de pouvoir échanger, réfléchir et prier avec lui.

Même la pluie au début de la balade du samedi et à la fin de la messe dominicale – la bénédiction épiscopale étant néanmoins respectée par les cieux – était joyeuse !

Dans les rencontres avec les différentes strates de la communauté chrétienne de la paroisse, jeunes de la catéchèse et des aumôneries, acteurs des services paroissiaux, les commençants ou recommençant de la foi, les handicapés, avec les réalités économiques, sociales, associatives, culturelles et politiques, à travers les temps de prières –offices chantés avec les chanoines, l’adoration eucharistique, notre évêque nous a invité à nous appuyer sur le Christ comme le roc de notre vie, pour nous ouvrir à l’universalité de l’Eglise. Chacun de ceux qui ont pu rencontrer l’évêque ont été heureux d’avoir été entendu, compris.

Au cours de la messe de clôture le 18 juin sous les arbres ensoleillés du bois de Thodure, il nous a rappelé le signe vivant de l’Eglise corps du Christ en reprenant les paroles de St Augustin : « A ce que vous êtes, vous répondez : Amen ; et cette réponse marque votre adhésion. Tu entends : Le corps du Christ, et tu réponds : Amen. Sois un membre du corps du Christ, afin que ton Amen soit vrai ! ». Joie de l’assemblée aussi à assister à cinq confirmations d’adultes, nous invitant à nous laisser emporter par la force de l’Esprit Saint.

La Visite pastorale nous aura ouvert des horizons plus larges et encouragés à aller plus loin : dans la rencontre du Christ, dans la rencontre des hommes.

Merci à notre évêque d’avoir exercé la grâce fortifiante de son ministère de successeur des Apôtres au milieu de nous !

Père Hugues PAULZE d’IVOY,
Chanoine régulier, Curé-Modérat

Prieuré Saint-Augustin
6, quai Thannaron
 26500 Bourg-lès-Valence
Tél. 04 75 43 21 80 Fax 04 75 43 80 84

E-mail : huguespi@wanadoo.fr Site de la Paroisse : http://stejalleblv-valence.cef.fr

 

 

 

Où sont-ils, que font-ils ?

 

Le P. Sébastien REVIRAND a brillamment soutenu son mémoire à l’Augustinianum. Après trois fructueuses années à Rome il rejoint le prieuré de Chancelade.

P. Guy Rose et P. John travaillent tous deux, depuis ce mois de septembre, dans la paroisse de Beaumont-sur-Oise du diocèse de Pontoise.

En novembre, Le P. Marko a soutenu son doctorat en sociologie à l’Institut catholique de Paris.

Le Fr Sylvini est retourné en ce mois d’octobre en Tanzanie, auprès de la communauté à Basotu.

 

 

Quelques nouvelles du Père Patrice SICARD :
Il partage ses activités entre le prieuré de Bourg les Valence et Paris.
Il continue son travail à
Notre Dame de Paris
, dont il vient d’être nommé chapelain, à la Faculté de Théologie de l’école cathédrale comme professeur extraordinaire de théologie. Il poursuit, enfin, ses activités de recherche au CNRS. Ce travail important est aussi apprécié puisqu’il vient d’être nommé Chercheur associé au sein de cette institution.

Le P. Olivier Marie, tout en conservant ses autres fonctions, est nommé vicaire épiscopal pour le diocèse d’Angoulême. Nous remercions Mgr Dagens pour sa confiance envers notre confrère et les autres membres du Prieuré de Montbron

 

 

 

qui sont-ils ?

 

Le P. Joël Clément GOUGBADJI, du Bénin, est arrivé au mois de septembre au prieuré de Montbron : Voici comment il se présentait aux paroissiens :
« Je viens de l’archidiocèse de Cotonou.  Je suis né le 20 mars 1972. Après mes études secondaires j’ai suivi huit années de cours au grand séminaire et ai été ordonné prêtre le 16 octobre 2004. J’ai exercé mes premières années de ministère comme vicaire sur la paroisse sainte Jeanne d’Arc d’Allada (10000 habitants). Mon évêque, Mgr Marcel Agboton, m’envoie en France pour deux années de stage pastoral. Ce sera pour moi l’occasion de découvrir l’Eglise de France et plus spécialement le diocèse d’Angoulême ainsi que la vie communautaire telle que la vivent les pères de la communauté de Montbron. Je résiderai avec les PP. Christian et Olivier Joseph au presbytère du Sacré Cœur, à Angoulême.

 

George WABWIRE, prêtre Diocésain (fidei donum), Franco /Ougandais, attaché au Diocèse de Pontoise (95). Après avoir passé neuf ans dans le diocèse de Mgr Jean-Yves Riocreux, il vivra cette année  pastorale 2006-2007 au Prieuré de  Montbron. C’est pour lui l’occasion de faire une expérience de vie communautaire. « Je désire intégrer l’expérience que  j’aurai vécue  à mon apostolat dans le Diocèse de Pontoise quand je retournerai là-bas l’année prochaine. Bref je dirais que cette année est pour moi un temps de ressourcement intellectuel, spirituel et social, mais aussi de découvrir le fonctionnement de l’Église dans un département rural » nous confiait-il.

 

 

 

 

 

 

 

L'ESCARBOUCLE N° 4

           Sommaire

          Éditorial
          Rencontre avec Benoit XVI
          Les célibataires au Puy en Velay
          Semaine d'étude francophone
          JMJ 2005
          Prieuré St Augustin, Bourg les Valence
          Tanzanie... en Mission
          Nouvelles des soeurs
          Le Prieuré de Montbron a 20 ans
          Au revoir René
          Fraternité canoniale
          L'hospitalité dans la spiritualité victorine
           Le Prieuré de Chancelade
          Mgr Brincard honoré
          Quelques dates
           Projets pour l'année en cours

 

 

Editorial

 

Devant un million de jeunes, le Pape Benoît XVI lance un appel clair à une révolution. Dans un monde qui souffre, qui est malade et s’autodétruit, Benoît XVI fait appel à une révolution de l’amour. Les grandes blessures des jeunes d’aujourd’hui, ce sont celles d’un manque d’amour, de peur de l’amour, de fuite dans une recherche de pouvoir.

Et voilà que ce Pape que l’on a présenté comme radical, dur, et qui, de fait, est un homme discret et respectueux de ses interlocuteurs, de grande écoute, rassemble plus d’un million de jeunes, disciplinés, joyeux et priants. On avait annoncé que les jeunes venaient pour Jean-Paul II en qui ils trouvaient un père qui fait cruellement défaut aujourd’hui mais qu’ils ne viendraient pas pour « Ratzinger ». Excusez ce manque de respect. Il n’est pas mien, je reprends les titres des médias.

Les jeunes étaient présents au rendez-vous. J’ai accompagné un groupe de 350, à travers la Suisse, la Forêt Noire et la descente du Rhin jusqu’à Cologne. Je peux témoigner. Qui peut prétendre aujourd’hui rassembler tant de jeunes sans qu’il y ait de débordements ?

Ces jeunes ont manifesté qu’ils désiraient ouvrir les portes de leur cœur au Christ. Quel recueillement lors de l’exposition du Saint Sacrement qui couronnait la veillée de prière !

 

J’entends déjà les sceptiques : feu de paille !

 

Quelque chose s’est passé dans le cœur de ces jeunes. Les frères prêtres qui les accompagnaient en ont été témoins, émerveillés. Pour que ce ne soit pas un feu de paille, à nous de favoriser les retombées de ces journées. A nous d’accepter le message : faire dans nos vies, dans nos communautés, dans nos sociétés, la révolution de l’amour, construire une nouvelle civilisation de l’amour.

Quant à vous, chers jeunes fervents des J.M.J., vous avez applaudi le Pape « Benedetto ». Soyez cohérents ! Le pape vous a interpellés sur votre participation à l’Eucharistie dominicale.

Mgr Maurice Bitz,

Abbé général et abbé primat de la confédération

 

L'Abbé Primat rencontre Benoit XVI
à l'issue de l'audience générale du 16 Novembre dernier

 

 

Sept cents  célibataires jubilent au Puy en Velay.

 

Du 10 au 17 juillet, les pères Régis, Hugues et Ludovic ont accompagnés le pèlerinage des célibataires
 au Puy en Velay organisé par le P. Luc Ravel

 

A l’origine de toute démarche, il y a un appel : celui de l’évêque du Puy, qui, a proclamé une année jubilaire pour son diocèse. Mais pourquoi proposer un « jubilé de l’espérance », réservé aux personnes célibataires ?

              Parce qu’ils constituent bien une nouvelle catégorie de la population, et qu’ils cherchent une pastorale adaptée à leur situation. L’idée de leur proposer un pèlerinage en lien avec cet évènement ecclésial que fut le jubilé 2005 du Puy en Velay s’inscrivait dans ce contexte. Les voilà donc qui arrivent à l’Abbaye, en ce samedi 9 juillet. Du moins pour les 180 qui ont décidé de marcher sur les routes de saint Jacques et de saint Jean-François Régis pendant une semaine.

    

                 Ils sont accueillis par les « serviteurs » : cinq couples, bien décidés à les suivre et à aplanir non pas leurs sentiers, mais toute difficulté d’ordre matériel. Quant au spirituel, il est laissé à la responsabilité des quatre prêtres de la communauté qui les accompagnent.

      

Pendant sept jours les marches en silence, les temps de détente, les célébrations, les nuits courtes et agitées, et les catéchèses du père Luc vont se succéder à un rythme intensif. Peu à peu, nos corps se fatiguent et nos âmes se livrent. Un besoin immense de se confier et de recevoir le pardon de Jésus se fait sentir en chacun de nous.
       Et c’est ainsi que, en cette fin de matinée du vendredi 15 juillet, la ville du Puy nous apparaît, comme en récompense de tous les efforts fournis. Mais le repos n’est pas à l’ordre du jour. En effet, il nous faut accueillir les cinq cent personnes qui vont nous rejoindre pour qu’ensemble, nous gagnions notre jubilé de l’espérance.
      Le week-end se déroule au même rythme que la semaine. Après une messe présidée par Monseigneur Paul Vieira, évêque béninois, le samedi matin,  six groupes de 100 personnes vont sillonner les rues du Puy pour que chacun puisse accomplir une démarche jubilaire authentique et personnelle. L’après-midi sera ponctuée par une célébration pénitentielle et la soirée par une veillée de prière aux intentions du pape Benoît XVI.

       Le lendemain, nous assistons à la messe dominicale, présidée par le cardinal Lustiger. Puis tous se retrouvent autour d’un verre, s’échangent des adresses, se promettent de se revoir, d’organiser un groupe de rencontre dans leur région. Après le déjeuner, et une dernière célébration d’envoi, le moment est venu de se quitter et de rentrer chez soi. Mais une chose est sûre : pendant ce jubilé « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous fut donné. » (Rm 5,5).

 

Quelle suite à donner au jubilé de l’espérance ?

                A la suite du pèlerinage du jubilé, deux week-ends ont eu lieu les 22 et 23 octobre dernier. L’un pour la région centre à Viatre, l’autre pour le sud-ouest à Lourdes. Au programme : temps d’enseignements, d’échanges et de détente, le tout dans un climat convivial empreint de foi, d’espérance et de charité

                D’autres dates sont à retenir :

                               17, 18 et 19 février 2006 à Chadenac. Marche, ski de fond et enseignement par le père Luc.
                               Les 4 et 5 février 2006 dans la région de Bordeaux. Week-end animé par le père Ludovic.
                               Les 13 et 14 mai 2006 dans la région de Périgueux. Toujours avec le P. Ludovic.               

L’abbaye, sous la direction du Père Luc Ravel, vous propose également deux pèlerinages en Terre Sainte :
Du Dimanche 15 mai au dimanche 28 mai 2006. Prix 1400 Euros.
Du Samedi 29 juillet au Vendredi 11 août 2006 (avec bivouacs). Prix : 1050 Euros
 


 

 

Confédération des chanoines réguliers

 

 

Semaine d’étude francophone : Objectif Vorau 2007

Du 17 au 20 octobre 2005, le Père Marc, le Père Hugues et le Frère Emmanuel ont représenté la Congrégation à la semaine d’études canoniales francophone qui se tenait cette année chez nos confrères de Marie Mère du Rédempteur, au prieuré de La Cotellerie (Mayenne). Cinq congrégations étaient présentes à ces journées puisque Saint Maurice, le Grand Saint Bernard et l’Immaculée Conception avaient également envoyé des délégués. Au final, une douzaine de personnes pour préparer le prochain Congrès de la Confédération qui se tiendra en Autriche en 2007 à l’abbaye de Vorau sur le thème Communion et Mission.

 

Les Chanoines de la Cotellerie

Ces journées furent l’occasion de découvrir la vie des petits frères de Marie. Fondés en 1971 par Mère Marie de la Croix, religieuse stigmatisée qui a traversé le siècle dernier puisqu’elle est morte presque centenaire en 1999, nos confrères de La Cotellerie sont environ vingt-cinq actuellement. Leur vie canoniale se partage entre la vie commune, la desserte des paroisses environnantes et l’accueil de nombreux groupes. Plusieurs frères sont aussi occupés par les multiples travaux de la terre (production de fruits et de légumes en tout genre, de jus de pommes et de cidre) et de la ferme (petit élevage de bovins pour les besoins de la communauté).

 

La grande famille Augustinienne

Au cours de cette semaine d’études, outre les moments de préparation du prochain Congrès, ceux passés ensemble à l’église pour les offices et la célébration de l’Eucharistie, tout comme ceux, détendus et fraternels des repas pris en commun, ont permis de tisser de nouveaux liens de communion et de charité entre tous. Ces journées ont été clôturées par le Père Marc, le mercredi soir, en présence de Mgr Maillard, évêque de Laval, de Mr de Montfalcon, président du Tiers-Ordre des Messagers de Marie (l’équivalent de nos familiers) et des sœurs Annie et Thérèse-Marie, supérieure des Augustines de la Confédération de Malestroit.

 

 

JMJ 2005

« Nous sommes venus l’adorer »

   Du 10 au 22 août, 300 jeunes sont partis avec l’Abbaye à Cologne,
pour les XXèmes J.M.J. Souvenirs d’un pèlerinage sur les traces des saints de Suisse et d’Allemagne

10-12 août : « Reviens à ton cœur ! »

   Notre premier jour fut marqué par un arrêt à Saint Maurice où fut évoqué le martyr du chef de la légion thébaine et de ses compagnons.

   Dès le lendemain, nous grimpons 1400 mètres de dénivelé pour atteindre le Sidelhorn, sommet de 2765 mètres. La montée se fait en silence, entrecoupée de temps de prières et de méditations. Malheureusement, la vue sur le glacier du Rhône est bouchée.

 

   Le soir, nous nous dirigeons vers Flüeli, petit village où vécut saint Nicolas, patron de la Suisse. Nous méditons sur sa vie au cours d’une procession aux flambeaux. Père de 10 enfants, cet homme sentit à 50 ans l’appel à la vie érémitique.
   Le lendemain, nous repartons pour une nouvelle marche en montagne. Le Père Abbé développa le thème du retour à la source, à notre propre cœur, lieu de la présence de Dieu.

 

   13-15 août : Maria Bronnen

   Vendredi 12 août, 21 heures : nous arrivons à Maria Bronnen, petit village allemand situé en Forêt Noire. Là, les Frères de la Vie Commune, Chanoines Réguliers de Saint Augustin nous accueillent chaleureusement.

   Le Père Richard, prieur de la communauté, nous répartit dans des familles allemandes, par groupe de 2 ou 3. Nous nous retrouvons dans la journée pour des activités communes. Ainsi, le lendemain, nous participons à une messe rassemblant 2000 jeunes JMJistes accueillis dans tout le doyenné.

 Le dimanche, après les messes dans les paroisses d’accueil, nous déjeunons dans les familles. En fin de journée, nous nous retrouvons tous pour une célébration autour de la vie de saint Augustin.
      Le lundi 15 août,  nous rejoignons les 20 000 jeunes accueillis dans le diocèse de Freiburg pour la fête de l’Assomption. Le soir, nous nous arrêtions à Speyer, ravissante petite ville allemande dont la cathédrale romane, la plus grande d’Europe, dresse ses tours majestueuses au bord du Rhin.

 

   16-18 août : Speyer, navigation sur le Rhin

   La journée du 16 fut entièrement consacrée à la découverte de Speyer et de sainte Edith Stein, à travers  une projection de diapositives la matinée, et un grand jeu de piste dans la ville l’après-midi.

   Puis ce fut la descente du Rhin en bateau Deux jours mémorables avec une halte nocturne à Rudesheim pour découvrir sainte Hildegarde de Bingen, mystique bénédictine du XIIème siècle. Ce mercredi soir, la veillée d’adoration fut aussi un temps fort autour du thème de ces J.M.J. : « Nous sommes venus l’adorer ».

 

19-21 août, Cologne et la rencontre avec Benoît XVI.

    Le vendredi 18, nous avons passé la journée à Cologne. Le matin, nous avons participé à une catéchèse organisée par la communauté de l’Arche. L’enseignement de Mgr James, évêque de Beauvais fut très émouvant. Puis chacun fut invité à faire le geste du lavement des pieds. L’après-midi, c’est trempé jusqu’aux os par un terrible orage, que nous avons regagné les cars.

 

Le week-end avec le Saint Père approchait… Après une marche d’une douzaine de kilomètres, ce fut la rencontre d’un million de jeunes rassemblés au nom du Christ autour de son vicaire, le pape Benoît XVI: la veillée, la messe dominicale, les paroles fortes du pape sur l’adoration et sur notre vie, appelée à se laisser transformer par la puissance rédemptrice de l’amour de Dieu, sont encore dans les cœurs de chacun.

    Merci à tous ceux qui ont soutenu ce projet financièrement ou spirituellement, confrères, communautés, amis et familiers. Les jeunes sont rentrés ravis, fortifiés dans leur foi pour beaucoup, même si des doutes et des craintes demeurent. Ils ont été heureux de découvrir Benoît XVI et d’entendre ses paroles d’encouragement et d’espérance : « Allons de l’avant avec le Christ et vivons notre vie en vrais adorateurs de Dieu ! »

 

Week-end retour JMJ à Champagne

  

   Le week-end de la Toussaint, une soixantaine de jeunes ayant participé aux JMJ avec l’Abbaye se sont réunis à Champagne pour un temps de retrouvailles. Le programme fut dense et sportif: remontée de la cascade de Peyraud, au rythme des enseignements du Père Luc; « soirée nostalgie », à partir d’un montage du « best of » de notre périple de cet été, un temps d’adoration, le dimanche, entre la fin de la messe et un enseignement du Père Abbé sur l’Eucharistie; un circuit pédestre, le lundi, entre Châteauneuf et Saint Bonnet, à la découverte de Marthe Robin, après une très beau témoignage sur sa vie par Paul, membre des Foyers de Charité.

   Il nous faut aussi mentionner la présence, à ce week-end, d’une délégation de jeunes Allemands de Maria Bronnen emmenés par le Frère Daniel ainsi que celle, le samedi soir, d’une quinzaine d’amis et familiers de la communauté, parrains et marraines des jeunes, cet été, représentant tous ceux qui avaient alors soutenu financièrement et spirituellement le projet. Les temps de rencontres et d’échanges, simples et vrais, vécus pendant trois jours dans un climat familial en ont marqué plus d’un. Une expérience à renouveler, pour d’autres occasions, car Sydney, c’est encore loin !

 

PRIEURÉ SAINT-AUGUSTIN :

NOUS RENDONS GRÂCE POUR L’ANNÉE PASTORALE ÉCOULÉE

Pèlerinage paroissial au Jubilé du Puy

       Les 4 et 5 mai (fête de l’Ascension) derniers, la paroisse Sainte-Jalle-sur-Rhône a eu la joie de participer au Jubilé du Puy-en-Velay. En tout, 160 paroissiens de tous âges ont effectué dans la joie la démarche jubilaire à Notre-Dame du Puy.

       Tandis que deux groupes de jeunes collégiens et lycéens (qui purent profiter du passage de Jean Vanier pour une rencontre avec lui) partaient dès le mercredi marcher en direction du Puy, deux cars de paroissiens prenaient la route le jeudi.

Démarche jubilaire, messe, pique-nique au grand séminaire au cours duquel Mgr Henri Brincard nous rejoignait et nous adressait la parole, découverte des sanctuaires de la ville, vêpres à la cathédrale puis retour par les belles routes de la Haute-Loire et de l’Ardèche. Un temps fort convivial et joyeux, une découverte pour beaucoup, une source de grâces pour tous. Nombre de paroissiens ont été profondément touchés par ce pèlerinage.

Formation sur l’évangile de saint Jean

      Chaque année, un cycle de réflexion et d’approfondissement est proposé par les Pères du prieuré et suivi par un nombre grandissant de personnes. Après les thèmes du Notre Père et de l’Eucharistie, cinq entretiens furent donnés cette année, par les Pères Hugues et Daniel, sur l’évangile de saint Jean : introduction à « l’évangile spirituel », étude du prologue, de l’épisode des noces de Cana, de la construction de l’évangile autour de grand thèmes vétéro-testamentaires et de la conception du temps dans le quatrième évangile.

      L’année prochaine, deux séries de réflexion seront proposées : l’évangile de saint Marc avec le Père Daniel ; les fondements de la foi chrétienne avec le Père Hugues.

 

Jubilé du Père Patrice

      Entré dans la communauté en 1976, le Père Patrice Sicard était ordonné prêtre à Champagne le 25 mars 1980 par Mgr Hermil, évêque de Viviers, et c’est le samedi 25 juin dernier, au cours d’une célébration eucharistique belle et priante, que nous fêtions, avec sa famille et des amis, son jubilé sacerdotal. Nous avons rendu grâce avec lui pour toutes ces années de fécond sacerdoce dans la congrégation et pour son rayonnement spirituel et intellectuel auprès de nombreuses personnes, notamment à Paris où le Père Patrice est présent une bonne partie de l’année.

      Ad multos annos !

 

 

Un saint Hugues peut cacher… un autre saint Hugues ! (Réponse à la question du dernier n°)

      Chose peu commune, la famille de saint Hugues de Châteauneuf-sur-Isère, évêque de Grenoble et co-fondateur de la Chartreuse (où son propre père devint moine), a donné un autre saint, et de surcroît du même nom ! En effet, Hugues (le père de celui-ci devint chanoine régulier de Saint-Ruf), neveu ou petit-neveu de Hugues, rentré comme moine dans l’ordre cistercien, devint par la suite abbé de Léoncel dans la Drôme, puis de Bonnevaux dans l’ancien diocèse de Vienne. Il fonda l’abbaye de Valcroissant près de Die, dont on peut encore admirer de belles parties bien conservées. Artisan de la paix entre le pape Alexandre III et l’empereur schismatique Frédéric et ami de saint Bernard, il mourut en 1194.

 

Fraternité canoniale visite Bourg-lès-Valence.

 

       Le 5 Juin 2005, 40 familiers de l’Abbaye et 10 religieux et religieuses visitaient le prieuré saint Augustin. Après une visite de l’église, guidée par le père Hugues, prieur, et la messe dont la liturgie fut remarquée, les visiteurs purent découvrir le Prieuré. Un apéritif convivial réunissait ensuite les participants qui pouvaient en même temps se distraire en examinant une petite colonie de bébés-tortues et leurs parents, qui s’ébattaient dans le « jardin-patio ».

      Il fallait malheureusement penser au retour ; mais délaissant la route et sa circulation, il se fit par voie d’eau. Un très moderne bateau nous attendait au port de l’Epervière. Un temps idéal (ni trop chaud, ni trop froid), un fleuve sans turbulence, deux écluses passées en douceur sans frotter les murs, un repas complet et chaud accompagnèrent notre croisière.

      Après le café, le père Hugues, qualifié « plus grand des prieurs » nous expliqua  ce que représentait la charge de 30.000 paroissiens répartis en Trois Clochers.  Il nous rappelait également à quel point la communauté représentait une force, chacun pouvant compter les uns sur les autres, acceptant les personnalités de chacun, priant ensemble, sachant que la mission qui leur était confiée les dépassait, mais ayant confiance en Dieu qui fera « ce qu’il voudra et quand il le voudra ». Dans le dialogue qui suivit, les questions furent posées (liens avec l’abbaye, changement des prêtres, différences entre les clochers…) et répondus clairement et tranquillement

      Et, sans nous en apercevoir  nous arrivions après 5 heures de navigation en vue d’Andance. C’est ainsi que les participants revenaient à Champagne soit en « minibus » soit « pédibus » en suivant le chemin de Halage du Rhône.

Louis Boissonnet

Projets pour l’année en cours :

 Formation pour adulte :

  •       Avec le Père Daniel, lecture approfondie de l’évangile de Marc, évangile catéchétique préparant les catéchumènes au baptême.

  •       Avec le Père Hugues, reprise des fondements de la foi chrétienne à partir de la synthèse du Catéchisme de l’Église catholique.

  • En juin 2006, visite pastorale de la Paroisse par notre évêque Mgr Lagleize

 Site: http://stejalleblv-valence.cef.fr

Contact: huguespi@wanadoo.fr

 

En Tanzanie, visite d'une station

Au mois de mai 2005 Sr Marie-Geneviève
 s’est rendue en Tanzanie pour visiter la communauté des sœurs à Bassotu.
Aperçu du  travail missionnaire des frères.
Récit d’une visite d’une station.

Un autre monde…

    Un matin le Père Arkadius m'appelle : "ma sœur, venez, j'ai quelque chose à vous montrer". Départ immédiat. Nous roulons une heure sur un plateau, dans un paysage aride sans aucun dégagement. Tout à coup, au milieu d'une petite clairière nouvellement défrichée, se dresse une construction soignée, un abri fait de branchages et de petit bois avec un toit de tôle.
    Nous entrons... A l'intérieur, une table en pierre : l'autel ; à terre, quelques troncs d'arbres en guise de  sièges. Vingt cinq enfants très petits sont en train de compter. Le catéchiste, pour les aider, a fabriqué des colliers de bûchettes que les enfants portent autour du cou.

Nous sommes à Engarogia, une des sept stations de la paroisse de Bassotu. Une station est un lieu où se réunit la communauté chrétienne. Cet abri, leur première maison commune, sert de lieu de prière, de petite école, de lieu de réunion pour tous les habitants.

    …Des défis immenses

    En les encourageant à élever une maison commune le Père Arkadius ne pensait pas seulement aux chrétiens mais à tous les enfants des environs quelle que soit leur religion. Il a surtout voulu répondre au désir des familles pauvres de scolariser les enfants mais également lutter contre une secte qui propose aux parents une éducation gratuite pour les tout petits mais qui ensuite sélectionne les enfants qui ont les meilleures capacités et les sépare des parents.

Le P. Arkadius a commencé à ouvrir dans les stations un accueil simple et gratuit pour les plus petits. On enseigne le swahili (s'ils n'apprennent pas leur langue maternelle avant l'école primaire, ces enfants seront en échec scolaire), un peu de calcul, le chant, les premiers essais d'écriture. Aucune maîtresse diplômée n'accepte d'aller vivre dans ces conditions. C'est le catéchiste qui accueille les enfants un peu de temps le matin, cinq jours par semaine. Il ne reçoit aucune rémunération.

  L’association ‘Enfants de Tanzanie’

    Durant le voyage de retour, les pensées se bousculent. Un tel désir de faire progresser les enfants. Si peu de moyens matériels. Une telle richesse de dévouement, d'accueil… L'association "Enfants de Tanzanie" veut venir en aide à des petits, abandonnés, sans soins, orphelins. Elle ne veut pas apporter sur place des projets "clé en main" pensés en France, mais répondre à des besoins exprimés sur place par la population. Ne serait-il pas judicieux d'écouter cet appel, de soutenir et développer ces petites écoles qui correspondent à un besoin réel ?

    -"Père Arkadius, nous pouvons vous aider pour cette petite école". -"Ce serait bien, très bien. Ça donnerait le courage de continuer à ces gens qui se donnent beaucoup. Déjà ces petits accueils ont commencé à socialiser les enfants. Ils les préparent à réussir à l'école primaire."

       On fait une évaluation : un toit en tôle = 200000 shillings (140 Euros ), du bois, des clous, du ciment. Les briques ? Ce sont les parents qui vont les fabriquer sur place. Il faudra aussi payer quelqu'un qui apportera de l'eau pour donner à boire aux enfants avant qu'ils ne repartent chez eux car la plupart sont venus sans rien boire ni manger.

       Il faudra quelques meubles scolaires, des cahiers, des crayons…

    -"Combien d'Euros pour tout ça ? -3500 €. -Pour  sept stations ? -Oui, l'Euro est très fort en ce moment. » A mon retour, à l'unanimité, l'association a décidé d'envoyer les 3500 Euros.   

Et nous, peut-être serons-nous plus aptes à répondre à cette question :
"Que font donc les frères et sœurs en Tanzanie " ?

 

 

NOUVELLES BREVES DES SOEURS

Réélection de Sœur Colette :

Lors de leur chapitre général du mois de novembre, les Sœurs de la Congrégation de Windesheim ont réélu pour trois ans Sœur Colette Marthouret comme prieure générale. Nous l’assurons de notre prière pour ce service qu’elle assume avec compétence, simplicité et efficacité.  

Rwanda.

Eté 2005 entrée au noviciat de Christine et Pulchérie.
La communauté compte ainsi quatre professes perpétuelles, une est aux études en Angleterre avec soeur Gemma, trois novices, une postulante. 

Tanzanie.

Soeur Joséphina a obtenu le diplôme d’infirmière. Elle fera une spécialisation sage-femme l’année prochaine. Notre soeur a réalisé là un véritable exploit car  ses études ont été fortement perturbées par un accident grave en janvier 2005.

 Angleterre.

Soeur Gemma a terminé la 1ère année de sa formation en psychologie. Elle a apprécié cette formation et a commencé en septembre sa 2ème année.

Soeur Grâce a fourni un grand travail pour son année au centre Montessori à Londres. Ses efforts ont été récompensés puisqu’elle passe en deuxième année. Les stages et diverses formations pendant l’été ne lui ont pas permis de se reposer quelques temps à Champagne. C’est chez nos Soeurs Chanoinesses du Priory  qu’elle trouve refuge pour se reposer.

Champagne.

Après cinq années de formation à Champagne, soeur Consolatha, soeur Emma, soeur Victoria repartent en Tanzanie, heureuses de retrouver le pays, les soeurs, les frères et de se mettre au travail pour la communauté et la mission. Un petit pincement de coeur pour tous les amis qu’elles laissent ici mais les liens  demeureront malgré la distance.

 

Pratique, spiritualité et théologie de l’hospitalité
 aux premiers siècles de l’abbaye de Saint-Victor de Paris

« Refugium et solatium ibi transeuntium »

Après avoir traité dans le précédent numéro de l’Escarboucle de
« la pratique de l’hospitalité à Saint Victor de Paris »,
voici la suite du texte que le Père Patrice Sicard a communiqué aux frères lors de notre dernier chapitre.

2° partie.
Le statut de l’hospitalité dans la théologie spirituelle victorine
L’hospitalité devait recevoir aussi son intégration dans la théologie d’une école qui pensait sa vie commune. Ce trait distingue la fédération victorine des autres maisons canoniales, où ne se trouve pas ou se trouve moins cette réflexion enrichissante d’une pratique de vie.
Dans la spiritualité de la première génération victorine, cet accueil relève de l’activité du descensus par distinction d’avec l’ascensus vers Dieu, dans l’itinerarium mentis in Deum que sont pour eux « les voies du Dieu vivant » qu’ils veulent emprunter.

De ce descensus il est précisé qu’il se fait per compassione. Il a donc place parmi les composantes normales du processus mystique. Dans la séquence des « exercices spirituels » victorins (lectio-meditatio-contemplatio), il occupe un rang intermédiaire, celui de l’operatio, entre méditation et contemplation : c’est dire sa dignité. Il a place dans la vie spirituelle « normale ».
     Plus profondément, il relève chez les Victorins de leur théologie augustinienne de l’amour, laquelle est chez eux –explicitement chez Richard de Saint-Victor - d’essence trinitaire.
 

  • A ce titre, loin d’être un danger pour la vie de la communauté, il en est un accroissement. Car l’amour étant accru quand il est partagé, il faut donc des frères à aimer d’un amour égal, comme il convenait à la perfection de l’Amour de Dieu, qu’il ait un Fils à aimer.
     

  • B) Il en est non seulement un accroissement, mais une exigence qu’il faut dire ontologique : il faut que les religieux puissent communier, en vertu de leur amour réciproque même, dans le partage de leur amour mutuel pour un tiers, comme il convenait à la perfection de leur amour mutuel et réciproque que le Père et le Fils aiment un Tiers, l’Esprit-saint.
     

  • C) Il en est non seulement une exigence mais un élargissement « dignifiant ». Il est non seulement « descendant » vers le prochain reçu par la compassion, mais « égalisant » de ce même prochain à qui une dignité est ainsi communiquée qui touche son être : pour que l’amour entre le Père et le Fils soit parfait il doit être partagé ; pour qu’il soit entièrement partagé ces « deux » doivent l’exercer ensemble sur un Tiers ; pour qu’il soit partageable en sa totalité de perfection, ce tiers doit être égal aux deux amantes, et donc parfait, comme l’est l’Esprit-saint, ou « perfectionné » comme l’hôte « reçu ».

Celui-ci entre ainsi, à un titre spécifique, dans la « famille victorine » (le mot est utilisé à Saint-Victor du XIIe à la fin du XVIIe s.). Ou plus exactement c’est celle-ci qui s’étend à lui et qui reçoit de lui un trait de sa perfection. Quoiqu’il en soit de la distinction entre un accueil « de groupe » ou « individuel », l’hospitalité y est toujours « personnelle ».
     
Ce qui introduit à une autre et dernière caractéristique qu’il faut rattacher à l’ecclésiologie victorine: l’hospitalité diversement intégrante. L’Église a un cœur, qui est la charité de l’Esprit-saint ; et elle a un corps animé de cette charité ; l’appartenance à l’Église a divers degrés selon l’intensité de la charité et le statut spirituel et ecclésial de chacun.

La communauté canoniale présentera la même nature ; son agir aussi, donc aussi son hospitalité : il y a du plus et du moins, sensible dans la durée du séjour, dans les lieux d’accueil (hôtellerie ou parties claustrales) et les activités auxquelles l’hôte prend ou non part. L’image de cercles concentriques en camaïeu traduirait le moins mal ces réalités théologiques et pratiques

 

Quelques dates à venir
pour la Congrégation et la Confédération :

 

Le Samedi 29 avril 2006 à Champagne aura lieu l’ordination sacerdotale du Frère Emmanuel Granger. Un chapitre rassemblera les frères quelques jours auparavant. Nous participerons ainsi le Jeudi 27 avril 2006 : à une journée communautaire consacrée à la grande figure d’Achard de saint Victor.

 

Les 19 et 20 août 2006 sera célébré à Chancelade le 25ème anniversaire de la béatification d’Alain de Solminihac. Les diverses Congrégations de la Confédération seront invitées à ces journées présidées par Mgr Turini, successeur d’Alain sur le siège de l’évêché de Cahors et par Mgr Bitz, Abbé Primat de notre Confédération.

 

Du 4 au 8 septembre 2006 les délégués au conseil primatial se réuniront à Neustifft (Italie du Nord) pour la semaine d’étude préparatoire au Congrès de la Confédération qui se tiendra en l’Abbaye de Vorau (Autriche) du 16 au 20 juillet 2007

 

Le prieuré de Montbron fête ses vingt ans.

Voici un bref historique du prieuré Marie-Médiatrice.

Le 15 août 1985, les pères Gilbert Minodier, prieur, Michel Vacher, Régis de Jabrun et Roland Gébach ainsi que le frère Alain Therrat s’installent au prieuré de Montbron, à la demande de monseigneur Rol, évêque d’Angoulême. Ils desservent six communes.

       Quatre communes en 1987, puis le canton de Montemboeuf  en 1989, viennent s’ajouter au ministère de la communauté.
Le 8 décembre 1991, le père Luc Ravel succède au père Gilbert. Au long de ces années de nombreux frères prennent leur part du travail pastoral :
les PP Michel Vacher, Jean-Régis Fropo (1993), Christian Snell (1994), Michel Scotto di Perta (1995).

Le 8 septembre 1996, le père Olivier-Marie de Premesnil succède au père Luc Ravel comme prieur et curé de Montbron. La venue du père Baltazar manifeste une présence africaine de plus en plus vive au sein de la communauté.

       En 1997, Monseigneur Claude Dagens nous confie les communes du canton de La Rochefoucauld, (10132 habitants). Le Père Olivier-Marie en devient le curé et doyen du doyenné Tardoire et  Bandiat, le Père Christian devient curé de Montbron. Le Frère Vincent Primerano, diacre permanent, arrive en 1999 suivi du Père Louis-François Rigano en l’an 2000, et du père Bernard Jobert.

       En 2003 décède le P. Jean-Louis Demontoux. La communauté se voit alors confier les sept villages du secteur de Marthon (2193 habitants), charge qui coïncide avec l’arrivée du Père Jean-Paul Hervouët. En 2004, le Père Bernard Jobert est nommé curé de Chabanais (7 communes : 6763 habitants), tandis que le Père Justin Ayivodji, prêtre du diocèse de Cotonou, vient demeurer avec la communauté pour deux années.

       Enfin, au mois de septembre dernier, la communauté se voit confier la paroisse du Sacré-Cœur à Angoulême (6000 habitants), ainsi que l’aumônerie du 1er RIMA et de la Gendarmerie. Le Père Christian en est le curé, le Père Olivier-Joseph Trouard-Riolle, qui arrive de Chancelade, travaille avec lui et sur la paroisse et comme aumônier militaire. Alors qu’arrive Père Jean-Claude Dagut à La Rochefoucauld - le Père Jean-Paul Hervouët devient curé de Montbron (il est depuis septembre 2004 membre de l’équipe d’enseignement du séminaire de Bordeaux).

 

Dimanche 18 septembre 2005 :
Installation des
PP Christian et Olivier Joseph
à l'église du Sacré-Coeur d'Angoulême.

 

 

Prieuré Marie Médiatrice,
7 faubourg Saint Maurice
16220 Montbron
Tél. 05 45 70 71 82
prieure.montbron@wanadoo.fr

 

Au revoir René…

Le passage vers la vie d’un familier de Montbron

 

L’été dernier, monsieur René Laurent nous quittait. Voici le mot d’introduction prononcé par le père Christian lors des funérailles, le 11 juin 2005.

      « Heureux les doux, ils obtiendront la terre promise. » Voilà une béatitude qui correspond bien à René. Cette terre promise, il l’a vécue déjà avec son épouse Henriette au long de leur 76 ans de mariage.

       76 ans de  délicatesse, d’attention, de fidélité. 76 ans de bonheur avec leurs enfants, petits enfants et arrières petits enfants. 76 ans à se soutenir l’un l’autre, à marcher ensemble.

      

 Voilà qu’il est parti le premier à presque cent ans vers cette terre promise qu’est la vie même en Dieu. La séparation est physique, il est vrai, mais pas spirituelle. Dieu ne casse pas ce qu’il a construit. René continue à nous accompagner, à nous aider puisque voyant le Père, le Fils et le Saint Esprit, il peut intercéder pour nous.

       C’est donc une action de grâce que nous voulons faire monter vers Dieu aujourd’hui : action de grâce au Seigneur pour cette belle vie presque centenaire. Action de grâce pour ces soixante-seize années vécues dans la tendresse, le respect mutuel et l’amour.

 

 

 

Fraternité canoniale

24 juin 2005 : assemblée générale.

       Celle-ci réunissait à Champagne pas moins de soixante dix participants. Il fut surtout question des grands moments qui ont marqué la vie de l’Abbaye tout au long de cette année.

       La présentation d’un diaporama sur le prieuré de Basotu a également permis de terminer en beauté la visite de l’ensemble des prieurés : ceux du sud-ouest en 2004, celui de Bourg-lès-Valence cet été, et donc la Tanzanie via la video, fin juin.

       Le père Abbé en a profité pour donner un compte rendu de ses différents voyages en Tanzanie, en Pologne, Autriche et en Suisse en sa qualité de primat de la Confédération. Il a rappelé sa présence au Vatican pour les funérailles de Jean Paul II et lors de l’élection de Benoit XVI.

       L’assemblée générale s’est poursuivie par une Messe célébrée à la mémoire des associés décédés et s’est achevée avec le traditionnel méchoui.

       Cette soirée annuelle a permis de se rencontrer, de se tenir au courant des activités de la Communauté, et de se retrouver, ensemble, à l’Abbaye, en famille, dans l’amitié, le soutien et la fidélité.

 

 

Mgr Henri Brincard promu
dans l’ordre de la Légion d’Honneur.

 

Le 13 juillet dernier Mgr Brincard, Évêque du diocèse du Puy a été promu comme Officier dans l’ordre de la légion d’honneur. Notre Congrégation se réjouit de cette distinction par laquelle notre Pays reconnaît les efforts consentis par notre confrère au sein du diocèse, de la ville du Puy et de toute la Haute-Loire, pour tous « ses mérites profitables à la collectivité ». Le Général Gobilliard, Gouverneur des Invalides, en remettant à Mgr Brincard les insignes de cette distinction, souligna le sens de l’accueil propre à Mgr Brincard. Une qualité particulièrement appréciée à l’occasion du jubilé durant lequel plusieurs dizaines de milliers de pèlerins se sont succédés au Puy-en-Velay.
Ils ont pu bénéficier d’une remarquable organisation toute entière au service de la démarche spirituelle que les visiteurs-pèlerins étaient invités à accomplir.

 

 

Le Prieuré de Chancelade.

 

 

     Le visage de la communauté s’est modifié ces derniers mois avec le départ pour d’autres ministères de trois confrères : les PP. Olivier Trouard-Riolle, Bruno Fabre et le Frère Simon Mikindo ont en effet été appelé à exercer leur ministère en d’autres lieux. Les manifestations organisées tant par les paroisses que par les autorités civiles - à Saint Astier tout particulièrement - ont permis de mesurer combien le travail de nos frères fut apprécié et leurs personnalités estimées. Depuis le mois de septembre nous avons la joie d’accueillir le Père Ludovic Basset-Chercot ordonné il y a peu et qui découvre ici les joies du ministère pastoral.

Quelques temps forts ont marqué la vie de la communauté :

Le dimanche 24 juillet  une rencontre des familiers de nos deux communautés de Montbron et de Chancelade a donné l’occasion à une trentaine de personnes de se retrouver, de se découvrir et de partager sur la nature du lien spirituel qui les unit à la communauté. Le besoin de tels « temps forts » est apparu comme nécessaire et utile aux nombreux amis avec lesquels des liens de fraternités, de prière et d’amitié se sont noués autour de notre tradition augustinienne et canoniale.
 

Le 14 septembre une célébration forte et émouvante rassemblait la communauté chrétienne à l’occasion du dixième anniversaire de la mort du P. Laurent Beaucoud. Autour de ses parents, du Père Abbé, du P. Jean-Marie Bouron, représentant Mgr Mouïsse notre évêque  et de nombreux confrères de la communauté et du diocèse, nous avons rendu grâce pour la trace encore sensible de son passage au milieu de nous. Une soirée autour du thème :
«  prêtre, qui es tu et qui es tu pour moi »
rassembla pour la soirée des fidèles des paroisses sur lesquelles travaillent les frères.

 

 

Le Centre spirituel et le Logis de l’Abbé…

 

 

Tout au long de l’été un effort particulier a été entrepris pour proposer aux touristes et aux fidèles habitués du Centre spirituel des temps de ressourcements, des conférences et des visites guidées de l’ensemble abbatial. Nous avons été les témoins de ce que ce site de Chancelade marque ceux qui le découvrent, porte ouverte sur le monde spirituel. Cet effort se prolonge avec le programme 2005-2006 du Centre Bx Alain de Solminihac, qui rassemble un auditoire fidèle et de plus en plus nombreux. Cela nous encourage, confiants dans la Providence, à avancer pour que rayonne toujours davantage, en ce lieu, l’idéal canonial et qu’il puisse participer, pour sa part, au travail de la nouvelle évangélisation.


Ainsi est née l’association : « Les Amis de l’Abbaye de Chancelade ».

Naissance d’une association : Voici un an que le diocèse de Périgueux a acheté le bâtiment appelé le « Logis de l’Abbé », et qu’il l’a confié à la communauté de Chancelade. Celle-ci doit maintenant réhabiliter et faire vivre ce lieu d’histoire, de culture et de prière.Les travaux à entreprendre sont très importants.
C’est la raison pour laquelle a été créée une association, « Les Amis de l’Abbaye de Chancelade ».

Son objectif : 1°, apporter son soutien moral et matériel à la restauration, à l’aménagement et à l’entretien des bâtiments confiés à la communauté ; 2°, aider la communauté pour que fonctionne, au service de tous, ce haut lieu de la vie religieuse et culturelle en Périgord ; 3°, maintenir et accroître le renom de l’abbaye de Chancelade.

Vous le voyez, ces objectifs sont ambitieux mais, avec l’aide de chacun, il sera possible d’avancer pour la réalisation de ce projet. Le Bienheureux Alain de Solminihac disait : « Ceux qui aiment ardemment voudraient se donner mille fois à la chose bien aimée, et ne se lassent jamais ». Ensemble, relevons ce défi ! Avec ce numéro de l’Escarboucle, vous recevez aussi une feuille d’information sur l’association. Merci de votre aide et de votre prière, elles nous seront précieuses. Et que chacun se sache invité à découvrir de visu la beauté de ce lieu. Pour tous renseignements, et pour adhérer à l’association des « Amis de l’Abbaye de Chancelade », vous pouvez prendre contact avec le Père Louis de Romanet, Prieuré de Chancelade, Place de l’Abbaye, 24650 CHANCELADE. 

Prieuré de Chancelade,
Place de l'Abbaye,
24650 Chancelade
Tél 05 53 04 10 46
louis.de.romanet@wanadoo.fr
pkc.a.chapeau@wanadoo.fr

Dessin réalisé par P.Michel Laurent

 


 

 


L'ESCARBOUCLE N° 3

           Sommaire

          Éditorial par Mgr Maurice Bitz, Abbé général et Primat de la confédération
          Les Martyrs du XX° siècle
          Visite au Rwanda
          Promesses en Tanzanie
          Communauté des soeurs
          Tanzanie, 20 ans après !
          Cologne 2005
          Jubilé de l'Espérance
          Cassis à quoi ?
          Les familiers de la Congrégation
          Le pape
      Du côté des Prieurés
          Prieuré Montbron.
           Prieuré St Augustin de Bourg les Valence.
          Prieuré de Chancelade - Saint-Astier.
      Où est-il ? Que fait-il ?
          Père Patrice Sicard
           Père Sébastien

 

 


 

 

Éditorial

Congrès de la Vie religieuse à Rome – Novembre 2004

La Bonne Nouvelle de la Vie consacrée
à l’heure de la mondialisation
par les deux Unions des Supérieures Générales et Supérieurs Généraux ; ce Congrès a été un évènement sans précédent, par le nombre de participants d’abord. Il en regroupait 850, dont 95 de l’Afrique, 250 de l’Amérique, 92 de l’Asie, 394 de l’Europe.

Nous étions répartis pour les échanges par groupes d’une douzaine. J’étais à la même table qu’un Père Jésuite, Président de la Conférence des Religieux de Grèce , d’un Père Carme du Burundi, secrétaire apprécié du groupe, ainsi qu’avec la Supérieure des Chanoinesses hospitalières du Canada.

Parmi nous, outres de nombreux Supérieurs Généraux et Présidents des Conférences nationales de Religieux et Religieuses, des représentants des jeunes religieux et religieuses tenaient toute leur place. Cette grande diversité allait-elle nuire à la qualité de la rencontre ? Il n’en fut rien. Ce qui ressortait c’était la joie de tous nous retrouver. La grande famille de la Vie religieuse dans l’Eglise, grand arbre aux branches multiples, témoignait de sa vitalité.

 Certains redoutaient que certaines thèses d’aujourd’hui, certaines idéologies -qui parfois pèsent sur nos églises et communautés occidentales -,  prévalent en raison du nombre et de la diversité des participants. Cela n’apparut guère ou, du moins, fut sans impact. La diversité des participants, la présence des jeunes églises a conduit à un heureux rééquilibrage. Personnellement, ayant fréquenté depuis 1972 de nombreuses réunions à ce niveau, j’ai été frappé par l’accent mis sur l’essentiel, résumé dans le thème du Congrès, Passion pour le Christ, passion pour l’humanité.

Mgr Maurice Bitz, Abbé général et Abbé Primat de la Confédération

 

 


 

Les martyrs du XX° siècle

Ces journées ont été marquées par une veillée de prière organisée par la Communauté de Sant’Egidio, à Santa Maria in Trastevere. Cette communauté a été fondée en 1968 par un groupe de jeunes lycéens de Rome. Ils ont décidé de se mettre au service des enfants pauvres du Trastevere et de prier ensemble chaque soir. Ce mouvement compte aujourd’hui plus de 5000 membres dans 70 pays, au service des pauvres, de la paix et du développement. Nombreux furent les membres du Congrès qui se joignirent à la veillée, consacrée aux religieux et religieuses et prêtres, martyrs du XX° siècle. Je m’y suis rendu avec le Père Johannes Hayuma et le Père Sébastien Revirand. Lorsqu’on évoque le début de l’Eglise on est frappé par le nombre impressionnant de martyrs. Ils ont donné leur vie pour le Christ en un beau témoignage de leur foi. Mais jamais il n’y eut autant de martyrs qu’au XX° siècle. Il était important qu’après avoir redit l’appel à « donner sa vie jusqu’au bout », après avoir insisté sur la radicalité du don de notre vie consacrée, on puisse célèbrer « la nuée de témoins » qui partout sur notre planète, en ces dernières décennies, ont offert leur vie pour l’Evangile. « Voilà pourquoi nous aussi, enveloppés que nous sommes d’une si grande nuée de témoins, nous devons rejeter tout fardeau et le péché qui nous assiège et courir avec constance l’épreuve qui nous est proposée. » (Hébreux XII,1-2). Tous ces martyrs nous laissent un testament : Ils nous appellent à fixer Jésus, auteur de notre foi et qui la mène à la perfection. Ils nous invitent, religieux, à revenir sans cesse aux sources de notre vie consacrée. Il s’agit de vivre du charisme fondateur d’une manière toujours actuelle, en vérité et en cohérence avec notre vie de tous les jours, dans le quotidien, dans notre genre de vie et nos gestes. Ils nous stimulent à puiser une énergie nouvelle dans la contemplation de ces exemples que sont pour nous ces frères qui ont donné leur vie jusqu’au bout : de l’Evêque Romero de San Salvador, assassiné il y a 25 ans alors qu’il célébrait la messe, du Père Gabriel Longueville, Ardéchois Fidei donum assassiné à Chamical, en Argentine, ainsi les Trappistes de Tibérine, restés moines au milieu de l’Algérie en flammes, ainsi les quarante jeunes martyrs de Buta au Burundi, frères à la vie, à la mort. Et de nombreux autres, une multitude.

 


 

Visite au Rwanda
de soeur Colette, Supérieure générale des Soeurs de Windeshein-Saint Victor

La communauté de Notre Dame de la Paix

Du 25 janvier au 15 février dernier, je suis allée au Rwanda pour rendre visite à la communauté de Notre Dame de la Paix à Rwamagana dans le diocèse de Kibungo. Cette communauté est sous la responsabilité de notre Congrégation. Elle a été fondée en avril 2001 à la demande de Monseigneur Frédéric Rubwejanga, l’évêque du diocèse. Elle compte actuellement quatre professes perpétuelles, (trois rwandaises et une burundaise) ainsi qu’une novice et trois postulantes. Etant peu nombreuses et encore dans les débuts, les Soeurs n’ont pas directement un apostolat. Cependant, une des professes est enseignante à l’école des aveugles qui se trouve dans la même commune et les Sœurs sont fort sollicitées par des personnes ayant besoin d’aide.

Lorsque je suis arrivée, elles avaient accueilli une jeune orpheline du génocide qui cherchait un logement pour pouvoir poursuivre ses études. Actuellement, grâce aux démarches qui ont été faites, cette jeune fille réside dans une maison tout près de son école à Kigali.

Une vie rude…

La vie quotidienne est assez rude pour nos Sœurs car elles sont peu nombreuses et doivent mener de front la formation des jeunes qui sont chez elles, l’accueil des multiples visiteurs, venant quémande une aide ou simplement une écoute, et l’entretien de la propriété. Elles cultivent beaucoup et ont la chance d’avoir une excellente bananeraie qui leur fournit diverses bananes à longueur d’année. Il paraît qu’on a comptabilisé 82 sortes de bananes au Rwanda. Nos Sœurs n’en ont pas autant mais ce qu’elles ont leur permet de se nourrir et d’apporter de l’aide à d’autres. Elles ont aussi des légumes ainsi que du bétail (vaches et chèvres), des poules et autres volailles

 


dans un pays apaisé.

Actuellement le pays est tout à fait calme. Certes, on parle encore beaucoup du génocide surtout à cause des tribunaux populaires qui ont commencé à fonctionner depuis un an ou deux mais la vie l’emporte sur tout ces souvenirs de mort. Il est difficile cependant de ne pas sentir le traumatisme qui pèse sur une grande partie de la population. Il faudra des années avant que la blessure ne soit cicatrisée.
En tout cas, arriver dans ce pays devient un vrai plaisir car on y est bien accueilli et il est grouillant de vitalité. Les transports sont bien organisés et très sûrs à cause d’un contrôle policier sévère. 

Les rapports entre l’Eglise et l’Etat sont bons. Le président Kagame a rencontré les évêques rwandais dernièrement et a répondu à toutes leurs questions. Au terme de cette réunion, il a émis le désir de les rencontrer chaque année.

Le soir de mon départ, dans la salle d’attente de l’aéroport, une religieuse missionnaire qui est au Rwanda depuis plus de 30 ans, m’a parlé de sa Congrégation présente aussi au Congo voisin. Ces religieuses ont vécu l’insécurité de la guerre dans les deux pays et continuent même à la vivre au Congo. A travers son récit et le rayonnement personnel de cette Sœur, j’ai réalisé que vivre dans de tels pays peut amener à manifester une foi assez radicale et à éprouver de ce fait l’extraordinaire Présence du Seigneur là où on pourrait le croire absent

Soeur Colette
 

 


 

Promesses perpétuelles en Tanzanie

Le 30 octobre, à Basotu (Tanzanie), a eu lieu la cérémonie des promesses perpétuelles de Sœur Justina Boniface Arkadi. Le Père Maurice, Sr Marie Geneviève, Sr Beatrijs (supérieure des Chanoinesses de St Victor d’Ypres) et Sœur Colette y ont participé.


Un Peuple immense que nul ne pouvait dénombrer.
L’an dernier, à la même époque, la communauté des Sœurs célébrait les promesses perpétuelles des Sœurs Joséphina, Monica et Gemma. Cette année  bien que moins nombreuses pour assurer les préparatifs de la fête, les Sœurs ont réussi un tour de force car on ne connaît le nombre d’invités que d’une manière approximative. Il y en a eu environ 1500.
Les Frères ainsi que des gens du village volontaires étaient là pour aider. Parmi d’autres, une dame musulmane, en plein ramadan, a préparé depuis 5h du soir jusqu’à 7h du matin le « pilau » (prononcer pilao), excellent ! Des membres de la tribu locale des « Barbaïk » sont venus préparer la bière à base de miel que les invités ont pu déguster durant le repas de fête. C’est la deuxième fois que nous assistons à ces préparatifs et cela nous remplit d’admiration.
Sr Justina habite dans la région de Dareda, non loin de Basotu. N’ayant plus sa maman, c’est son papa et sa marraine de baptême qui l’ont entourée avec ses frères, sœurs et oncles.
L’eucharistie a eu lieu à 10 heures dans une église pleine. Les Frères avaient organisé au mieux l’aménagement pour permettre à un maximum de personnes de participer à la cérémonie dans de bonnes conditions.


Une autre fécondité :

De vénérables vieillards, les anciens de la tribu « Barbaïk » se sont présentés à la porte de l’église, on leur a donné une place sur les bancs d’honneur dans le chœur. Ainsi ont-ils pu se sentir tout à fait des nôtres. Cela manifestait bien la multitude rassemblée à la fin des temps dans le Royaume, dont nous parlent les textes de la Toussaint célébrée le lendemain en Tanzanie. Le Père évêque a développé un point très important pour tous les participants : la fécondité. Pour la plus part de ceux qui étaient présents, renoncer au mariage et aux enfants, être stérile est le plus grand des malheurs. Monseigneur Ruwa’ichi a expliqué en termes simples et touchants comment la consécration religieuse est le signe d’une fécondité différente de celle du mariage mais tout aussi réelle et qui peut être plus grande encore.

Quand on sait combien avoir des enfants est important en Afrique, ce message prononcé par un Africain avait une portée profonde.
Pendant le repas qui a suivi, chants et danses ont été interprétés par les chorales de Basotu, Dareda et Haydom ainsi que par les enfants de Marie dont les Sœurs sont responsables. Cette année, le village a fait un effort tout particulier pour donner une animation qui a duré de 13h à 18h : chants, danses, acrobaties, théâtre, discours.

 C’était la fête non seulement d’une communauté religieuse mais de toute une famille humaine. La joie était profonde dans le cœur de tous ceux qui étaient là. Dieu était le grand Présent !

 

 


 

 

Communauté des soeurs

Accident.

Décembre 2004 - Voici ce que rapporte Sr Marie-Geneviève au retour d'une visite à la communauté en Tanzanie.

« J'ai pu voir Sr Joséphina. Je ne comprends pas comment elle est encore en vie. Nous avons remercié saint Joseph pour sa protection.
Alors qu'elle était avec d'autres étudiants, en mission sanitaire dans une région très reculée, inaccessible par la piste, on ne peut l'atteindre qu'en camion, le chauffeur a mal apprécié la hauteur en passant sous un arbre à grande vitesse. Une énorme branche a fauché les têtes des passagers qui se trouvaient dans la benne. Une femme a été projetée à terre, tout le monde s'est précipité en bas pour la secourir sans s'apercevoir que Sr Joséphina avait, elle aussi, été touchée et était dans le coma. Il s'est passé un bon moment avant qu'on s'en aperçoive. Heureusement il n'y a pas eu de fracture, mais des déchirures énormes sur le crâne, à quelques millimètres d'un œil et à une oreille. Elle est sortie du coma et le plus inquiétant semble passé. Elle est retournée à l'école d'infirmières."

Retour des sœurs à Champagne

Janvier 2005

Sr Emma Sr Consolatha, Sr Victoria sont revenues à Champagne après un séjour à Basotu pour les promesses perpétuelles de Sr Justina B. Elles sont maintenant professes temporaires. Elles continuent leur formation à la vie religieuse et se perfectionnent en français.

Stage

Basotu. Janvier 2005.
Sr Monica est rentrée en communauté après un an d'absence. Elle a suivi à Tanga, en Tanzanie, une formation pour pouvoir enseigner à l'école primaire. Elle a heureusement obtenu de pouvoir faire son stage à l'école primaire de Basotu, à quelques minutes à pied de la communauté. Sa présence comme "mwalimu"(enseignante) dans une école de l'État est un témoignage de l'ouverture de la communauté. 

Formation

Sœur Eva suit cette année la même formation que Sr Monica pour devenir enseignante. Elle a découvert son attrait et ses dons pour l'enseignement en rassemblant pour les aider des enfants de l'école qui n'arrivaient pas à lire et à écrire.

 


Tanzanie, 15 ans après !

Le temps des découvertes…

Il y a quinze ans, avec le Père Abbé et quelques frères et sœurs, nous entrions dans un mirage : l’excitation d’une longue nuit d’avion, le manque de sommeil, la nouveauté de la situation nous faisait poser sur l’Afrique un regard neuf, émerveillé, rapide et naïf. Au Kenya, Nairobi et ses immeubles ultramodernes de verre et d’acier, enchâssés dans des allées d’arbres aux fleurs rutilantes, savaient encore nous cacher l’effroyable misère de tant de pauvres gens emballés dans des cartons ou des sacs poubelle ; l’omniprésence militaire et policière tâchait (moyennant finances et force péages plus ou moins officiels) de donner au juteux touriste un agréable sentiment de sécurité où l’aventure et ses risques prenaient la forme sournoise des moustiques paludéens et des fauves invisibles.

La laborieuse location d’un minibus à l’allure improbable ouvrait à notre groupe de huit, rejoint peu à peu pas une dizaine de clients supplémentaires imposés et encombrants, la route chaotique, semée de nids de poules et de barrages policiers à but lucratif, vers Arusha en Tanzanie. Même si nous étions venus pour construire un monastère, nous nous laissions volontiers apprivoiser par un brin de « safari » où le cratère de Ngorongoro et son paradis terrestre nous faisait supporter les heures éprouvantes de piste défoncée et poussiéreuse.

 

Le temps des Semailles…

              Et voilà Basotu, son lac merveilleux et dangereux (amibes, fluor, eau saumâtre, hippopotames...), une immense plantation de céréales couronnée à l’horizon par la majestueuse silhouette du volcan « Hanang » (nous sommes dans le Rift), des cabanes éparpillées au milieu d’épineux et de maigres buissons. 35 degrés à l’ombre des acacias, une terre noire, richement volcanique, où la pelle cherche en vain les cailloux à plusieurs mètres de profondeur, que seul le manque d’eau empêche de devenir un foisonnant jardin. Imaginez notre émotion lorsque nous avons planté le premier piquet de chantier, n’importe où, au hasard, puis tiré un cordeau en visant le sud à la boussole, reliant le deuxième piquet qui, alors, prenait un sens, une orientation, devenant une promesse de fondations et de murs bien droits !

Nous nous faisions l’effet, sans doute, de ces prêtres païens qui traçaient avec un soc tiré par des bœufs le « cardo » et le « decumanus », ces deux axes perpendiculaires d’où jaillissaient des villes entières du temps de la Rome antique. Quelques jours plus tard, taillée et assemblée par notre frère charpentier, une croix de plusieurs mètres dominait le terrain où nous nous préparions à construire un nouveau prieuré, « Champagne-es-Basotu » au milieu d’antiques tribus d’Irakou et de Barbaigk, autour d’un splendide acacia centenaire, torsadé comme les colonnes du baldaquin de Saint-Pierre de Rome.

Lente croissance.

              Aujourd’hui, j’ai quinze ans de plus, les longs voyages en avion m’amusent beaucoup moins et me donnent envie de changer de chaussures. La route est meilleure, le pays se développe, le macadam grignote la piste de plus en plus vite, les piétons deviennent cyclistes, les 4x4 foisonnent et les camions sont souvent en bon état (vous n’avez pas idée de ce que l’on voyait rouler il y a quinze ans !). Tout au long de la route, l’horizon est souligné par la ligne haute tension qui traverse le pays. Le voyage est moins long, moins poussiéreux, moins passionnant aussi, tant il est vrai que l’on s’habitue trop vite à tout. Au bout de la route, le Prieuré « Notre-Dame de Bethléem » nous dévoile à présent ses quatorze cases rondes de brique et de pierre, aux toits couleur de feuille, parfaitement intégrées dans le paysage, l’immense église aux rondeurs généreuses et massives, rassurante et accueillante, le futur bâtiment de la communauté encore en chantier, aux formes peu banales, et bien d’autres constructions bien réparties, abritant nos sœurs d’un côté, les novices de l’autre, le tout dans un vrai parc semé de pelouses, d’arbustes, de haies, de fleurs, et même de bananiers qui font les délices des frères, des sœurs et des singes. Tout un système d’irrigation, à partir d’une station de pompage et d’un grand château d’eau en forme de tour de garde, donne vie aux religieux et aux habitants de la région, qui viennent souvent de plusieurs dizaines de kilomètres pour se procurer de l’eau chez nous, « en France », comme ils disent.

 

Labeurs, premiers fruits et difficultés de la moisson

              Nos frères et sœurs tanzaniens ont à présent la charge pastorale de toute une région, trois grandes paroisses et de nombreuses stations, où ils expérimentent la vie canoniale d’une façon de plus en plus semblable à ce que nous pouvons vivre ici, en France : la « double priorité » qui caractérise notre vie religieuse, à la fois familiale et pastorale, y donne les mêmes joies et pose les mêmes problèmes, polit les cœurs, éprouve tout un chacun, se heurte aux difficultés matérielles (les moyens de transports restent rares et coûteux) et malaxe la communauté qui grandit, mûrit, s’approfondit dans la foi et la charité. Comme à Champagne ou dans nos divers prieurés, les crises ne sont pas rares, mais sont toujours formatrices.

 

Et si nous avons autrefois rêvé apporter à nos lointains frères africains culture et civilisation, et si un peu plus tard, nous avons rêvé qu’ils nous apportent à leur tour joie de vivre et communion, nous sommes aujourd’hui, les uns comme les autres, devenus plus modestes, conscients d’appartenir à la même humanité, partageant les mêmes qualités et les mêmes faiblesses, orientés vers la même et unique espérance, soudés en un même Corps par notre Sauveur, Jésus-Christ. Là-bas comme ici, les catéchistes ont de plus en plus de mal à galvaniser les enfants, les prêtres s’efforcent, parfois en vain, de stimuler de bonnes volontés missionnaires, l’Église grandit silencieusement et humblement, à côté de sectes hurlantes ou de projets de développement plus ou moins pharaoniques.

 Quinze ans plus tard, c’est une vraie communauté canoniale qui vit en Tanzanie, et participe, avec sa couleur particulière, à l’avènement du Royaume :

« Nigra sum sed formosa » !

 

 


 

J.M.J. 2005 à Cologne

8 questions pour tout savoir sur le projet de l’Abbaye.

 

1. Quand ?
Du mercredi 10 au lundi 22 août 2005.

2. Où ?

Par route de Champagne jusqu’à Mayence, en passant par Flüeli, en Suisse alémanique, où nous découvrirons la figure étonnante de Saint Nicolas, patron de la Suisse, et par Maria Bronnen, en Forêt Noire, chez nos confrères allemands chanoines de la Vie Commune. Puis en bateau, de Mayence à Cologne, dans cette partie du Rhin si pittoresque (châteaux, rocher de la Lorelei, etc.) Nous serons logés dans des gymnases ou des écoles mais aussi dans des familles allemandes.

3. Qui ?

Pères, frères et sœurs de la Congrégation, jeunes de 18-30 ans, étudiants, jeunes professionnels célibataires ou mariés, à ce jour nous comptons environ 200 inscrits en dehors des membres de la communauté, nous retrouverons aussi des jeunes en lien avec d’autres congrégations de Suisse, d’Italie et d’Allemagne pour 3 jours de rencontre à Maria Bronnen et avec la présence de notre Père Abbé, Primat de la Confédération.

4. Pour quoi ?

Pour répondre à l’appel du Saint Père à partir à la rencontre du Christ et à venir l’adorer (la phrase de saint Matthieu « Ils sont venus l’adorer » a été choisie comme thème par Jean-Paul II pour ces journées).

 

 

 

5. Comment s’inscrire ?

www.abbaye-champagne.com/jmj2005
est l’adresse ou s’inscrire par le net, ou par courrier :
JMJ 2005 Abbaye Saint Pierre
07340 CHAMPAGNE

6. Où se renseigner ?

En téléphonant à l’abbaye au 04-75-34-19-20 ou en envoyant un E-Mail à l’adresse suivante : champagnejmj2005@wanadoo.fr

7. Comment se préparer ?

En participant, pour les jeunes, aux week-ends de préparation spirituelle (qui ont eu lieu en mars et mai) et en priant à l’intention des JMJ comme le font déjà plusieurs monastères et familiers proches de l’Abbaye (le 6 février, nous avons rencontré, pendant une heure, les sœurs du Carmel de Surieu (Isère) et participé à leur oraison).

8. Comment financer le voyage ?

Pour permettre à tous de partir, nous avons volontairement fixé un prix inférieur au coût réel du voyage. La distribution de tracts de parrainage, l’organisation de divers évènements - comme par exemple la soirée choucroute du 5 mars qui a rassemblé 120 personnes - et votre générosité devraient nous aider à combler ce déficit. Ceux qui voudraient parrainer peuvent envoyer leur don à l’abbaye, à l’ordre de « Fraternité canoniale - -jmj2005 », avec possibilité de reçu fiscal.
 


     

 


 

  Jubilé de l'Espérance

Au Puy, depuis le moyen âge, l’Eglise fête un Jubilé chaque fois que le Vendredi Saint tombe le 25 mars,
 ce qui est le cas cette année.

A l’occasion de cet événement, la communauté propose deux démarches originales :

- Une marche pèlerinage, du 9 au 17 juillet 2005 : Marcher sur les routes de St Jacques, de Champagne au Puy en Velay, accompagné par le P. Luc Ravel et des frères de la communauté.

- Un week-end jubilaire au Puy, du 15 au 17 juillet.

Pour tous renseignements :

www.abbaye-champagne.com/celib ou http://jubiledupuy.cef.fr ou jubiledel’esperance@yahoo.fr

 

Cassis à quoi ?

 

Les bâtiments de l’hôtellerie de l’abbaye de Champagne changent de nom.
Depuis quelques semaines, divers bâtiments de l’abbaye ont reçu un nom… Découvertes :

 Augustin plutôt qu’Asterix.      

Par une froide journée de janvier, une dame aimable, décontractée, sonne à la porte de l’abbaye. Elle demande à parler avec le frère hôtelier. « Il arrive. » lui répond-on. Elle se retourne, un frère arrive en courant. « Je m’appelle frère Didier, je suis le frère hôtelier. » « Je suis Mme B. Je viens reconnaître les lieux pour le groupe de confirmands qui doit venir en février. » « Enchanté, répond Fr. Didier, vous logerez à Cassiciacum. » « Casssis à quoi ? » dit-elle étonnée. «  Nous venons de changer les noms des bâtiments de l’hôtellerie de l’abbaye" répondit frère Didier en souriant. La maison où vous logerez s’appelait « Lamartine » car le célèbre poète y a logé. Nous l’avons rebaptisée « Cassiciacum ». Nouveau rire étouffé de Mme B. : « Et pourquoi pas Petitbonum ou Babaorum comme dans Astérix ? »

 De Madaure à Cassiciacum

Ce dialogue, vous auriez pu l’avoir vous même en arrivant à l’abbaye, découvrant les nouveaux noms des bâtiments de la communauté. Le père Louis François et le frère Didier se sont creusés la cervelle pour adapter les noms aux bâtiments en choisissant parmi les lieux de résidence successifs de saint Augustin. 

Madaure (ex Noviciat) : C’est là que le grand saint a fait sa scolarité. Comme ce bâtiment abritait les novices aux débuts de l’abbaye, elle s’appelait le « noviciat ». Les novices sont un peu les écoliers de la vie religieuse. Saint Augustin dans ses écrits racontait qu’il était un élève turbulent qui se faisait battre par ses professeurs, mais c’était dans les mœurs de l’époque de battre les enfants. D’ailleurs, il était si brillant qu’après ses études à Madaure, on l’a envoyé à Carthage pour poursuivre des études secondaires.

 Cassiciacum : Une propriété qui se trouvait dans les environs de Milan où St Augustin a réuni ses amis autour de lui en 386, il avait 32 ans et se préparait au baptême. C’est là le premier essai de communauté de vie avec ses proches, peut-être une des période les plus heureuse de la vie du saint. L’ancienne maison Lamartine à Champagne sert à l’accueil des groupes de jeunes, cette maison porte désormais ce nom.

à suivre...

   

 


 

 

Les familiers de la Congrégation

Des laïcs et des prêtres sont unis d’une manière plus particulière à la Congrégation. Voici un témoignage de ceux que nous appelons nos « familiers ».

Les Familiers de la Congrégation.

Ce terme a été choisi pour désigner des proches de la Congrégation, parce qu’il correspondait le mieux à la spiritualité augustinienne.
Après sa conversion, Saint Augustin se retira à Cassiciacum, dans la région de Milan, en compagnie de sa mère, de son fils, d’amis et d’élèves. On pratiquait en groupe la prière, l’étude et le travail manuel, et sainte Monique assumait la charge de maîtresse de maison. Après la mort de sa mère, quand saint Augustin regagna l’Afrique, il mena le même genre de vie à Thagaste, son village natal. Devenu prêtre, puis évêque, il continua de vivre en communauté.
Dans cet esprit, la Congrégation de Saint Victor a créé une fraternité qui groupe des prêtres séculiers, des laïcs célibataires et des couples, qui trouvent ainsi l’occasion de vivre en lien avec la communauté. Lors de la cérémonie de réception, les familiers s’engagent à « vivre  leur vie chrétienne selon l’exemple des premiers chrétiens réunis autour des Apôtres, c’est à dire dans le désir d’être attentifs à l’enseignement de l’Église, de participer autant qu’il leur est possible à la vie liturgique et d’avoir le souci de ceux que la Providence divine leur fait rencontrer ».
C’est en 1992 que le Père Abbé nous a proposé de nous unir à la Fraternité. Après avoir requis notre consentement, il nous a reçu comme membres.
Cela nous aide à vivre plus profondément de la vie de l’Église, en union avec la Congrégation de Saint Victor. Une telle union s’exprime de différentes manières, par la prière, par une participation, même à distance, aux différents évènements : vœux, ordinations, développement en France et en Afrique. Nous apprécions de rencontrer, en certaines circonstances, d’autres familiers. Nous avons trouvé l’occasion de lier connaissance avec des frères et sœurs africains, d’observer leur culture, leur façon de vivre l’Évangile et de participer à la liturgie. Notre horizon, à ce contact, s’est élargi, et cela nous a permis de mieux percevoir le caractère universel de l’Église.
Enfin, nous avons le grand bonheur de participer, en différentes occasions, à la vie quotidienne d’une communauté qui nous est toujours plus une vraie famille.

                                               Viviane, Michel et  Valérie CAMPICHE.

 


 

 

Le Pape

La communauté était présente à la sépulture du Saint-Père Jean-Paul II par le Père Abbé.
Le père Olivier Giraud avait aussi fait le voyage à Rome à cette occasion.
Nous aurons pour le prochain numéro un article détaillé sur ce que le Saint-Père nous a laissé.

 

 


 

Prieuré de Montbron

La fin du mois de février fut remplie de riches moments communautaires.

Accueil de trois nouveaux familiers

Le samedi 26, nous avons accueilli trois nouveaux familiers dans la Congrégation. Nos confrères de Chancelade avaient fait le déplacement pour se réjouir avec nous et les familiers de Montbron de la venue de Laurence et Philippe Hernandez et Michaël Hughes. Michaël est Gallois (bravo pour le grand Chelem!) et réside en permanence à Orgedeuil, l’un de nos clochers. Il participe avec la communauté aux laudes ainsi qu’à la messe et aux vêpres. A l’école pendant plusieurs années de Mr Vedrenne, le plus ancien « servant de messe » de France, il n’hésite pas à proposer ses services, lorsque dans les petites églises, il n’y  a pas d’enfant de chœur.

Son épouse est décédée il y a quelques années et Michaël continue à s’occuper du gîte rural où il accueille des compatriotes. Nous avons fait la connaissance du lieutenant-colonel Philippe Hernandez lorsqu’il était Commandant en second du Groupement de gendarmerie d’Angoulême. C’est par l’aumônerie militaire qu’il a découvert la communauté. Philippe se prépare au diaconat en vue de servir dans le Diocèse aux Armées Françaises. Grâce à lui, nous avons eu l’immense plaisir de connaître sa charmante épouse, Laurence. Je ne sais pas s’ils sont doués au bridge, mais « Dame Laurence » sait en jouer en bonne orthodontiste ! Ses journées sont bien remplies par tous les enfants de la région dont elle « redresse » canines, incisives et molaires.

 

Du bœuf de Bazas au château d’Yquem.

           Laurence et Philippe ont la particularité d’habiter à côté de Langon, dans une région splendide qu’on appelle « bordelais ». Ce qui nous vaut d’aller faire quelques séjours et quelques découvertes de châteaux dont certains portent des noms fabuleux : Maille, Yquem. C’était le programme du dernier jour ensoleillé de février. Le P. Olivier Giraud nous avait habilement rejoint pour la circonstance. Ce fut une joie de discuter avec le Père Lanuc après un excellent bœuf de Bazas en sauce mijoté par les bons soins de Dame Laurence. Mais le clou, ce fut « château d’Yquem ». Superbe demeure que nous n’avons pu découvrir que de l’extérieur (à moins 5 degrés, c’était dur).

Les chais étaient nettement plus tempérés et surprenants de simplicité. On vit ici au rythme de la nature. Et la dégustation fut un émerveillement ! Que dire de toutes ses saveurs subtiles qui se déploient dans le palais : un véritable bouquet qui sait réjouir le cœur de l’homme mais aussi celui de la femme ! Pour terminer la journée, nous sommes allés célébrer la messe chez les sœurs trappistines de l’Abbaye du Rivet. Encore un beau moment de communion dans ce petit oratoire rassemblés autour de Jésus-Christ dans l’action de grâce.

           Je ne pourrais pas terminer cette chronique sans citer notre ami Michaël qui aime à reprendre souvent la devise des La Rochefoucauld :  (Servir Dieu) « ...C’est mon plaisir. »

Père Christian Snell

 

 


 

 

Prieuré Saint-Augustin de Bourg-lès-Valence

 

Au Prieuré Saint-Augustin de Bourg-lès-Valence

 

Quelques nouvelles des activités hivernales du prieuré… en attendant le pèlerinage paroissial pour l’Ascension au Jubilé du Puy-en-Velay, les propositions de temps d’adoration et de formation pour l’Année de l’Eucharistie pendant le Temps pascal, et au milieu des diverses activités des confrères : conférences sur l’évangile de saint Jean, Mouvement Eucharistique des Jeunes dont le Père Daniel est l’aumônier diocésain, prédication par le Père Hugues de la retraite annuelle aux moines cisterciens d’Aiguebelle dans le sud de la Drôme, la présence du Père Patrice pendant ce semestre… et la visite des familiers de l’abbaye prévue pour le dimanche 5 juin, après leur belle escapade aux prieurés du Sud-Ouest.

 

Sortie communautaire

Un peu de répit pour les confrères : Valence est la porte de l’attirante Provence… Fin janvier, sous le froid mistral, le beau soleil de l’inégalable lumière de cette région chère aux peintres et poètes provençaux, le prieuré s’est transporté en Arles, où la magnifique primatiale Saint-Trophime, avec son tympan et son cloître parmi les plus beaux de France, nous a rappelé que cette antique cité romaine et chrétienne a vu pendant des siècles sa cité épiscopale (cathédrale, évêché, baptistère, maisons canoniales) desservie par des chanoines réguliers : un ensemble très évocateur. La nostalgie de la route a conduit ensuite les pas des Pères au moulin d’Alphonse Daudet – « inutile comme les poètes », a-t-il lui-même pris soin de préciser ! –

Mérite diocésain

Un ami de l’abbaye qui y a séjourné un certain temps et lui reste fidèle, Jean-Baptiste Cassignol, a été honoré dans notre Paroisse Sainte-Jalle-sur-Rhône, de la médaille du mérite diocésain. Il est en effet depuis 60 années le fidèle, discret et efficace sacristain de l’église de Saint-Marcel-lès-Valence. Il convenait donc que le dimanche 16 janvier, fête de saint Marcel, le chancelier de l’évêché et ancien curé de Saint-Marcel, bien connu de l’abbaye, le Père Michel Pérollier, lui remette cette distinction, au milieu d’une communauté joyeuse et heureuse d’entourer ce fidèle serviteur, modèle de dévouement.

Primatiale
Saint-Tropime

 

Travaux et nouvel aménagement liturgique dans l’église de Bourg-lès-Valence

L’église Saint-Pierre du Bourg a une très longue histoire. C’est sans doute la première église de la région. Fondée vers le IIIe siècle, elle fut une nécropole et abrita les restes de saint Apollinaire, patron du diocèse, évêque de Valence au tournant des Ve et VIe siècles. Elle fut desservie par un chapitre de chanoines réguliers depuis le IXe siècle jusqu’au XVIIIe, avant leur retour en l’an 2000 ! Au moyen-âge, on en parle comme d’une basilique richement ornée, qui fut mise à mal pendant les guerres de religion et dont il ne reste quasiment rien. Entièrement reconstruite au XIXe, agrandie au milieu du XXe, elle a vu bien des aménagements se succéder.
Mais voici que la nouvelle année liturgique a commencé, pour la communauté bourcaine, dans une église renouvelée. Les travaux du chœur achevés (fresques de Deluol représentant le Christ et les Apôtres restaurées ainsi que les stalles en noyer, dallage du chœur changé, balustrade écartée à l’entrée du chœur), le projet de nouvelle disposition intérieure, concerté et annoncé depuis longtemps, a pu être mis en place pour le premier Dimanche de l’Avent : nef centrale et bas-côtés tournés vers un chœur beau et lumineux, convergeant vers un nouvel autel (encore provisoire) placé sous le puits de lumière au milieu du chœur. D’autres modifications sont encore en préparation : sonorisation, retable XVII-XVIIIe classé (encore en cours de restauration en Avignon), tabernacle, ambon, autel définitif…

Bien sûr, c’est un changement important pour la vie de la communauté paroissiale, et c’est l’occasion pour tous d’approfondir le sens de la célébration liturgique qui se déploie autour de ses lieux principaux et de redécouvrir, avec un œil neuf, l’antique église Saint-Pierre pour une joie renouvelée : célébrer ensemble la louange du Seigneur présent à son église qu’il rassemble.

 

Soirée mariale

Le mercredi 8 décembre fut l’occasion d’une belle veillée de prière mariale, appréciée de tous les participants. Plus d’une centaine de personnes se sont retrouvées dans l’église de Bourg-lès-Valence pour une soirée mêlant de beaux chants soutenus par la chorale paroissiale, notamment les enfants, et la méditation, par les confrères, de plusieurs mystères du Rosaire, à partir de textes bibliques. Avant la fin, une procession faisait converger les lumières (la tradition lyonnaise descend le Rhône) portées par les fidèles devant les icônes du Seigneur et de la Vierge Marie. Une prière qui rassemblait les fidèles sous le signe de l’Immaculée et préparait bien aux fêtes de la Nativité du Seigneur.

 

 

Saint Hugues de Châteauneuf-sur-Isère

Vous le saviez peut-être déjà, Châteauneuf-sur-Isère, au nord du territoire desservi par le prieuré, a vu naître un saint bien connu au Moyen-Âge, saint Hugues. Une chapelle en garde le souvenir, sur les hauteurs du village.

Né en 1053 dans la famille des seigneurs du lieu de parents fort vertueux (son père devint chartreux, son frère chanoine régulier de Saint-Ruf, congrégation qui avait sa maison-mère à Valence), Hugues fréquenta les universités avant de devenir chanoine du chapitre de la cathédrale de Valence, qui était engagé dans la réforme grégorienne et devait donner plusieurs évêques. Hugues de Die, légat pontifical des Gaules, qui devint cardinal-archevêque de Lyon, le remarqua et l’engagea comme son auxiliaire. Au cours d’un concile national tenu en Avignon en 1080, les chanoines de Grenoble vinrent le chercher pour en faire, bien malgré lui, leur jeune évêque. Consacré à Rome par le pape saint Grégoire VII, Hugues s’employa, pendant un long épiscopat, à réformer son diocèse.

C’est à Grenoble qu’il accueillit un jour, après en avoir eu un songe annonciateur aux sept étoiles, Bruno, son ancien maître à Reims, et ses six premiers compagnons, et les conduisit au désert de Chartreuse. Il resta l’ami fidèle et le constant soutien des Chartreux, qui le considèrent comme leur co-fondateur. Convaincu de son indignité, souvent tenté de prendre sa retraite dans la vie contemplative (il trouva refuge un temps chez les moines de la Chaise-Dieu, mais obéit à l’ordre du pape de regagner son diocèse), Hugues, à la charité exemplaire, ami de saint Bernard de Clairvaux, jouissant de la confiance du pape (il était présent lorsque le pape Urbain II, en route vers Clermont pour appeler à la première croisade, consacra la nouvelle cathédrale de Valence en 1095), resta sur son siège épiscopal jusqu’à sa mort, survenue le 1er avril 1132, et ne fut canonisé que deux ans après sa mort.

Notons qu’il implanta dans son vaste diocèse plusieurs maisons de chanoines réguliers, et introduisit la règle de saint Augustin, en 1128, à l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune en Valais…

Question subsidiaire : un autre saint se cache derrière lui, lequel ? Suite au prochain numéro !

Et toujours, la vie du prieuré et de la Paroisse sur :
http://stejalleblv-valence.cef.fr   Contact : rouxdaniel@wanadoo.fr

 


 

 

Prieuré de Chancelade  -  Saint-Astier

 

Le Logis de l’Abbé

Au mois d’octobre 2004, le diocèse de Périgueux a acquis le terrain jouxtant l’abbatiale. Sur cette parcelle est situé le bâtiment connu sous le nom de « Logis de l’Abbé », magnifique édifice du XVIIIème siècle.
Le diocèse a confié à la communauté des chanoines présents à Chancelade, et qui dessert les paroisses autour de Chancelade et Saint Astier, le soin de remettre en état ce bâtiment et de le faire vivre. Il sera précieux pour les activités du centre spirituel ainsi que pour la communauté.

Dans les mois qui viennent, des initiatives seront prises qui vous permettront d’être associés à ce projet. Nous comptons d’ores et déjà sur votre disponibilité et sur votre intérêt pour permettre à ce lieu, marqué depuis des siècles par la présence de la vie religieuse canoniale, d’être fidèle à sa vocation, au service de tous.

 

Mission à Belvès.

Du 14 au 21 avril, l’ensemble des membres de la communauté ont participé, à Belvès, à une « mission », préparée conjointement par des chrétiens de cette grande paroisse du Sud de la Dordogne, le P. Michel Graziani, curé de cet ensemble et les membres de la Communauté. Durant une semaine frères et pères se sont mis au service des chrétiens de cette vaste portion du diocèse - qui s’étend sur 50km de long et 30 km de large, soit trois cantons -. La semaine a débuté par une célébration concélébrée par tous les confrères et présidée par Mgr Mouïsse, notre évêque.

 

Pourquoi faire ?

Partant du constat de la richesse que représente pour nous le fait de vivre en communauté, nous avons voulu partager cette chance en nous mettant, pour une semaine, à la disposition d’un secteur pastoral vaste qui n’a qu’un seul prêtre pour le desservir. Avec des moyens pauvres et de façon simple, nous avons désiré manifester que l’église se veut proche de tous,  répondant à toutes les invitations de visite à domicile qui nous étaient faites, rencontrant tous ceux qui l’ont voulu et qui ont participé aux nombreuses propositions de rencontres faites durant ces jours. Des célébrations, des rencontres thématiques ont ainsi donné l’occasion aux communautés chrétiennes de cette grande paroisse de se retrouver, d’échanger, de partager leurs joies, leurs expériences et leurs projets.

Quelles impressions, après cette expérience ? D’abord celle d’un travail ensemble, pour l’annonce de l’Evangile, en favorisant un travail de présence et de proximité qu’il est difficile, au long de l’année, de réaliser comme nous pourrions le souhaiter. Puis le constat de la grande attente spirituelle qui habite tant et tant de nos contemporains. Ils ont soif de connaître le Christ. Et nous avons eu la grâce d’avoir été fait les témoins, en ce temps pascal, que la puissance de la Résurrection du Christ se manifeste avec toujours autant de force.

 Enfin, que l’église est toujours une réalité à laquelle un grand nombre de personnes sont très attachés. Et qu’ils en attendent beaucoup. A nous tous, baptisés et consacrés, d’agir pour la rendre présente !

Chancelade Été 2005 : VENEZ ET VOYEZ.

Nouveauté pour les mois de juillet et août : une série de rencontres, visites et conférences seront proposées sur le site de l’abbaye : visite guidée quotidienne, visites « spirituelles » des lieux (jardins du logis de l’Abbé, chapelle saint Jean, abbatiale), expositions sur l’art roman, et sur les mystères du rosaire, haltes de prières tous les lundis de 16h30 à 19h, autant de propositions pour permettre aux estivants de découvrir les beautés et les richesses de ce site.

Pour tous renseignements : tél : 05 53 04 10 46.
 

Liens avec Montbron.

La proximité du Prieuré de Chancelade avec Montbron, 66 kilomètres de porte à porte, favorise les rencontres entre nous. C’est ainsi qu’au mois de janvier tous les frères de Chancelade ont pu passer deux jours à Montbron, pour un temps de travail et de réflexion lié à  nos activités pastorales. Au mois de mars nous y avons aussi célébré l’admission de nouveaux familiers.

Le lundi de Pâques, ce fut au tour des frères de Montbron de venir en Dordogne pour un repas fraternel et les visites des travaux de l’église de St Astier. Ensuite, le père Bruno a prévu d’amener les jeunes sixième de St Astier pour leur retraite de profession de foi à Montbron. Et au mois de juillet, une soirée rassemblera à Chancelade les deux communautés et leurs familiers. Chance et richesse d’une telle proximité qui permet ces échanges fraternels

 

Pito Vilo - Grand cluchié

 Si vous venez un jour rendre visite aux confrères du prieuré de Chancelade, ils seront très heureux de vous faire découvrir la magnifique abbatiale où ils célèbrent les offices, l’intime chapelle Saint Jean, et ils vous parleront de quelques autres belles églises...
Mais bientôt, ils insisteront  pour que vous prolongiez votre route de quelques kilomètres, afin d’aller visiter un des monuments les plus imposant de la vallée de l’Isle. Une vieille dame, presque millénaire, qui n’a pas été simplement liftée, mais transfigurée grâce à une importante campagne de travaux ! C’est l’église de Saint-Astier, où la communauté s’était installée il y a une vingtaine d’années, avant de venir à Chancelade.
Depuis une année et demi, ce vaste édifice - pour une part roman, mais remanié au XIVe et XVe -, est l’objet d’un important chantier de restauration.
Actuellement, après les travaux de maçonnerie et de taille de pierre, les murs et les voûtes de la nef ont été enduits à la chaux (de St-Astier bien sûr !), dans le style de ce qui avait été réalisé quelques années auparavant pour le chœur. Avec les vitraux restaurés, un magnifique espace de lumière se découvre.
Les trois chapelles sud, en cours de restauration, se révèlent aussi fort belles une fois décapées, restaurées et enduites.
La dalle de ciment qui recouvre tout le sol de l’église sera enlevée, l’antique pavement de pierre sera restauré et redisposé de façon à intégrer des planchers chauffants. Le parement du chœur sera également refait et l’aménagement de cet espace est à l’étude. Enfin un nouvel éclairage finira de mettre l’édifice en valeur.
Un grand orgue baroque, création de M. Pesse, facteur d’orgue, attend la fin des travaux avant de venir faire résonner ses harmonies sous les voûtes. Il contribuera à la beauté des liturgies mais aussi à un certain rayonnement dans le domaine musical et culturel de la ville de Saint-Astier.

L’inauguration : au printemps 2006...

La mairie de Saint-Astier a consenti à un très important effort en s’engageant dans ces travaux, un grand merci à tous ceux qui ont permis la réalisation d’un tel projet. 

Un dicton du pays dit : ‘‘ St-Astier : ‘‘Petite ville mais grand clocher ’’,

Dans quelques temps on dira : ‘‘grande ville et fort belle église !’’

 

 


 

Où est-il ? Que fait-il ?

Le Père Patrice Sicard

Lors de notre dernier chapitre, le P. Patrice a donné aux frères rassemblés la communication suivante. Nombreux sont ceux qui ont pensé que cela pourrait intéresser les amis de la communauté.

 

Pratique, spiritualité et théologie de l’hospitalité

aux premiers siècles de l’abbaye de Saint-Victor de Paris

« Refugium et solatium ibi transeuntium »

 

 

Comme dans toutes les Congrégations ou fédérations canoniales du XIIe s., la pratique de l’hospitalité est large dans la congrégation victorine. Ce n’est pas une nouveauté introduite avec la régularité augustinienne dans la vie des chanoines passés de la Règle d’Aix à la vie canoniale augustinienne : ces pratiques hospitalières antérieures ont été approfondies ou élargies au XIIe s. Cette hospitalité a été vécue selon la modalité propre à chaque branche canoniale (hospices, écoles, hôtelleries de pèlerinage…). A Saint-Victor elle a pris pour une part, du fait de l’origine de la fondation et de sa nature, la forme de ce qu’on peut appeler une hospitalité éducative. Elle y est aussi une partie de son héritage originel, antérieur au XIIe s. : chacun des chanoines parisiens auparavant groupés avec Guillaume de Champeaux vivait, dans sa maison du cloître Notre-Dame, avec des élèves de l’école canoniale et prenait soin de leur formation religieuse. Elle ne remplace pas les autres formes d’hospitalité, qui restent présentes, mais les colore en les intégrant. Elle n’est pas propre à l’abbaye parisienne seule, mais existe dans les prieurés-cures : cela devait être car elle est une des formes intégrantes du ministère canonial régulier et les prieurés-cures étaient vus comme ce par quoi le peuple chrétien est rejoint. A tous ces niveaux se retrouve le propter vos vobiscum augustinien.

1. Sa place dans la vie conventuelle

L’hospitalité n’y est donc pas surérogatoire. Dès lors elle prendra des traits qui par ailleurs caractérisent la communauté victorine: cette abbaye étant aussi une école (« école de pensée » et de sagesse et « école du cloître »), elle relèvera largement de cette forme d’apostolat intellectuel dirigé vers le monde des écoles :

 

a) l’école claustrale est non seulement à usage interne des jeunes religieux, comme dans le monde monastique, mais également des étudiants étrangers venus à Paris. Ce n’est pas une institution religieuse qui abrite une institution scolaire tenue par les Victorins et destinée aux étudiants du dehors, c’est une école canoniale dont l’enseignement relève, par son contenu, ses méthodes et sa forma mentis, des perceptions de la réforme augustinienne régulière, et qui est ouverte aux étudiants pour cette formation.

b) ces hôtes prennent part à certains « exercices » de la discipline claustrale (de discipulus…) dont la « collation » (entretiens suivis de l’après-midi) au cloître, lieu non de silence – d’autres y sont destinés - mais de sociabilité et d’échange, sur le modèle du patio de la maison méditerranéenne.

c) les étudiants externes de la ville y passent pour l’assistance spirituelle (Saint-Victor, « une piscine probatique », assurait leur pénitencerie) : les chroniques notent qu’à leur égard l’accueil y est large, empressé et attentionné et qu’on est toujours « très disposé » à les recevoir. Cet accueil prend des formes très concrètes de service : saint Bernard demande à l’abbé Gilduin (Ep. 410) de bien vouloir offrir le vivre et le couvert pour un certain temps à un étudiant italien. Ce sera Pierre Lombard, le futur évêque de Paris.           

Ces diverses pratiques hospitalières dureront jusqu’à la fin de l’abbaye et de la Congrégation : signe qu’on les percevait appartenir à l’ « Institut de saint Augustin ». Elles s’adressent à tous ceux dont les Victorins ont la cura animarum; relève du docere verbo et exemplo, s’adresse également au corps, à l’âme et à l’esprit.

 

 

Le Père Sébastien

 

De mon point de vue, rien de neuf  à Rome. Mais pourquoi chercher la nouveauté ? Je trouve toujours  beaucoup de joies à fréquenter les antiquités, vieilles pierres et... Pères de l'Eglise !

          De temps en temps, il m'est pourtant donné de découvrir de nouveaux pans de la civilisation italienne. Je vous propose  aujourd'hui un petit flash culturel sur les sources de la pizza.

         Je viens en effet de passer un week-end de Carême à Naples. Cela s'est fait dans le cadre d'une sortie communautaire avec mes confrères du Latran, qui ont un prieuré là-bas.
     

À trois heures de route au sud de Rome, l'Italie présente un autre visage : les façades très colorées, étagées à flanc de montagne et donnant sur la mer ; le rythme de vie et le code de la route, très locaux, qui expliquent que les rues soient « klaxonorisées » jour et nuit (Mais je ne voyage plus sans boules Quies) ; le colisée napolitain (le stade), les innombrables églises antiques et une population pleine de dévotion, à la Madonna et à Maradona.Pour les connaisseurs, on peut aussi voir là-bas le crucifix miraculeux qui parla à Saint Thomas d'Aquin.

Mais enfin, mais surtout, LA Pizza. La vraie, l’unique, la pizza napolitaine, qui sert de modèle aux imitations vendues ailleurs, en Italie et dans le monde ! Certaines réalités sont au-delà des mots. Seule la contemplation active permet d'entrapercevoir la profondeur de tels mystères... 

Il faudrait encore parler de l'artisanat de la crèche et du santon qui, toute l'année, présente ses productions, ravissantes, dans de petites échoppes concentrées sur quelques rues du quartier historique. Il y a aussi tous les récits, vrais, sur la Camorra, la mafia locale. Les confrères napolitains en parlent régulièrement, au rythme des funérailles liées à ce fléau moderne... 

Deux mots sur le voisin Vésuve ? Il dort sagement sous la neige. Mais Pompei atteste qu'il n'en a pas toujours été ainsi. Figée sous le basalte depuis l'an 79 de notre ère, la cité antique a commencé à révéler ses secrets au XVIIIème siècle. Elle propose encore des fouilles passionnantes aux apprentis-archéologues : plusieurs quartiers n'ont pas encore été dégagés. Quoi qu'il en soit, la partie visitable offre une image unique de la culture romaine au siècle de Jésus.

 Une question, pour finir : que chante-t-on à Naples ? 

« O Sole Mio ! », bien sûr.

Je n'ai pas manqué de le faire, sous une pluie battante.

                                                                                           P. Sébastien Revirand

 

 

 

 

L'ESCARBOUCLE N° 2

 

Sommaire
         
Mgr Maurice Bitz, nouvel Abbé Primat
          Congrès de Chateauneuf de Galaure
   Du côté des Prieurés
          Saint Augustin
          Marie-Médiatrice
          Chancelade
          Le Petit Pré
   Les temps forts de 2004
         
Ordination des PP Ludovic et Sébastien
          Mgr. Emmanuel Lafont
          Fraternité Canoniale
   Où est-il ? Que fait-il ?
          Père Guy Rose
          Père Laurent Michel
          Père Olivier Giraud

 

Mgr Maurice Bitz, 
nouvel Abbé Primat 
des Chanoines réguliers de Saint Augustin
,
de la congrégation de Saint Victor.

Le 6 juillet dernier, le P. Maurice Bitz était élu Abbé Primat de la Confédération des Chanoines réguliers de Saint Augustin. C’est une joie pour tous les membres de la Congrégation de Saint-Victor de voir leur Père Abbé choisi pour ce nouveau service. Pour les lecteurs de l’Escarboucle, nous vous partageons ces lignes écrites par le Père Abbé au lendemain de son élection : « … Hier, mardi six juillet, lors du conseil primatial, j’ai été élu nouvel Abbé primat de la Confédération pour six ans, succédant ainsi à Mgr Anthony MAGGS, Chanoine régulier du Latran. C’est une joie et un honneur pour la Congrégation de Saint Victor que d’être ainsi appelée à présider durant les années à venir la vie de la Confédération. C’est aussi une reconnaissance de ce que nous avons désiré et pu réaliser à Champagne et dans nos prieurés, pour vous et avec vous, grâce à votre amitié et à votre générosité fidèle qui nous accompagnent depuis tant d’années. C’est avec émotion que je reçois ce nouvel appel ici, à Chateauneuf, là où Marthe a vécu l’offrande de sa vie. J’y vois un signe appelant à poursuivre avec courage et audace l’œuvre commencée, attentif à répondre aux appels que l’Esprit ne cesse de susciter ».

 

Qu’est ce que la Confédération des Chanoines réguliers de Saint Augustin ?

La Confédération des Chanoines réguliers de Saint Augustin vit le jour le 4 mai 1959 lorsque le Bref apostolique « Caritatis Unitas » consacra de manière solennelle la création de la Confédération des Chanoines Réguliers de Saint Augustin, présidée par un Abbé primat élu pour six ans. En 1959 la Confédération regroupait quatre congrégations : Celles du Saint Sauveur de Latran, d’Autriche, la congrégation des Saints Nicolas et Bernard de Mont Joux et la congrégation de Saint-Maurice d’Agaune. Puis s’ajoutèrent la congrégation de Windesheim, celle de l’Immaculée Conception, la congrégation de Marie, Mère du Rédempteur, les Frères de la Vie Commune et la congrégation de Saint-Victor, à laquelle appartient le nouvel Abbé Primat.

 

Qui élit l’Abbé Primat ?

L’Abbé Primat est élu par les membres du « Conseil primatial » de la Confédération. Le Conseil primatial est composé du Supérieur majeur de chaque  congrégation ainsi qu’un « délégué au conseil primatial » - pour notre Congrégation de Saint Victor, le Père Louis de Romanet - élu par chaque Congrégation au cours d’un chapitre.

 

En quoi consiste la charge d’Abbé Primat ?

L’Abbé Primat est chargé de promouvoir, dans le respect de l’autonomie de chacune des congrégations, la communion entre nos différentes familles de chanoines réguliers, à aider à mettre en valeur le riche patrimoine spirituel de nos congrégations et à favoriser toutes les initiatives visant à faire mieux connaître l’idéal augustinien. C’est ainsi que le Père Abbé a été invité à participer, à Cracovie, au mois de mai prochain, aux cérémonies qui auront lieu à l’occasion du jubilé de la fondation en cette ville du grand couvent des Chanoines réguliers du Latran.

 

Où Réside l’Abbé Primat ?

L’Abbé Primat continue de résider dans le lieu où il exerçait ses responsabilités avant son élection. C’est de Champagne sur Rhône, où il réside, que Mgr Bitz assurera donc cette responsabilité, aidé de son Vicaire primatial le Père Marc Bonningues.

 

Chateauneuf de Galaure 2004 :

Congrès de la Confédération des Chanoines réguliers de Saint Augustin.

 


Du 5 au 9 juillet 2004 s’est tenu à Chateauneuf de Galaure et à Champagne l’imposant congrès de la confédération des chanoines réguliers de Saint Augustin regroupant 150 participants venus d’Europe, d’Afrique et d’Amérique latine. La précédente rencontre avait eu lieu à Rome en Septembre 2001.

Une préparation intense…

La préparation de ce Congrès canonial a demandé aux frères et sœurs de la communauté de Champagne un travail intense, avec l’aide d’amis et de familiers, pour qu’au jour « J » tout soit près, pour que chacun des participants, et particulièrement ceux qui venaient de loin, se sentent accueillis. L’Escarboucle désire se faire l’écho des si nombreux « mercis » qui furent adressés au long de ces journées à ceux et celles qui, dans l’ombre, ont travaillé à la réussite de ces journées qui permirent aux confrères présents de se mesurer en langues et nationalités. Merci à tous les traducteurs, possédant jusqu’au Polonais !

Depuis de longs mois, le thème retenu « La Beauté chez Saint Augustin » avait été l’occasion d’inventorier toutes les richesses de notre héritage canonial augustinien, avec la difficulté de choisir les intervenants qui pourraient au mieux faire miroiter les multiples facettes d’un thème si riche. Le Père Patrice SICARD, en particulier, apporta une contribution décisive dans le choix des intervenants qui, dans un déploiement de perspectives variées, illustrèrent notre thème par des contributions de très grande qualité :

 

…des interventions de haute tenue

La première conférences fut une magistrale introduction à ces journées : M. Dominique POIREL, Chercheur au CNRS, nous montra quelle place éminente la beauté occupe dans l’œuvre d’Hugues de Saint Victor (1141 +) : « D’abord en ce que Hugues a beaucoup écrit sur elle, dans la nature, en Dieu et dans l’homme ; ensuite en ce qu’il l’a soignée dans ses propres écrits par sa prose d’art rimée et rythmée comme celle d’un Bernard de Clairvaux ; enfin parce qu’au-delà des idées et du style il y a chez lui comme une connivence plus profonde avec le beau, qu’on se propose de dégager : au fond, contempler et produire le beau est au cœur de la doctrine théologique et spirituelle du maître de Saint-Victor.

En histoire et histoire de l’art, une très intéressante conférence de Mlle Martina SCHILLING, de l’université de Berlin : « Architecture, harmonie et vie canoniale. L’abbaye de Saint-André-de-Verceli » nous fit découvrir les liens que les Victorins établirent entre leur conception de la vie religieuse, le sens du beau (de Dieu), hérité d’Augustin et leurs projets architecturaux qu’ils souhaitaient au service des deux premiers aspects. Cet effort de cohérence entre ces divers plans peut se lire aujourd’hui encore dans cet ensemble de Saint-André de Verceliet qui se reflètent encore dans les bâtiments existants dans lesquels ils vivaient et priaient.

Complétant ce programme, Madame Isabelle BRIAN a donné un exposé remarqué sur la pastorale des chanoines réguliers de Sainte Geneviève au XVIIIème siècle. Enfin le père Marcel NEUSCH a ramené l’ensemble des membres de la famille augustinienne rassemblés à Chateauneuf  à cette source si abondante et fécondante qu’est l’œuvre de Saint Augustin.  « Aimons-nous autre chose que le Beau ? »  demandait-il aux participants, avant de souligner avec le brio et la compétence que tous lui reconnaissent les pistes qu’ouvre sur cette voie l’Evêque d’Hippone. Enfin, de manière inattendue pour de nombreux participants, Madame GIRAUD a suggéré une application concrète et visuelle de ce qui était évoqué en présentant « l’art de fleurir en liturgie. »

Un congrès dans un cadre exceptionnel.

Un congrès ne se résume pas à de savantes interventions. Ces journées furent aussi l’occasion pour de nombreux confrères de découvrir la figure spirituelle de Marthe ROBIN, et son profond impact spirituel. Le cadre du foyer de charité de Chateauneuf offrait beaucoup d’avantages : l’accueil très chaleureux du Père Bernard MICHON et des membres du foyer, l’église du sanctuaire dans sa belle architecture contemporaine a permis dans une liturgie soignée les offices et célébrations eucharistiques. Quant aux « salons » de la maison, ils n’ont pas désempli, suscitant échanges fraternels, conversations animées et carrefours. Le désir de travailler entre congrégations canoniales a même reçu depuis ce congrès, un objectif précis : à l’occasion des journées mondiales de la jeunesse à Cologne en août 2005, un projet d’une journée de rencontre s’ébauche sur la maison des frères de la Vie commune à Maria Bronnen, en Allemagne.

 

De multiples rencontres

Ce congrès à représenté enfin un moment très fort pour notre congrégation de Saint Victor : Notre Père abbé, Mgr Maurice Bitz, a été élu par le conseil primatial abbé Primat de la confédération pour 6 ans. L’évènement fut abondamment fêté le jeudi 8 juillet au soir sur Champagne et le lendemain lors du pèlerinage de clôture sur Ars. 

 

Clôture qui joua les prolongations puisque une trentaine de jeunes confrères des différentes congrégations de la Confédération s’installèrent à Champagne pour trois jours supplémentaires qui permirent des matchs de foot héroïques , des assiettes de pasta, et des soirées renouvelant le répertoire de chants – notamment « une alouette je te plumerai » décoiffante ! – La visite dominicale de l’abbaye augustinienne de Saint Antoine en Viennois vint donner une note finale …. Provisoire à cette semaine peu ordinaire et inoubliable pour tous ceux qui y participèrent.

Un prolongement heureux pour les JMJ de Cologne.            

A l’initiative du nouvel Abbé Primat des représentants des Congrégations de Saint Victor, de Saint Maurice, des CRIC (Chanoines réguliers de l’Immaculée Conception) et des Frères de la Vie Commune se sont retrouvés au début du mois d’octobre au Collegio San Vittore, à Rome. Ils ont travaillé la proposition faite au moment de ce Congrès 2004, que les diverses Congrégations qui conduisent des jeunes aux JMJ de Cologne offrent à leur jeunes de se retrouver pour une journée commune à Maria-Bronnen. Cette rencontre pourrait être placée sous le signe de Saint Augustin : « quel message pour la jeunesse d’aujourd’hui ? » L’échange s’est déroulé dans un excellent climat d’attention fraternelle et de propositions. De telles rencontres avec les jeunes sont à mêmes de nous renouveler dans la foi en la grâce de notre vocation et de nous redonner, aux uns et aux autres, en des heures difficiles, confiance et espérance.

 

DU CÔTÉ DES PRIEURÉS...

 

Prieuré Saint-Augustin de Bourg-lès-Valence

Pèlerinage paroissial à Rome

Du 15 au 21 février derniers, une cinquantaine de paroissiens de Sainte-Jalle-sur-Rhône, emmenés par leurs curés, les Pères Hugues et Daniel, ont effectué un fructueux pèlerinage à Rome, sur les traces des Apôtres Pierre et Paul.
Au programme : Rome antique, basiliques, célébrations, audience générale du Saint-Père, rencontre avec un membre de la Secrétairerie d’état, chapelle Redemptoris Mater… Une réussite pour des paroissiens heureux de découvrir la vie de l’église auprès du Siège de Pierre ; une expérience forte et enrichissante.


Prochain pèlerinage paroissial : 
le Jeudi de l’Ascension 5 mai 2005 
au Puy-en-Velay 
pour le Jubilé du Grand-Pardon.

 

Le prieuré Marie-Médiatrice de Montbron      

Inauguration de la Maison Saint Augustin à Montbron   

Le 31 mai 2004, lors de la fête de la Visitation, au lendemain de la Pentecôte, fut inaugurée la Maison Saint Augustin : Élisabeth accueillant chez elle la mère de son Seigneur montrait l’exemple de ce que les frères de Montbron désirent vivre en accueillant chez eux, à la Maison Saint-Augustin, tous ceux qui viendront y chercher asile, calme et occasion de prier.

Une assistance nombreuse a tenu à partager la joie d’inaugurer cette maison en participant à la Messe présidée par Mgr Claude Dagens, évêque d’Angoulême, concélébrée par le Père Abbé et de nombreux prêtres du diocèse et de la congrégation, puis en visitant, verre en main, le nouveau bâtiment.
Le premier, l’ancien Maire de Montbron, président du Conseil général, devait rappeler l’histoire de cette maison voulue par le Père Olivier Marie et les frères du prieuré. Il devait insister sur ce que les pères ont apportés à la communauté du doyenné, et les conversations entendues de-ci de là manifestaient bien la gratitude et la reconnaissance des habitants du pays d’Horte et de Tardoire envers les confrères et la communauté des chanoines. Les architectes nous racontèrent l’évolution du projet, puis Mgr Dagens bénissait les murs de l’édifice.

 

De nouveaux ministères

Depuis le mois de Septembre 2004, le prieuré Marie Médiatrice de Montbron a vu le champ des ministères des confrères s’élargir :

Le Père Jean-Paul HERVOUET a commencé son travail de professeur au séminaire interdiocésain de Bordeaux où il se rendra deux jours chaque semaine.
le Père Bernard JOBERT s’est vu confier par le diocèse la paroisse de Chabanais, ensemble de 7 communes autour de cette petite cité. Située en Charente limousine, à l’est de Montemboeuf - la paroisse du Père Serge - c’est un lieu de magnifiques églises romanes en granit, et d’une population chaleureuse qui a très bien accueilli son nouveau curé, le 5 septembre dernier. Le Père Jacques BLACQUART, vicaire général, a remis l’étole, puis les clés au Père Bernard. La communauté était représentée par le Père Olivier-Marie, et le Père Louis venu de Chancelade.

Adresse : Prieuré Marie-Médiatrice, 7 faubourg Saint Maurice – 16220 MONTBRON, Tel : 05.45.7071.82 Fax 05.45.70.73.00 prieure.montbron@wanadoo.fr

 

Prieuré de Chancelade
Saint-Astier.

Quelques évènements marquants :

  • Visite de notre nouvel évêque, Mgr Michel Mouïsse
    La communauté a accueilli au cours du mois d’août notre nouvel évêque qui était désireux et heureux de faire connaissance avec les différents membres du Prieuré. Temps d’échange simple et cordial qui nous a permis de mutuellement nous connaître et nous « reconnaître », dans la mémoire des années vécues par Mgr Mouïsse dans le diocèse de Grenoble tout proche de l’Abbaye.
  • Joie de l’arrivée du Père Olivier Giraud – voir la rubrique : Où est-il, que fait-il.
  • Le Frère Simon Mikindo, après six mois passé à Chancelade demeure une année encore à Chancelade, pour la grande joie des frères et des paroissiens. Opportunité pour lui d’approfondir les différentes facettes du ministère diaconal en participant à la diversité des activités pastorales de la paroisse.

 

  • Accueil de nouveaux familiers
    A l’occasion du voyage de « Fraternité canoniale » (lire par ailleurs) les frères du Prieuré ont eu la joie, au cours d’une très belle célébration présidée par le Père Marc Bonningues, délégué par le Père Abbé, d’accueillir 12 nouveaux « familiers » de notre Congrégation. Les familiers sont des proches de la communauté qui, de cœur ou de corps s’unissent à la vie de la Congrégation dans toutes ses dimensions : vie liturgique, vie de prière, vie pastorale, partageant de manière plus étroite les peines et les joies de la famille que nous sommes tous ensemble.
 ·     Voyage au Vietnam : 
Le Père Albert Pham Khanh Chanh, accompagné de sa maman a vécu quinze jours très particuliers et intenses à la fin du mois de septembre : pour la première fois depuis de très nombreuses années il a retrouvé dans son pays natal,  des membres de sa famille, en particulier ses oncles prêtres. Etonnement devant un pays jeune, d’une vitalité que nous ne soupçonnons pas chez nous, avec des communautés chrétiennes habitées d’une foi rayonnante. Admiration de la beauté de paysages qui, dit-il, mériteront un prochain voyage !

Adresse : 
Prieuré de Chancelade, Place de l’Abbaye, F 24650 CHANCELADE
Tel :05.53.04.10.46 Fax : 05.53.54.76.63 
louis.de.romanet@wanadoo.fr
et pkc.a.chapeau@wanadoo.fr

 

Le Petit Pré

 

Vie quotidienne des Sœurs à Champagne

 

Comment vivons-nous à Champagne?

Nous vivons "ensemble". Pas très original sans doute. Plus qu'il n'y paraît cependant.
A l'intérieur de la communauté il n'y a pas de séparation entre novices et professes (celle qui ont déjà un engagement). Nous vivons Européennes et Tanzaniennes sous le même toit partageant la même nourriture, les mêmes activités manuelles et intellectuelles, la prière, etc. C'est une de nos manières de nous enseigner mutuellement la vie religieuse: en la vivant ensemble. Nous vivons dans un espace simple et, sous certains aspects, inconfortable. Nous devons nous accueillir les unes les autres dans nos différences de cultures, de langues, d'éducations, de sensibilités, de spiritualités, d'histoires nationales, d'histoires familiales, si  diverses.

L’apprentissage de la différence

Vivre cet accueil mutuel exige d'abord un travail sur soi même. Un travail long et douloureux en chacune. Dépasser la peur de ce qui est différent, inconnu. Dépasser ce qui dérange. Risquer de tout perdre pour, finalement, nous retrouver enrichies… Pour nos sœurs africaines, par exemple, il est difficile de s'adapter : le climat, la nourriture, la langue, les incompréhensions, génèrent parfois un stress épuisant. Pour les sœurs européennes, il est difficile de toujours " se mettre à la place", de patienter, de faire  confiance en donnant du temps. Il est pourtant capital de discerner, jusque dans les taches matérielles les plus humbles, ce qui relève du culturel, qui peut être relativisé et ce qui relève de l'Évangile qui doit être tenu fermement. 

L’ouverture aux autres

Notre communauté ne vit pas fermée sur elle-même. Les plus proches dans notre réseau de relations sont les frères de l'Abbaye. Chaque jour nous prenons un repas avec eux. Lorsque c'est opportun, nous travaillons au chantier de la construction. Nous avons des cours et des enseignements communs, ceux du Père Abbé par exemple. Enfin chaque fin de journée nous nous rassemblons pour l'Eucharistie et nous prions les vêpres dans l'église paroissiale. Ces relations fraternelles dans la simplicité et la clarté sont sources d'équilibre et de maturité pour les deux communautés. Le troisième cercle, ce sont les amis. Mention particulière doit être faite des personnes, retraitées pour la plus part, qui mettent bénévolement leurs compétences professionnelles au service de la formation des sœurs. Il s'est ainsi constitué un réseau d'amitié qui enrichit la formation en l'ouvrant sur l'extérieur, nous y reviendrons par la suite. Les sœurs africaines ont une sorte de charisme pour tisser des liens. Elles sont souriantes, attentives aux personnes et elles osent parler du Bon Dieu tout simplement. C'est un peu comme s'il faisait plus "ensoleillé" auprès d'elles. Voilà peut-être ce qui explique ces propositions d'aide qui  nous encouragent beaucoup.

Notre communauté a aussi des contacts avec des cultures différentes qui passent nos frontières : Grande Bretagne, Belgique, Suisse, des pays d'Afrique de l'ouest et maintenant la Chine. Tout en vivant un réel retrait, nous sommes aussi au cœur du monde.

Une journée ordinaire des sœurs à Champagne.

Notre journée débute à la chapelle par la prière silencieuse, suivie des laudes, la louange du matin. Nous chantons toujours  en Français pour donner l'occasion aux sœurs tanzaniennes qui, lorsqu'elles arrivent ne connaissent pas cette langue, de s'exprimer quand même, car il est plus facile de chanter que de parler. Après  le petit déjeuner pris en silence, commence le travail. La matinée est consacrée au travail intellectuel : cours en diverses matières donnés par les sœurs en charge de la formation ou par des intervenants extérieurs, répétitions, exercices etc.… Pour midi, nous nous rendons à l'église où nos rejoignions les frères pour la prière du milieu du jour puis le repas à l'abbaye. L'après-midi est occupée par les travaux communautaires souvent manuels: nettoyages, hôtellerie, cuisine, jardin….En fin d'après midi nous nous retrouvons dans l'église pour l’oraison, la messe et les vêpres. Nous dînons au Petit Pré, vaisselle, récréation, et la journée se termine par les "complies", la courte prière du soir. Les samedis et dimanches on peut disposer de son temps. Nous ne regardons pas la télévision. Le samedi soir nous choisissons une vidéo. Et, comme dans une vie familiale, le temps est ponctué de fêtes, d'invitations, de visites.

Quelles sont nos ressources ?   

Cette question nous est souvent posée. Les trois sœurs françaises ne reçoivent pas de rémunération puisqu'elles n'ont pas de travail salarié. Elles consacrent tout leur temps à la formation des sœurs africaines et à la vie de la communauté.  Il faut donc vivre ici, faire vivre la communauté en Tanzanie trop jeune encore pour subvenir à tous ses besoins, et depuis 1997, construire …lentement… notre maison au Petit Pré. Jusqu'à présent en effet, nous étions logées dans les bâtiments de l'ancienne ferme. Ces locaux petits et malcommodes pour abriter une maison de formation. 

Les frères, aidés par des professionnels, font les travaux de construction l'après-midi. Sans leur travail bénévole, il aurait été totalement impossible financièrement de construire une maison pour les sœurs. Nous recevons quelques dons mais c'est surtout grâce aux chanoinesses que nous vivons.

Adresse : 
Sœurs oblates de Saint-Victor, Abbaye Saint Pierre, 
07340 CHAMPAGNE.
Tel : 04.75.34.39.82 
bernadettedugas@wanadoo.fr

LES TEMPS FORTS DE L’ABBAYE EN 2004

A Champagne, une immense joie: L’ordination sacerdotale des Frères Ludovic et Sébastien.
C’est en la fête de Saint Augustin, le 28 août dernier, qu’ont été ordonnés prêtres pour notre congrégation des Chanoines de Saint Victor, les frères Ludovic et Sébastien. C’est  une église trop petite qui a accueilli les familles et les amis des futurs prêtres, autour des célébrants : Mgr François Blondel, évêque de Viviers, Mgr Riocreux, évêque de Pontoise, Mgr Bitz, notre Père Abbé ainsi que de nombreux prêtres. Petite, l’église le fut en effet, puisqu’il avait fallu dresser une tente avec un grand écran sur la place Saint Jean, pour permettre à tous les participants d’être protégés du soleil et de pouvoir suivre le déroulement de la cérémonie.

Si beaucoup de lecteurs de l’Escarboucle géographiquement proches de Champagne connaissent les frères Ludovic et Sébastien, il est bon de présenter aux amis de la Congrégation qui ne les auraient pas encore rencontrés les deux derniers prêtres de la communauté. Ils sont arrivés tous deux à Champagne en 1997. Auparavant Sébastien, originaire de Saint-Peray en Ardèche, était sorti ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris tandis que Ludovic, parisien grand supporter de l’équipe du PSG, avait préparé une licence d’histoire. 
Ils ont vécu ensemble les grandes étapes de la vie religieuse et de la préparation au sacerdoce : le noviciat, la profession temporaire, la profession solennelle, l’ordination diaconale et enfin l’ordination sacerdotale. Le Père Sébastien va continuer à Rome les études de Patristiques, commencées l’année dernière, tandis que le Père Ludovic poursuit son cursus de philosophie à l’Université de Lyon. La communauté rend grâce pour ce don inestimable du sacerdoce conféré à ces frères et se réjouit de voir grandir ainsi notre famille religieuse. Puisse le témoignage de nos jeunes confrères éveiller dans le cœur de jeunes le désir de consacrer eux aussi leur vie au Seigneur de la Vie !
 

Mgr Emmanuel LAFONT, nouvel Evêque de Cayenne (Guyane Française)

 

Le dimanche 29 août dernier a eu lieu à Cayenne la consécration épiscopale de Mgr Emmanuel Lafont comme nouvel évêque de cette ville. Mgr Lafont, oncle des PP. Geoffroy Lafont et Louis de Romanet, connaît bien l’abbaye pour y être venu à de nombreuses reprises. Les frères Africains se souviennent en particulier du témoignage qu’il nous a donné sur son expérience en Afrique du Sud lorsque, au temps de l’Apartheid, il était curé de Soweto. Avec 5 frères et sœurs du nouvel évêque et d’autres membres de sa famille, ses neveux prêtres de l’abbaye ont eu la joie de participer à son ordination et à son installation comme nouvel évêque de Cayenne. Ils ont aussi découvert un peu de cet immense diocèse, grand comme le Portugal, qui compte une trentaine de prêtres pour plus de 200.000 habitants. Nous assurons Mgr Lafont de notre prière fidèle à ses intentions de Pasteur des peuples de Guyane.

 

 

L’association « Fraternité Canoniale »

 

Constituée le 19 février 1986, l’association FRATERNITE CANONIALE a comme but d’apporter soutien et aide à l’Abbaye Saint-Pierre de Champagne et à la communauté des Chanoines réguliers de Saint Victor. Elle est reconnue comme Association de bienfaisance et, à ce titre, elle est apte à recevoir tout legs par testament ou tout don destiné à soutenir la communauté. Elle compte environ 160 membres. Cette année a été marquée par l’Assemblée générale du 25 juin, à Champagne, qui a vu le renouvellement des membres du Conseil. Le nouveau Bureau de l’Association est composée de Maître Boissonnet, réélu comme Président, de trois Vice présidents élus: MM Gilles Bechetoille, Jean DORON et Jean-Claude Berlier, d’un Secrétaire, Monsieur Jean-Pierre Granger, qui sera assistée de Madame Renée Gereys désignée comme Secrétaire adjoint.

Au cours de cette assemblée générale fut décidée un voyage « vers l’Ouest », à la découverte des prieurés de Montbron-La Rochefoucauld et de Chancelade Saint-Astier.
Préparé de main de maître par Maître Boissonnet, accompagné par le Père Marc, ce voyage s’est déroulé du 24 au 27 septembre. De nombreux proches de l’abbaye qui souhaitaient depuis longtemps connaître ces prieurés dont ils entendent souvent parler, ont pu voir par eux-mêmes l’espace et les lieux dans lesquels les pères de la communauté exercent leur ministère.
Arrivés le vendredi soir à Périgueux les membres du groupe eurent la chance de bénéficier d’une visite nocturne et privée de la Cathédrale Saint Front de Périgueux. La culture, la gentillesse et l’enthousiasme du Père Béhague, curé de la cathédrale, eurent tôt fait de conquérir un auditoire sensible à la beauté et à l’originalité de ce lieu. La journée de samedi, après une visite de la « Venise du Périgord », Brantôme, fut placée sous le signe de la découverte du Prieuré de Montbron-La Rochefoucauld.  
Du  « presbytère-musée » de Montenbœuf au château ducal de La Rochefoucauld, en passant par la belle Église romane de Montbron, ces lieux, s’ils parlent bien de la beauté de cette région, évoqueront aussi désormais pour les participants au voyage le rayonnement d’une communauté bien implantée… et sachant accueillir. 
La journée du dimanche fut périgourdine, commençant par une messe à Château-l’Evêque, dans l’église où, en 1600, celui qui allait devenir « Saint Vincent de Paul » reçut l’ordination sacerdotale. Ce fut ensuite la découverte, grâce à la gentillesse de Madame Caignard qui nous ouvrit tout grand les portes de l’abbaye, du magnifique site de Chancelade où la communauté est installée depuis 1998. En fin d’après-midi, un peu avant les vêpres, eut lieu à l’abbatiale la cérémonie d’accueil comme familiers de la Congrégation de proches liés à nos communautés de Chancelade-Saint Astier. Ces heures passées ensemble furent une belle occasion de raffermir les liens existants entre les amis de l’Abbaye, les frères des prieurés et les fidèles des paroisses confiés à nos ministères avec qui des liens profonds ne cessent de se tisser et de se développer. 
Et c’est auprès de Notre-Dame de Rocamadour que les voyageurs pèlerins ont pu, sur le chemin du retour, confier toutes leurs intentions.

 

Où est il ? Que fait-il ?

 

Le Père Guy ROSE.

Après 12 années passées à la paroisse Saint Ferdinand des Ternes, dans le XVII° arrondissement de Paris, le Père Guy Rose exerce maintenant une part de son ministère dans le diocèse de Pontoise. A la demande de Mgr Jean-Yves Riocreux le Père Guy a rejoint l’équipe des prêtres qui dessert la cathédrale du diocèse de Pontoise. A l’occasion de de son départ de la Saint Ferdinand de nombreux témoignages ont manifestés au Père Guy combien sa présence dans la paroisse été appréciée, en particulier son attention, jamais démentie, à la vie des personnes, à celle des commerçants entre autre. Durant ces années, il a parcouru et sillonné à d’innombrables reprises les rues de ce quartier des Ternes pour aller visiter sans se lasser des personnes âgées ou isolées.

            Outre son ministère paroissial à Pontoise, le Père Guy continuera, depuis le Val d’Oise, à exercer son ministère d’aumônier national des Mauriciens, activité qui l’amène à se déplacer dans toute la France pour rencontrer les différentes communautés mauriciennes présentes dans notre pays.

Adresse : Centre Paroissial, 17 rue de la Bretonnerie, 
F 95300 PONTOISE

Tel : 01.30.32.27.12

 

Père Michel LAURENT

Aumônier militaire depuis 14 ans, le Père Michel Laurent est aumônier militaire. Ses affectations et ses missions l’ont conduit en différents points « chauds » de la planète : Congo, Centrafrique, Rwanda, Bosnie et Kosovo. Lorsque vous lirez ces lignes Michel sera en Côte d’Ivoire, présent avec les soldats français dans le cadre d’ une mission de maintien de la paix.

Voici quelques extraits d’un article, publié dans " Église en Ille-et-Vilaine", où il présentait son travail.

Sur le terrain, l’aumônier vit la même chose que les militaires. « On prépare les sacs de sable, on creuse les trous de combat. On prend la poche. L’important : être avec eux et ne jamais être un poids ». Ce qui suppose l’acquisition de réflexes. « Lorsque ça chauffe, on baisse la tête comme eux. Même s’il est vrai qu’ils nous protègent ». Une fois le camp érigé, l’aumônier visite les postes où se trouvent les soldats : « Lorsque des chrétiens le désirent j’y célèbre la messe. C’est important, y compris pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer mais qui savent qu’à telle heure à tel endroit, l’aumônier célèbre ».

Le contact avec l’aumônier est plus fort pendant les opérations. La question de la mort – la leur et celle des autres – est très présente, car le danger est là. Sans parler des retours d’opérations où les hommes ont vu des gens massacrés, empalés. « Ça ébranle. C’est dur pour eux, même si c’est leur métier ! L’aumônier doit être là pour les faire parler, les accompagner ». Même chose lorsqu’un chef de corps perd un de ses hommes : « A la messe, ils portent tout le poids de leur charge. Dieu a besoin de nous, il ne fait pas à notre place. Il règle les choses dans notre cœur afin qu’on puisse aller là où il y a besoin, mais il est prisonnier de nous, puisqu’il nous a laissé notre liberté ». Une aide et une présence facilitées par le fait que l’aumônier est hors hiérarchie militaire : « On a le grade de celui avec qui on parle ».

Pour tenir dans cet engagement, Michel se réfère aux années de formation à Champagne, à la vie commune qu’il y a mené et qui, reconnaît-il, « l’a structuré ». Et il s’appuie sur la prière « Heureusement on ne voit pas des horreurs tous les jours. Par contre, la présence de Dieu, peut se vivre tout le temps et en tout lieu. Ça ne se dit pas forcément avec des mots, mais pour les soldats le « padre » représente Quelqu’un et quelque chose. A une condition, et elle est d’importance : « Il faut vivre avec eux, ne pas se faire servir ; se contenter de ce que l’on a ; ne pas être qu’avec les officiers ou ceux viennent à la messe ». Mais le rôle de l’aumônier ne s’arrête pas qu’aux militaires, et dans ses diverses missions Michel a pu constater et vivre que l’aumônier est là « pour faire le pont entre l’armée et la population locale, éclairer les situations humaines à l’intérieur du régiment en faisant le lien entre les hommes et le commandement ». Et sans jamais « faire péter ses galons » !

P. Michel Laurent : 
Aumônerie catholique, Quartier Foch, BP 20, 
35998 Rennes Armées (qui fait suivre le courrier). 
Tel : 06.76.11.08.43. 
M.Laurent@wanadoo.fr

   

Père Olivier Giraud

En juillet 2000, de retour de Côte d’Ivoire après avoir servi pendant trois ans au diocèse d’Odienné, il m’a été demandé de m’occuper des élèves de 6° et de 5° du  collège Saint Victor de Valence, pour la catéchèse. En même temps, le Père Abbé a proposé au diocèse de Viviers que je puisse donner un coup de main dans une paroisse de l’Ardèche. Ainsi ai-je  été nommé dans la vallée de l’Eyrieux, un peu au nord de Privas, avec le père Frédéric Seiller, prêtre du diocèse.

            Nous avons passé ensemble quatre belles années riches de rencontres,  de célébrations - et aussi de repas - partagés régulièrement. Nous n’habitions pas ensemble. Mais des Ollières, où je résidais, à St. Sauveur de Montagut, où demeure Frédéric, il n’y a que quelques kilomètres. Nous avons vécu ensemble bien des réalités ecclésiales passionnantes parmi lesquelles je voudrais souligner l’expérience des cellules paroissiales d’évangélisation.

            En lien avec la paroisse de Sanary-sur-mer nous avons proposé à notre paroisse de tenter une expérience d’évangélisation, pour renouveler la vie de la paroisse. Que d’hésitations, d’objections, mais aussi d’explications et d’adoration avant de nous lancer dans cette aventure missionnaire. Le but des cellules paroissiales d’évangélisation est d’aider chaque chrétien et non pas seulement les prêtres ou les religieuses à prendre leur part dans l’annonce de l’évangile. J’ai été émerveillé par la confiance des personnes qui se sont engagées et aussi par l’œuvre de l’Esprit Saint qui, sans bruit, nous donne d’avancer et de nous laisser transformer petit à petit pour qu’Il puisse nous utiliser. Quelle joie de rencontrer des gens qui prennent au sérieux l’évangile !

            Enfin, depuis quelques jours je suis arrivé à Chancelade. Je viens en effet d’être nommé en Dordogne, ravi de rejoindre enfin mes frères chanoines. Mon ministère va se vivre essentiellement au service de la pastorale des jeunes dans la région du Ribéracois. A bientôt.

Père Olivier Giraud. Adresse : 
Rue des Granges, 24350 Tocanne St Apre, 
Tel : 05.53.90.70.61
olivier.afrique@wanadoo.fr

 


 

 

 

ESCARBOUCLE N° 1

 

EDITORIAL par  Mgr Maurice Bitz, abbé général

 Toute famille grandit, se disperse, et pour éviter l'éparpillement, a besoin de contacts, de rencontres, de signaux écrits et oraux, charnels et spirituels. Notre communauté n'échappe pas à la règle, à l'heure des fondations à faire et à soutenir, des ministères de plus en plus variés et prenants où chacun risque de s'enfermer dans son îlot. Beaucoup, frères, familiers ou proches, ont exprimé le souhait d'échanger des nouvelles : notre site internet veut en être l'un des moyens.

«Communiquez, communiquez, il en restera toujours quelque chose !» A l'époque de la transparence obligatoire et du diktat de la communication, quand veut s'imposer à tous la rêverie virtuelle des araignées sur leur toile planétaire, comment échapper aux épouvantables dérives de la sur-information ?

Quand nous pouvons, d'un double-clic, entrer en contact avec des inconnus de l'autre bout du monde, savons-nous mieux tisser une relation authentique avec notre voisin, notre frère, notre prochain ?
Que reste-il des cyber-rencontres quand on se retrouve seul avec soi-même, enfermé dans le confort douillet et désespérant de l'égoïsme ? Sans même parler des connexions plus ou moins perverses que proposent ou rendent possible nos prodigieux moyens de communication! Tout le monde parle communication. Est-elle au rendez-vous ?
Nous prétendons dialoguer sur Internet avec un inconnu à l’autre bout de la planète et, si souvent on est totalement démuni pour parler avec son prochain tout proche, couple, enfant, ou frère en communauté.
 Faudrait-il pour autant renoncer à communiquer? Je ne le crois pas. Communiquer est nécessaire et vital. L'homme se construit à travers des relations, et je vous invite tous, mes frères, à construire une communication qui fasse grandir la communion au lieu de la blesser, qui nous aide à devenir davantage disciples du Christ rassemblés dans l'unité par Son Amour plutôt que membres d'un club d'initiés méprisant ceux qui ne le sont pas. Puisque nous sommes appelés «de toutes nations, tribus, peuples et langues» à former un seul Corps, à n'être « qu'un coeur et une âme tendus vers Dieu», n'oublions pas de dire les uns aux autres ce que cet Amour éternel a fait pour nous, personnellement et au sein de notre famille religieuse. Que ce nouvel outil mis à notre disposition soit pour tous un lieu de partage et d'admiration réciproque, et fasse grandir entre nous la Charité.
Parmi les facteurs humains qui ont pris de l'importance pour la vie communautaire dans le renouveau des dernières décennies, la communication a été de plus en plus mise en valeur. L'exigence de faire croître la vie fraternelle de la communauté porte avec soi une requête correspondante d'un communication plus large et plus intense.» LA VIE FRATERNELLE EN COMMUNAUTÉ» CONGRÉGATION POUR LES INSTITUTS DE VIE CONSACRÉE ET LES SOCIÉTÉS DE VIE APOSTOLIQUE - N 29)

 

  

LES TEMPS FORTS DE L’ABBAYE EN 2003

 

Si, au dire de certains, «l’habitude commence avec le premier acte» de même en va-t-il de la tradition. C'est ainsi qu'en décembre 2002 et en décembre 2003, une grande fête africaine rassemblait à Andance les treize clochers de la nouvelle paroisse dont Champagne fait partie, marquant ainsi d'une pierre blanche le temps de l'Avent.

L'Octave (un peu prolongée) de Noël fut aussi l'occasion de «journées communautaires» comprenant excursions, conférences et agapes fraternelles.

Si en 2002, le thème retenu était «la Beauté sauve le monde», avec visite du palais des Papes d'Avignon et de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, 2003 fut l'occasion de revisiter nos sources canoniales, avec une particulière attention portée à nos constitutions à l'occasion du dixième anniversaire de leur approbation, agrémenté d'un pèlerinage à Marseille, à la basilique Saint Victor et à Notre Dame de la Garde.

Nos évêques successifs ont aussi coutume, au moins une fois l'an, souvent après l'assemblée nationale de Lourdes, de venir nous partager leurs préoccupations épiscopales.

C'est ainsi que Mgr Blondel est venu nous présenter le document « aller au coeur de la foi» :

appel à toute «l’Église qui est en France» à renouveler sa pratique de la catéchèse. Il nous a aussi entretenu d'autres préoccupations épiscopales :

• L'avenir du ministère presbytéral diocésain.

• Le partage avec les supérieurs majeurs des religieux et religieuses, du problème posé par la violence.

• Les nouvelles structures ecclésiastiques de l’Église qui est en France.

Un temps fort de notre année fut, en avril 2003, le passage des «visiteurs» dans l'ensemble des maisons de la Congrégation, occasion pour les pères et les frères de faire plus ample connaissance avec M. le chanoine Michel Borgeat, prieur de l'abbaye St Maurice en Valais, notre soeur aînée, sinon dans la foi, du moins dans la vie canoniale.

 

Fin juin 2003, le chapitre plénier se réunissait et entérinait l'élection d'un nouveau prieur conventuel: le père Marc Bonningues, prieur de Chancelade, en remplacement du père Jean-Paul Hervouët, prieur de Champagne, parvenu en fin de mandat.

L'ordination diaconale, par Mgr Brincard, évêque du Puy, des frères Ludovic Basset-Chercot et Sébastien Revirand ; suivie peu de jour après de la solennité des Apôtres Pierre et Paul, présidée par Mgr Roduit, abbé de St Maurice en Valais.

 

Le jubilé d'argent sacerdotal des pères Jean-Paul, Jean-Régis Fropo et Gilbert Minodier.

 

En juillet, l'abbaye accueillait des membres du Foyer Marial dont le P. Pierre Vekemans est l'accompagnateur spirituel. Vous trouverez ci-après une plus ample présentation de ses activités.

C'est dans la chaleur de l'été que fut célébrée par Mgr Riocreux, nouvel évêque de Pontoise et familier de longue date de l'abbaye, la messe solennelle du 15 août. Profitant de quelques jours de vacances à Marlhes, son pays natal, Mgr Riocreux avait accepté de faire un détour par Champagne, accompagné de sa maman et d'autres personnes de sa famille. C'était pour eux tous un «pèlerinage» sur les pas de leur frère et oncle : Mgr Brunon, ancien évêque de Tulle, qui passa une partie de ses dernières années à Champagne.

 

- Le 16 août, c'est entouré d'une soixantaine de membres de sa famille et d'amis, venus de Vendée, et de tous les prêtres du secteur pastoral, que le père Jean-Paul célébrait sa messe d'au revoir.

- Le 31 août : visite cardinalice. En effet, de retour d'un pèlerinage à Lourdes, la chorale et les membres de l'hospitalité d'Ayent en Valais, accompagnés du cardinal Schwery, évêque émérite de Sion, faisaient étape à Champagne. Mgr Schwery présida la messe dominicale.

 

- La semaine précédente, l'abbaye accueillait huit foyers italiens et leurs enfants, composant l'Équipe Notre Dame dont le P Louis fut durant trois ans à Rome le conseiller spirituel.

 

-         A la mi-octobre, nos pères jubilaires étaient à Rome, et participaient à la béatification de mère Térésa de Calcutta. Ils y retrouvaient le père Éric qui achevait sa thèse de Doctorat en Droit Canon, et le frère Sébastien, étudiant à l’Augustinianum.

Cette chronique serait incomplète si elle ne mentionnait pas les voyages du Père Abbé et de Soeur Colette en Tanzanie, notamment en novembre pour la profession perpétuelle, le jour de la Toussaint, des Soeurs Josephina, Mary-Gemma et Monica. Par ailleurs, Soeur Colette et le P. Luc ont été amenés à visiter le Rwanda, où quelques jeunes semblent attirés par la vie canoniale


Doctorat du Père Eric BESSON

 C'est en décembre 2003 que le Père Eric a brillamment soutenu à Rome sa thèse de Doctorat en Droit canon, auprès de l'Université grégorienne. Le Père Abbé et quelques confrères l'entouraient en cette journée qui parachevait trois années d'études dans la ville éternelle. Dans un travail interdisciplinaire unissant science juridique, théologie sacramentaire, ecclésiologie et pastorale, il a désiré faire mieux percevoir les richesses, encore souvent inexploitées, du Code de Droit Canonique promulgué en 1985, soulignant au passage combien l'approche juridique est une aide précieuse pour aider à une meilleure compréhension des réalités ecclésiales. Depuis lors le Père Eric met en oeuvre le savoir accumulé durant ces années de recherches au travers de son ministère à l'officialité interdiocésaine de Lyon.


PELERINAGE PHOCÉEN

 Le regard encore embrumé des rêves de la nuit et déjà du brouillard ambiant, chanoines et chanoinesses battent le pavé, guettant frileusement ce bus qui n'arrive pas. L'église, parce qu'elle l’a toujours été, offrira un lieu de refuge à ces pèlerins d'un jour. C'était le mardi 30 décembre. Une panne au démarrage avait immobilisé pendant plus d'une demi-heure notre moyen de transport. Branle-bas de combat, le bus est là ! Direction Marseille. Le vieux port au soleil d'hiver, c'est beau ! Les créneaux de l’église St Victor dans la lumière dorée, c'est encore plus beau. L'église romane se laisse facilement admirer dans ses proportions majestueuses. La crèche provençale avec meunier et moulin, villageois, qui, si on les regarde bien, vous parlent avec l'accent, troupeaux, sans oublier l'ange Bouffaréo, les joues gonflées comme s'il avait avalé quelques boules de pétanques pour claironner à tous ceux qui veulent l'entendre l'Inimaginable Nouvelle, nous rappellent que Noël n'est pas loin. Mais il faut descendre dans la crypte, profonde et mystérieuse, lieu de silence et de méditation, qui nous rappelle le martyr des premiers chrétiens venus en ce port, portant haut la victoire du Christ. L'Eucharistie est célébrée, intemporelle, éternelle et universelle. L'action de grâce renouvelée pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

Il faudra ensuite penser à des nourritures plus temporelles, occasion de partage dans la convivialité. C'est la Bonne Mère qui nous accueillera car si le soleil sait briller à Marseille, le mistral, lui, sait souffler. Dans un hall d'escalier circulent cacahuètes, saucisson, verres de vin, miches de pain, toutes sortes d'ingrédients pour un pique-nique digne de notre père Abbé. Ce sera Monseigneur Benoît Rivière, évêque auxiliaire de Marseille, qui, ensuite, nous accueillera dans la basilique pour nous retracer les grandes étapes de l’histoire de ce lieu. Ex-voto, en marbre, en maquettes de bateaux, en tableaux, rappellent la compassion de Marie pour la souffrance et la peine des hommes.

«Le car va partir... Dépêchez-vous !» La porte du bus se referme sur les derniers qui se hissent à l'intérieur. Il faut rentrer, le coeur riche d'une journée vécue dans la joie et la charité fraternelle.

 

Où est il ? Que fait-il ?

Le Père Pierre Vekemans réside, depuis quelques années déjà, à Joinville le Pont, dans le diocèse de Créteil, où il participe d'ailleurs, pour une part de son temps à la vie du secteur pastoral Charenton - Joinville - Saint Maurice. (Clin d'oeil de l'histoire, la commune de St Maurice est jumelée avec Saint Maurice en Valais où le Père Abbé et le P. Pierre ont été ordonnés !)

Mais l'activité principale du P. Pierre est d'accompagner le Foyer Marial, une association de fidèles fondée par un prêtre ardéchois, le P. Alphonse BALASTRIER, en union avec Mme CORDONNIER.

 

Connaissant Champagne du fait de ses origines, le P. Balastrier a désiré que notre Congrégation assure la responsabilité ecclésiale de ce mouvement centré sur le sacerdoce du Christ participé par les baptisés et d'une manière spéciale par les ministres ordonnés. Le Père Abbé en est le supérieur ecclésiastique.
Les membres du Foyer Marial approfondissent la connaissance du mystère du sacerdoce chrétien, prient pour soutenir les prêtres dans leur ministère, cherchent à former dans les paroisses un entourage évangélique de leur pasteur. Certains font une consécration dans cet esprit.
Une revue trimestrielle «Notre Dame du Sacerdoce» soutient les réflexions des membres et amis.
Pour toute information sur le Foyer Marial
45 rue de Paris, 94340 JOINVILLE-LE-PONT.


Le Père Patrice Sicard
se partage, depuis maintenant trois ans, entre le Prieuré de Bourg-lès-Valence et ses charges d'enseignement et de recherches, à Paris, tant au CNRS qu'auprès du studium du Séminaire de Paris, prenant en outre part à l'animation pastorale de la Cathédrale Notre Dame. Enseignant à l'École Cathédrale, il participe à l'effort d'intelligence de la foi que le diocèse de Paris a le souci de proposer aux fidèles. C'est dans ce cadre que le P. Patrice donne cette année un enseignement sur l'eschatologie. Dans ce cours, suivi par un auditoire nombreux, il souligne combien les "fins dernières" "ne sont pas une fin, mais la continuation de l'oeuvre du Salut du Cosmos et le parachèvement de l'oeuvre du salut individuel". Cette perspective salvatrice était celle de l'école théologique de Paris au XII° siècle, l'école Victorine, par le biais de laquelle le P Sicard s'intéresse à l'eschatologie. Les frères de Champagne bénéficient également, grâce aux sessions qu'il donne régulièrement à l'abbaye, de ses recherches. Elles nous aident à prendre une conscience plus vive de la richesse de notre patrimoine canonial et Victorin.

Le père Joannes Hayuma travaille à Rome ; « Depuis plus de deux ans maintenant je suis à Casali di Mentana, paroisse du diocèse du Poggio Mirteto Sabina, l'un des diocèses «suburbicaires» de Rome. Cette localité est devenue familière à de nombreux confrères, puisque j'ai eu la joie d'y accueillir aussi bien le Père Abbé que le Père Louis et le Père Eric, lorsque ceux-ci étaient à Rome, ou plus récemment le Père Natalis et le Frère Sébastien.

Un travail pastoral intense...


«Que fais-tu, Joannes ?», m'a-t'on parfois demandé. Je suis, depuis le 15 février 2002 vicaire à la paroisse Santa Maria degli Angeli, à Casali di Mentana, mission confiée, en accord avec le Père Abbé, par Mgr. Fumagali, l'évêque du diocèse. Avec mon Curé, Don Rocco Gazzaneo, je participe aux nombreuses activités pastorales d'une paroisse italienne ordinaire : après l'ouverture de l'église le matin à 7h., et la célébration de la Sainte Messe, nous accueillons les nombreuses visites de tant de personnes en proie aux difficultés les plus variées et parfois inattendues. Il y aussi les activités ordinaires que sont les préparations aux baptêmes, les jubilés de vingt-cinquième ou cinquantième anniversaire de mariage, les célébrations de funérailles et tous les soirs, sauf le samedi, la catéchèse aux enfants pour les préparations aux premières communions et la confirmation.
En outre, nous assurons des réunions pastorales presque chaque soir, pour les adultes, des réunions pour la pastorale des jeunes et des scouts. Les samedis matins sont réservés à la visite des malades et des anciens.
Du samedi soir au dimanche nous sommes constamment occupés, que ce soit pour la célébration des offices ou pour l'accueil des personnes qui désirent se confesser. La pratique de la confession durant la Messe est très répandue en Italie, encouragée par l'épiscopat qui y voit un moyen favorable pour que les fidèles puissent recevoir avec fruit l'Eucharistie.
L'un des moments forts de la vie chrétienne en Italie est la bénédiction des familles qui s'effectue durant le carême. C'est une expérience formidable mais qui demande beaucoup de courage et d'énergie puisque nous devrions visiter toutes les familles sans distinction et devrions passer dans tous les lieux publics (magasins, bars etc). Vous imaginez sans peine la diversité des rencontres . 

... mais aussi l'université

Avec ce bref aperçu de mes activités pastorales, il est facile de réaliser que le temps restant pour les études est limité. Il m'est même difficile de participer à toutes les heures des cours auxquels je me suis inscrit ce semestre. Cependant je suis heureux de cette vie qui me permet d'apprendre beaucoup, aussi bien sur le plan pastoral que sur le plan intellectuel, et j'en remercie Dieu.
P Joannes Hayuma : Parocchia S Maria degli Angeli, Casali di Mentana fin Nomentana 109,100013 ROMA


Le frère Sébastien Revirand nous donne de ses nouvelles : « 
Depuis septembre 2003, je réside à Rome, où je poursuis des études de «patristique». Elle est la science qui traite des Pères de l'Église, en considérant ce qu'ils apportent à la théologie. Les «Pères» sont des auteurs chrétiens, connus pour leur sainteté de vie au cours des premiers siècles du christianisme, et surtout pour leur enseignement, qui nous permet encore aujourd'hui de mieux comprendre la Révélation. Parmi les Pères, on peut citer Jérôme, Ambroise, Augustin, Basile, ou Athanase... Il y en a beaucoup d'autres, plus ou moins connus, qui ont écrit en grec, en latin, en copte, en syriaque, en géorgien, ou en arménien. Ils ont encore beaucoup à nous dire, et sont des modèles précieux, pour aborder la Parole de Dieu.

Pendant trois ans, je vais donc faire connaissance avec leurs écrits et acquérir une méthode pour les comprendre. Cela passe par une étude approfondie du grec et du latin.

L'Augustinianum :
C'est à l'Augustinianum que je vais passer ces années. Ses enseignants comptent parmi les grands noms de la patristique. Certains travaillent pour la collection «Sources Chrétiennes», d'autres écrivent des dictionnaires sur les Pères ; tous sont aussi des chercheurs et connaissent au moins quatre langues vivantes : italien, anglais, français, allemand, indispensables pour lire les ouvrages de patristique !
Le nombre des étudiants à l'Augustinianum est de l'ordre d'une cinquantaine par niveau. Ils sont prêtres, diacres, séminaristes, religieuses et laïcs, venant de multiples pays. Enfin, nous n'avons pas tous le rite liturgique latin : certains suivent la tradition byzantine, ambrosienne ou copte.
Aimer l'Église :
Cette diversité est une richesse: j'ai sous les yeux l'universalité de l'Église. Nos histoires et cultures sont si différentes. Pourtant nous avons en commun la foi. D'un seul regard sur ma «classe», je contemple l'oeuvre de l'Esprit Saint au cours de siècles d'évangélisation. Je perçois aussi la variété de ses dons à l'Église et je constate la liberté d'expression que le Seigneur a laissée aux membres de son corps.
J'apprécie aussi grandement d'être, temporairement, le «concitoyen» des saints dont le corps repose à Rome. Quel bonheur de pouvoir prier auprès de Ste Monique, de St Pierre, de St Paul, de St Ignace, de St Benoît Labre (patron des SDF), et de tant d'autres !
Aimer les chanoines :
Je suis hébergé chez les Chanoines de la Congrégation du Latran, au «Collegio San Vittore», en plein centre historique de Rome. Les Chanoines du Latran sont nos «cousins», nous sommes membres de la même confédération. A l'égard de cette famille, je sens chez eux un fort attachement, en particulier chez les jeunes profès. Ils m'ont accueilli comme leur frère.
Aimer... les Italiens ?
C'est tout à fait possible. Pas rancuniers depuis la dernière Coupe d'Europe (pour les initiés, je rappelle que Trézéguet joue à la Juventus), ils accueillent très bien les Français. Comme partout, l'apprentissage de la langue fait passer au niveau supérieur, non seulement de la connaissance, mais aussi de l'amour d'un peuple. Cette manière théâtrale qu'ont les Italiens de remuer les bras dès qu'ils parlent, même au téléphone, je la comprends mieux à présent. Je sais maintenant qu'elle est physiquement liée à la langue italienne : je me surprends à pratiquer la «gesticolazione» quand je parle italien !
Comment venir à Rome ? Facile : tous les chemins y mènent.
La patristique peut vous y conduire ou, peut-être,... l'appât touristique ?!
Frère Sébastien REVIRAND, Collegio S Vittore, Via Sette Sale, 24,00184 ROMA Tel: 00.39.06.48.37.03

 

La dernière des frères

 La vie religieuse n'est pas synonyme d'ennui et la vie fraternelle est le lieu de nombreuses perles.

Quel est le frère présidant l' Eucharistie et qui, devant trouver un refrain pour le psaume, entonna d'une voix ferme et assurée : « Il est avec nous, le Dieu de l'univers» sur l'air de Au clair de la lune ?

Réponse et suite des perles peut-être prochainement .

 

Quelques nouvelles brèves des soeurs

 - Le 1 novembre 2003, dans la communauté des Soeurs à Basotu, Soeur Joséphina, Soeur Gemma et Soeur Monica, se sont engagées définitivement dans la vie religieuse par des promesses perpétuelles. Cet événement représente une étape décisive. Pour cette occasion toutes les Soeurs de Champagne avec Soeur Beatrijs, supérieure de la communauté des Chanoinesses à Ypres se sont rendues sur place.
- Sr Joséphina, qui suit des études d'infirmière en Tanzanie, en deuxième année, vient de perdre, au début du mois de février, son papa. - En janvier Sr Monica a commencé une formation pour enseigner à l'école primaire.

Angleterre : - Sr Gemma a été accueillie au «Priory>, dans une communauté de la congrégation, pour une remise à niveau en Anglais avant de poursuivre des études à Londres.

France. - A Champagne : les travaux de construction de la maison des Soeurs se poursuivent malgré les intempéries. La petite chapelle est couverte.

 

Quelques événements marquants du prieuré de Chancelade :

 Départ du Père Marc, arrivée du Père Louis. À la suite de la nomination du Père Marc comme prieur conventuel de Champagne, une messe d'au revoir au Père Marc et d'installation du Père Louis eut lieu, le 5 octobre dernier, en présence de Mgr Maurice Bitz, de Mgr Poulain et de nombreux prêtres du diocèse, heureux de marquer ainsi leur reconnaissance au Père Marc et à la communauté pour tout le travail accompli durant ces années dans le Périgord.

 Visite de Philippe NOIRET - Au mois de novembre, à l'occasion du passage de son spectacle à Périgueux, «Philippe NOIRET lit Victor HUGO, les Contemplations», nous avons eu la joie d'accueillir pour un repas familial cet acteur et artiste, lié d'amitié à l'un des membres de la communauté. Nous avons ainsi découvert, avant de le voir sur scène, un homme aussi attachant par ses qualités humaines que grand par le talent. Il nous a promis de revenir...

 Décès de Mr Jacques CAIGNARD. Le 22 novembre, à la suite d'une longue maladie, Mr CAIGNARD a quitté cette vie. Avec Monique, son épouse, et le Père MAZEAU, il a réalisé un immense travail pour la sauvegarde et la restauration de l'abbaye de Chancelade. Nul doute que le Bienheureux Alain a accueilli avec tendresse M. Caignard, ce si proche "voisin", dont la sérénité et la paix profonde ont frappé ses amis alors qu'il se préparait à vivre sa Pâque.

 Accueil de notre nouvel évêque, Mgr Michel MOUÏSSE: Les chrétiens du diocèse ont appris avec joie, le 5 mars, la nomination par le Saint-Père de Mgr Michel MOUÏSSE, évêque auxiliaire de Grenoble, comme nouvel évêque du diocèse de Périgueux et Sarlat. La messe d'installation de Mgr Mouïsse, le dimanche 2 mai, en la Cathédrale Saint Front de Périgueux, sera aussi pour le diocèse et la communauté l'occasion de manifester à Mgr POULAIN notre gratitude et notre affection pour tout le labeur accompli dans le Périgord depuis 1985.

 Travaux à l'église de Saint Astier - Depuis le temps qu'on en parlait et qu'on l'attendait, ça y est : l'église de Saint Astier est en restauration totale ! Durant le temps des travaux, la salle paroissiale, rénovée à fond pour l'occasion, accueille les célébrations de la communauté chrétienne. À la réouverture de l'église, chacun aura la joie d'y découvrir un magnifique orgue à tuyaux, installé sur une tribune, aboutissement d'un projet de plus de 15 ans qui a mobilisé de nombreux Astériens.

 La JCA en Égypte - Depuis déjà longtemps, le Père Bruno et des jeunes de la JCA (jeunesse Chrétienne Astérienne) projettent de se rendre en Égypte pour découvrir la vie de chiffonniers du Caire que, depuis plusieurs années déjà, ils aident matériellement. Ce voyage, qui aura lieu du 31 juillet au 15 août, sera aussi une occasion privilégiée de rencontrer des chrétiens d'Égypte.

Adresse: Presbytère, Place de l'Abbaye, 24650 CHANCELADE Tel 05.53.04.10.46